Diabète : le CHU de La Réunion renforce son offre de soins avec un nouvel hôpital de jour

  • Publié le 27 juin 2026 à 05:59
  • Actualisé le 27 juin 2026 à 06:00
hopital CHU Nord

Le CHU de La Réunion poursuit le développement de son offre de soins en diabétologie avec l'ouverture, depuis février 2026, d'un Hôpital de jour (HDJ) sur le site Nord. Cette nouvelle structure s'inscrit dans le Programme réunionnais de nutrition et de lutte contre le diabète et l'obésité (PRNDO) et vise à renforcer la prise en charge d'une pathologie qui touche près de 90.000 Réunionnais. (Photo d'illustration Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Le diabète représente un enjeu majeur de santé publique sur l'île. "À La Réunion, le diabète constitue un défi sanitaire de premier plan. Sa prévalence est estimée à environ 10 % de la population adulte, soit près du double de celle observée en Hexagone", a rappelé le CHU ce jeudi 25 juin 2026, à l'occasion de l'inauguration officielle du service.

L'établissement rappelle que les complications cardiovasculaires, rénales ou encore liées au pied diabétique apparaissent souvent plus précocement et avec une sévérité accrue que dans l'Hexagone.

Pour le Dr Anna Flaus, cheffe du service de Diabétologie-endocrinologie-nutrition du CHU de La Réunion, l'île présente des spécificités qui imposent d'adapter les parcours de soins. 

"Le diabète est une maladie extrêmement fréquente à La Réunion avec des particularités : il touche des personnes plus jeunes qu'en métropole. Nous avons aussi des inégalités démographiques dans l'accès aux soins et, en particulier, les secteurs Nord et Est sont plus touchés", note-t-elle. 

Elle rappelle également que "la prévalence des amputations des membres inférieurs chez les personnes diabétiques est plus importante que dans l'Hexagone", faisant de la prise en charge du pied diabétique "une priorité régionale".

Face à cette situation, le centre hospitalier poursuit le renforcement de son organisation territoriale entre les sites Nord et Sud afin de garantir "un accès homogène aux soins spécialisés, à l'éducation thérapeutique et aux innovations médicales" pour les adultes comme pour les enfants.

- Un nouvel hôpital de jour pour les patients diabétiques -

L'ouverture du nouvel Hôpital de Jour de diabétologie constitue l'une des principales avancées de cette année 2026. Jusqu'à présent, le site Nord ne disposait pas d'une unité médicale ambulatoire dédiée, contrairement au site Sud. 

Cette nouvelle structure accueille des patients atteints de diabète de type 1, de type 2, de diabète gestationnel ainsi que des personnes souffrant de complications comme le pied diabétique.

"Si cet HDJ a pu être monté, ce n'est pas une histoire de locaux. On ne vous montre pas un nouveau bâtiment. C'est surtout une histoire humaine, une volonté de service", insiste le Dr Anna Flaus. 

La praticienne rend hommage aux équipes qui ont contribué au développement du service, notamment ses prédécesseurs, ainsi qu'aux soignants et à la direction du CHU qui ont soutenu le projet.

Selon elle, la réussite de cette nouvelle organisation repose avant tout sur les femmes et les hommes qui la font vivre. "C'est vraiment un travail collaboratif. Mais surtout, ce sont nos patients. Nous avons la chance d'avoir les meilleurs patients du monde qui interviennent comme patients partenaires. Ils participent bénévolement à nos programmes d'éducation thérapeutique et d'activité physique. Nous sommes assez uniques, même à l'échelle nationale, dans cette démarche", se félicite-t-elle.

Le CHU mise sur une équipe pluridisciplinaire. "Nous avons des infirmières en pratique avancée, des kinésithérapeutes, des podologues, des diététiciennes, des psychologues, une assistante sociale et surtout une équipe infirmière extrêmement bien formée à l'éducation thérapeutique. La très grande majorité de nos soignants sont formés à cette approche", souligne le Dr Flaus.

L'HDJ s'articule autour de trois parcours structurés : le pied diabétique, le diabète et l'obésité. Concernant les plaies du pied, l'objectif est d'intervenir le plus précocement possible pour éviter les amputations. 

"Une amputation est un traumatisme majeur pour les patients. Les études montrent qu'ils craignent davantage une amputation que la mort. Notre objectif est de prendre les patients très tôt afin de prévenir au maximum ces situations", souligne le Dr Flaus. 

La cheffe de service cite notamment le cas récent d'un patient déjà amputé, pris en charge rapidement après l'apparition d'une nouvelle plaie. Grâce à une évaluation coordonnée impliquant médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes et radiologie, la complication a pu être traitée avant qu'elle ne s'aggrave.

- Une prise en charge complète du diabète -

L'établissement est aussi pionnier dans l'utilisation de l'insulinothérapie en boucle fermée, plus connue sous le nom de pancréas artificiel. "Nous avons eu cette technologie avant la majorité des centres de métropole, car nous étions centre test, premier service des Outre-mer. Nous voulons conserver cette expertise", explique le Dr Flaus.

Elle évoque notamment le suivi de patients pour lesquels ces technologies changent radicalement la prise en charge. L'une d'elles, confrontée à d'importantes difficultés sociales et à de nombreuses hospitalisations, a pu retrouver un équilibre glycémique grâce à un accompagnement entièrement personnalisé. "On sort parfois des cadres classiques pour adapter les soins aux réalités des patients", résume-t-elle.

La prise en charge de l'obésité fait également partie des nouvelles priorités du service, en lien avec le Centre spécialisé de l'obésité (CSO) Réunion. Les équipes développent des parcours individualisés intégrant traitements médicamenteux, suivi nutritionnel, activité physique, accompagnement psychologique et, lorsque cela est nécessaire, chirurgie bariatrique. 

"Notre rôle est d'accompagner les patients sur le long terme avec une équipe pluridisciplinaire. Nous privilégions toujours une prise en charge globale et raisonnée", explique le Dr Anna Flaus. 

Le CHU poursuit également plusieurs projets de recherche, parmi lesquels le programme ULTRADIAB, qui accompagne des patients diabétiques de type 1 lors du Grand Raid. "Notre engagement dans le sport est aujourd'hui reconnu au niveau national et international", assure le Dr Flaus. "Le premier trailer au monde équipé d'un pancréas artificiel sur un ultra-trail a été suivi par notre équipe."

La recherche porte également sur les mutations génétiques spécifiques à La Réunion, la littératie en santé, la télésurveillance, le dépistage précoce du diabète et les facteurs de risque du prédiabète, dans le cadre du PRNDO.

La filière pédiatrique poursuit elle aussi son développement. Sur le site Sud, 165 enfants sont suivis pour un diabète de type 1, tandis que près de 140 sont pris en charge sur le site Nord, où environ 10 % présentent un diabète de type 2, une forme autrefois exceptionnelle chez les plus jeunes. 

Afin d'accompagner cette hausse des besoins, les effectifs ont été renforcés avec la création d'un poste de praticien hospitalier, d'un mi-temps infirmier, d'un poste d'éducatrice spécialisée et d'une auxiliaire de puériculture à temps plein.

"Par cette offre coordonnée et innovante, le CHU de La Réunion confirme son rôle central dans la lutte contre le diabète et ses complications sur le territoire", conclut l'établissement.

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