Luxe et gros sous

LVMH s'offre Tiffany pour plus de 16 milliards de dollars

  • PubliĂ© le 25 novembre 2019 Ă  14:22
  • ActualisĂ© le 25 novembre 2019 Ă  14:36
Le numéro un mondial du luxe LVMH a annoncé lundi le rachat du joaillier américain Tiffany pour un montant de 16,2 milliards de dollars

Le numéro un mondial du luxe LVMH va croquer le célÚbre joaillier Tiffany pour 16,2 milliards de dollars, une acquisition record pour le groupe de Bernard Arnault qui va se renforcer aux Etats-Unis et ajouter un joyau de taille à son portefeuille.

"C'est une marque emblématique, une icÎne de l'Amérique qui devient ainsi un peu française. Elle a beaucoup de potentiel et une histoire incroyable", a souligné à l'AFP Bernard Arnault lundi matin. "Nous avons l'ambition de faire briller cette marque emblématique avec tout le soin et toute la détermination que nous avons su déployer pour toutes les maisons qui nous ont rejoints au fil de notre histoire", a affirmé le milliardaire dans le communiqué commun avec Tiffany.

Mi-octobre, LVMH avait proposé à Tiffany une offre de rachat à 120 dollars par action, avant de porter cette proposition à 130 dollars il y a quelques jours, puis enfin à 135 dollars par titre dans la derniÚre ligne droite.

Selon l'"accord dĂ©finitif conclu" en vue de cette acquisition, "l'opĂ©ration valorise Tiffany Ă  environ 14,7 milliards d'euros, soit 16,2 milliards de dollars", prĂ©cisent les deux parties. Pour Tiffany, l'opĂ©ration "intervient au moment oĂč notre marque est engagĂ©e dans un processus de transformation important" et "va apporter Ă  la fois un soutien, des moyens et un Ă©lan supplĂ©mentaires pour atteindre ces objectifs", a soulignĂ© Alessandro Bogliolo, directeur gĂ©nĂ©ral du joaillier, citĂ© dans le communiquĂ©.

"Le conseil d'administration a conclu que cette transaction ouvre des perspectives trÚs prometteuses avec LVMH, un groupe qui apprécie les atouts de Tiffany et saura investir dans ses équipes et ses actifs uniques, tout en offrant un prix attractif et une valeur certaine à ses actionnaires", a pour sa part salué Roger N. Farah, président du CA.

Pour LVMH, l'acquisition de Tiffany va permettre de renforcer sa présence aux Etats-Unis, actuellement le deuxiÚme marché du géant du luxe: 23% de ses ventes y ont été réalisées lors des neuf premiers mois de l'année, derriÚre l'Asie hors Japon (31%).

- Numéro un partout -

LVMH va Ă©galement pouvoir ajouter un prestigieux joaillier Ă  son portefeuille qui compte dĂ©jĂ  Bulgari (rachetĂ© en 2011) et Chaumet (acquis en 1999), et ainsi mieux rivaliser dans les bijoux haut de gamme - le seul secteur du luxe oĂč il n'est pas numĂ©ro un - avec son concurrent (suisse) Richemont, propriĂ©taire des griffes Cartier et Van Cleef et Arpels.

Tiffany a connu "des hauts et des bas, donc il y a beaucoup de choses à faire". Mais "nous avons un peu d'expérience en joaillerie: nous avons ainsi multiplié le résultat opérationnel de Bulgari par cinq depuis son rachat en 2011", souligne à l'AFP Bernard Arnault. La clÎture de l'opération est prévue pour le milieu de l'année 2020, "sous réserve des conditions suspensives habituelles, y compris l'approbation des actionnaires de Tiffany et l'obtention des autorisations réglementaires", est-il rappelé.

LVMH est la plus grosse capitalisation boursiÚre française avec un peu plus de 200 milliards d'euros et disposait d'une trésorerie nette de 5,5 milliards d'euros lors de la clÎture de son exercice 2018.

Au cours de l'exercice 2018, le numéro un mondial du luxe a engrangé 46,8 milliards d'euros de ventes, un record, tandis que son bénéfice net a totalisé 6,4 milliards pour une marge opérationnelle s'établissant à 21,4%.

De son cÎté, le joaillier new-yorkais, fondé en 1837, cherche depuis des années à moderniser son image et attirer une clientÚle plus jeune.
L'emblématique maison avait fait état en mars de ventes annuelles à hauteur de 4,4 milliards de dollars (+6,5% sur un an). Sa croissance est néanmoins freinée par le dollar fort et une baisse des dépenses des touristes aux Etats-Unis.

Tiffany emploie plus de 14.000 personnes, dont 5.000 artisans joailliers. Il compte un réseau de plus de 320 boutiques dans le monde, qu'il gÚre toutes en direct, en se passant de détaillants multimarques. Le diamant est son activité clé, plus de la moitié des bijoux vendus étant sertis d'au moins une de ces pierres.
"La haute joaillerie se dĂ©veloppe, et paradoxalement dans un monde oĂč il y a un certain nombre de problĂšmes Ă©conomiques. Mais les produits les plus qualitatifs, les plus artisanaux, attirent de plus en plus de clients, c'est Ă  mettre en parallĂšle avec la hausse globale du niveau de vie dans toute une sĂ©rie de pays qui Ă©taient loin de pouvoir acquĂ©rir ce genre de produits il y a vingt ans", rĂ©sume Bernard Arnault.

"Aujourd'hui, l'attrait pour les produits les plus sophistiqués augmente, ce qui explique aussi la croissance du groupe LVMH dans son ensemble", met-il en avant auprÚs de l'AFP.

AFP

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