Alors que la France attend son Premier ministre

Macron se rend en Serbie, vente de Rafale et "arrimage Ă  l'UE" au menu

  • PubliĂ© le 29 aoĂ»t 2024 Ă  14:58
Emmanuel Macron (g) avec son homologue serbe Aleksandar Vucic (centre) et son épouse Brigitte Macron (d) au Palais de l'Elysée à Paris le 26 juillet 2024

Le président français Emmanuel Macron se rend jeudi en Serbie pour une visite de deux jours au cours de laquelle Paris et Belgrade comptent conclure la vente de douze avions de combat français Rafale à ce pays des Balkans qui conserve des liens amicaux avec la Russie.

Dans un entretien accordé mercredi à l'AFP, le président serbe Aleksandar Vucic s'est montré optimiste sur la signature de cet "énorme contrat". "La Serbie pourrait devenir un membre du Club Rafale", s'est-il réjoui.

Il avait par le passĂ© laissĂ© entendre que son pays Ă©tait prĂȘt Ă  dĂ©bourser trois milliards d'euros.

L'Elysée a confirmé à des journalistes avoir bon "espoir" que les négociations avec le groupe Dassault aboutissent à l'occasion de la visite du président français.

La question est sensible: Belgrade, qui espÚre adhérer un jour à l'Union européenne, maintient des relations avec Moscou malgré l'invasion de l'Ukraine, et n'a pas imposé de sanctions à la Russie depuis le début de la guerre en 2022.

AuprÚs de l'AFP, le président Vucic a plaidé que la quasi-totalité des "avions intercepteurs" serbes et "l'ensemble" des "avions de combat venaient de Russie". "Nous devons évoluer, changer nos habitudes et tout le reste afin de préparer notre armée", a-t-il déclaré.

La France met aussi cet argument en avant, évoquant une logique "d'arrimage de la Serbie à l'Union européenne", à laquelle elle est candidate. Belgrade peut faire le "choix stratégique" de "coopérer avec un pays européen" pour renouveler sa flotte, plaide-t-on à Paris.

"S'éloigner ainsi de la Russie" pour le renouvellement de ses avions "cela a un poids politique aujourd'hui", confirme Milan Igrutinovic, chercheur du Institute for European Studies à Belgrade.

- "Consolider l'Etat de droit" -

Pour Vuk Vuksanovic, du Centre for Security Policy, autre cercle de réflexion de la capitale serbe, "Vucic cherche une solution pour remplacer ses Migs vieillissants".

"S'il n'en trouve pas, la Croatie voisine, avec ses propres Rafale, aura une supĂ©rioritĂ© aĂ©rienne dans les Balkans occidentaux. Et l'ego de Vucic ne peut pas accepter cela", explique-t-il. "De plus, il pense qu'en achetant ces Rafale, qui sont un produit extrĂȘmement coĂ»teux de l'industrie française de l'armement, il achĂštera la protection politique et les faveurs du prĂ©sident Macron."

Les deux pays n'ont pas évoqué de contreparties à la transaction.

La France soutient officiellement le processus d'adhésion de la Serbie à l'UE, défendu de longue date par Aleksandar Vucic malgré les préoccupations qui s'expriment au sein de la population.

Huit mois aprĂšs les Ă©lections lĂ©gislatives entachĂ©es de fraudes selon l'OCDE et le Parlement europĂ©en, remportĂ©es par le parti prĂ©sidentiel, l'ElysĂ©e estime que ce processus d'adhĂ©sion doit pousser Belgrade Ă  "consolider l'État de droit" et "le cadre dĂ©mocratique qui doit ĂȘtre le sien".

Emmanuel Macron doit aussi prÎner sur place la "normalisation des relations avec le Kosovo", "partie intégrante" de ce "rapprochement" avec les Vingt-Sept.

Depuis l'indépendance du Kosovo en 2008, que la Serbie n'a jamais reconnue contrairement à de nombreux pays occidentaux, les tentatives d'apaisement et de dialogue ont toutes échoué.

Le prĂ©sident français est attendu en fin d'aprĂšs-midi Ă  Belgrade, oĂč il s'entretiendra immĂ©diatement avec son homologue.

Une conférence de presse conjointe sera précédée de la signature d'accords. Outre les Rafale, des "discussions préliminaires et exploratoires" sont engagées avec l'électricien français EDF sur le nucléaire civil, et des coopérations nouvelles sont envisagées l'énergie hydroélectroque, le traitement des eaux usées ou encore la santé.

Le lendemain, les deux hommes se rendront à Novi Sad, deuxiÚme ville du pays, pour une étape culturelle, avec la visite de la galerie Matica Srpska, et un échange sur l'intelligence artificielle.

AFP

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2 Commentaires
Macron 1er et dernier
Macron 1er et dernier
1 an

On voit quels intĂ©rĂȘts comptent vraiment... ah ça ira...

HULK
HULK
1 an

Hé oui, c'est comme çà avec les monarques absolus : tel est mon bon plaisir. AprÚs tout,il a été élu donc il fait ce qu'il veut. Les gueux peuvent bien attendre, ils ont les jeux paralympiques pour se distraire, de quoi ils se plaignent?