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Macron "entre en campagne" avec un premier grand meeting Ă  Paris

  • PubliĂ© le 12 juillet 2016 Ă  16:17
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, le 11 juillet 2016 Ă  Paris

A deux jours de l'allocution de François Hollande le 14 juillet, Emmanuel Macron, auquel on prĂȘte des ambitions prĂ©sidentielles, tient mardi un premier grand meeting Ă  Paris avec son mouvement En Marche!.


Trois mois aprÚs le lancement de ce parti "transpartisan" qui reprend ses initiales, le jeune ministre de l'Economie (38 ans) laisse toujours planer le doute sur ses intentions pour 2017, dans une posture de quasi-candidat qui mélange l'habileté et l'ambiguïté.
"Je ne concours pas pour le maillot à pois ou le maillot blanc, ni pour le maillot vert. Quand on fait du vélo, c'est le maillot jaune", a lùché M. Macron en marge d'une visite sur le Tour de France le week-end dernier.
Mais pas de dĂ©claration de candidature Ă  attendre toutefois Ă  partir de 20H00 Ă  la MutualitĂ©, ni mĂȘme de sortie du gouvernement, assure son entourage: il n'y aura "pas d'annonce personnelle". Exit donc aussi les rumeurs de dĂ©part Ă  la mi-juillet Ă©voquĂ©es par plusieurs mĂ©dias.
La méthode et le calendrier restent inchangés: le "diagnostic" et une opération de porte à porte jusqu'à la fin de l'été, les "propositions", en octobre, puis les "questions de personnes", selon un proche du colocataire de Bercy.
OrganisĂ© dans une salle de 1.800 places qui s'annonce "pleine Ă  craquer" selon les organisateurs, le rassemblement apparaĂźt aussi comme une tentative de relance, alors que la trajectoire ascendante de M. Macron a connu ses premiers "couacs" ces derniĂšres semaines (affaire du "costard", dĂ©mĂȘlĂ©s autour de son ISF...)
"On a beaucoup entendu qu'il Ă©tait seul, que c'Ă©tait une aventure solitaire, je pense que ce soir ça va ĂȘtre la dĂ©monstration du contraire", souligne Benjamin Griveaux, un ancien strauss-kahnien qui fait dĂ©sormais partie de la jeune garde de M. Macron.
"C'est le premier grand rassemblement des adhérents et soutiens" depuis le lancement du mouvement le 6 avril, le moment de "faire un point d'étape sur les valeurs et les méthodes", poursuit-il.
Ce meeting sera aussi l'occasion pour l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, qui n'a pas sa carte au PS, de faire ses armes dans un exercice relativement inédit pour lui.
M. Macron "entre en campagne. Parce qu'il pense que les forces progressistes ont besoin de lui. Macron est utile à tout le monde", a expliqué la semaine derniÚre le maire PS de Lyon Gérard Collomb, en annonçant d'autres meetings au cours de l'été.
- La "créature" du président -
Une trentaine de parlementaires sont annoncés, dont le premier cercle: outre M. Collomb, le sénateur François Patriat, les députés Richard Ferrand, Arnaud Leroy, Stéphane Travert et Corinne Erhel, Christophe Castaner, tous socialistes. Des intellectuels et des économistes sont également attendus.
"Il n'y a pas beaucoup de mouvements aujourd'hui qui remplissent la Mutualité, quand je vois que +hé oh la gauche+ (mouvement de soutien à François Hollande animé par Stéphane Le Foll, ndlr) a du mal à rassembler 200 personnes...", moque un macronien.
Le positionnement "un pied dedans, un pied dehors" du ministre a toutefois pu désarçonner ses soutiens, dont certains ne poursuivront pas l'aventure "En marche!" s'il s'agit in fine de soutenir le président sortant, François Hollande.
Une manoeuvre réguliÚrement démentie par le ministre de l'Economie, alors qu'a encore surgi ces derniers jours dans la presse l'idée d'un "ticket" Hollande-Macron.
Julien Dray, un proche de François Hollande qui avait favorisé l'éclosion politique d'Emmanuel Macron avant de prendre ses distances, a "pris le pari" mardi matin que le ministre ne serait pas candidat à l'Elysée et qu'il serait au cÎté du chef de l'Etat en 2017.
La "créature" Macron se retourne contre les apprentis sorciers, grince-t-on du cÎté du Premier ministre Manuel Valls, qui entretient des rapports tendus en coulisses avec son jeune ministre.
"Le président de la République a mis en piste Emmanuel Macron initialement, je pense, pour bloquer Manuel Valls qui était haut dans les sondages", a dit mardi le député vallsiste Philippe Doucet (PS).
Manuel Valls "considÚre que c'est le problÚme de François Hollande, puisqu'Emmanuel Macron est la créature du président de la République", a-t-il ajouté sur RFI.

Par Eve SZEFTEL et Paul AUBRIAT - © 2016 AFP
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1 Commentaires
CHABAN
CHABAN
10 ans

Anne Hidalgo Sur France Inter ce matin :

Je suis quand mĂȘme un peu Ă©tonnĂ©e, si vous voulez... Quelqu'un qui se prĂ©sente comme 'antisystĂšme', qui a Ă©tĂ© un Ă©narque, qui vient d'une banque d'affaires, qui a Ă©tĂ© quand mĂȘme conseiller du prĂ©sident de la RĂ©publique et qui a mis [en oeuvre] une bonne partie de la politique Ă©conomique du pays - qui n'a pas produit les effets, qui Ă©tait plutĂŽt en soutien de l'austĂ©ritĂ© et de ce qui se passait Ă  l'Ă©chelle europĂ©enne. Je suis un peu surprise qu'un personnage en plus sans trop de loyautĂ© vis-Ă -vis de ceux qui l'ont aidĂ©... Bon. Mais c'est leur affaire hein, moi j'essaye toujours de m'entourer plutĂŽt de gens qui sont impliquĂ©s, concernĂ©s. Moi je considĂšre que quand on a une responsabilitĂ©, on doit faire ce pourquoi on a Ă©tĂ© Ă©lu. Il est ministre de l'Économie, il s'occupe pas beaucoup de l'Ă©conomie du pays, donc voilĂ ...

[...] Je suis un peu surprise qu'on continue Ă  produire, dans notre systĂšme mĂ©diatico-politique - parce qu'il est totalement dans notre systĂšme mĂ©diatico-politique -, des espĂšces de personnages qui, parce qu'ils auraient une certaine Ă©nergie, une volontĂ© de tuer le pĂšre, la mĂšre et les frĂšres et soeurs, que finalement on crĂ©dite cela. [...] Je suis un peu surprise qu'on continue Ă  mettre en avant ce type de profils. Moi j'ai pas entendu le dĂ©but du commencement d'une idĂ©e. Il est quand mĂȘme le pur produit d'un systĂšme, un systĂšme trĂšs français, un systĂšme de reproduction d'Ă©lites. Il est totalement, pour ceux qui s'intĂ©ressent Ă  Bourdieu, la caricature de ce que Bourdieu dĂ©crit comme Ă©tant une des faiblesses, un des maux de notre sociĂ©tĂ©, de notre pays, Ă  savoir cette reproduction des Ă©lites qui un jour arrivent et qui nous expliquent qu'ils sont hors systĂšme.

[...] Le pays a besoin d'un nouveau souffle, de renouer avec la dĂ©mocratie avant mĂȘme des femmes et des hommes, des gens qui se prennent pour des femmes et des hommes providentiels. Je crois qu'on est dans une crise dĂ©mocratique profonde, les idĂ©es sont plus importantes que celles et ceux qui vont les incarner. Et dans celles et ceux qui incarnent des idĂ©es, il vaut mieux partir sur des femmes et des hommes qui ont une densitĂ©, qui ont compris aussi le jeu collectif, qu'on est rien tout seul, qu'il vaut mieux travailler avec des femmes et des hommes compĂ©tents autour de soi et partir du fondplutĂŽt que de partir des egos et des caricatures que l'on peut voir et qui sont les productions d'un systĂšme mĂ©diatico-politique qui n'a pas bien fonctionnĂ© ces derniĂšres annĂ©es.