Consultations politiques à l’Élysée

Macron sous pression pour nommer un Premier ministre, Mélenchon met en garde les socialistes

  • PubliĂ© le 8 dĂ©cembre 2024 Ă  20:46
  • ActualisĂ© le 9 dĂ©cembre 2024 Ă  05:03
Le président Emmanuel Macron sur le perron de l'Elysée, le 7 décembre 2024 à Paris

À la veille de nouvelles consultations politiques à l’Élysée, Emmanuel Macron est sous la pression de son camp : la présidente de l'Assemblée lui demande de nommer un nouveau Premier ministre "dans les prochaines heures", et François Bayrou se dit prêt "à aider" sans se déclarer formellement pour Matignon.

La France insoumise dénonce, de son côté, une "trahison" des socialistes s'ils rejoignaient le futur gouvernement.

La parenthèse, ouverte samedi avec la réouverture de Notre-Dame devant un parterre de chefs d'Etat et de gouvernement, n'aura pas duré longtemps pour Emmanuel Macron.

"On ne peut pas continuer comme ça", a averti dimanche le président du MoDem François Bayrou, resté silencieux depuis la censure du gouvernement Barnier.

"Si je peux aider à ce qu'on sorte de tout ça, je le ferai", a ajouté sur France Bleu Béarn le maire de Pau, pressenti - parmi d'autres - pour Matignon.

La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a, de son côté, exhorté le chef de l’État à nommer "rapidement" un nouveau Premier ministre, "dans les prochaines heures" alors qu'Emmanuel Macron doit encore recevoir lundi à l’Élysée les communistes et les écologistes, mais pas les Insoumis qui ont décliné l'invitation.

- Main tendue -

À l'instar de plusieurs macronistes, dont le chef de file des députés Gabriel Attal, la titulaire du perchoir milite pour constituer un bloc central élargi allant des Républicains aux socialistes.

"Si on additionne le socle commun, le groupe (indépendant) Liot et le PS, on arrive à 299" députés, a-t-elle relevé devant le Grand Jury RTL-M6-Le Figaro-Public Sénat. "Là vous avez une majorité, et donc il n'y a plus de censure possible".

Et d'appeler à "un programme d'action" commun entre ces groupes politiques, autour notamment de la question des soins, l'agriculture, la simplification, la décentralisation et "pourquoi pas" la proportionnelle.

Cette main tendue à gauche n'est pas du goût du président du Rassemblement national Jordan Bardella. Ce sera "l'alliance de tout et son contraire. Tout ça pour empêcher des millions d'électeurs qui ont voté pour le RN de voir leurs idées exprimées", a-t-il commenté sur France 3.

Le parti lepéniste n'a pas été convié à l’Élysée, mais Jordan Bardella demande à être reçu par le prochain locataire de Matignon afin d'"exprimer clairement les lignes rouges" de son parti.

"Vous ne pouvez pas faire comme si on n'était pas là", a-t-il mis en garde. Marine Le Pen a déjà prévenu qu'elle pourrait voter à nouveau une motion de censure.

- "Fait accompli" -

À gauche, deux lignes s'affrontent depuis la chute de Michel Barnier. D'un côté, socialistes, écologistes et communistes appellent, à des degrés divers, à la discussion. De l'autre, La France insoumise brandit la menace de l'explosion du Nouveau Front populaire.

Si les socialistes rejoignent le futur gouvernement, "le Nouveau Front populaire continuera sans eux. Nous refusons de gouverner avec ce bloc de droite à la dérive", avertit Jean-Luc Mélenchon dans un entretien aux quotidiens italien La Repubblica et espagnol El Pais.

Le tribun ne ménage pas ses attaques contre Olivier Faure. Il "ne décide pas tout seul", assène-t-il, fustigeant la démarche du Premier secrétaire du PS, qui a rencontré vendredi le chef de l’État pour lui proposer des "concessions réciproques".

"Nous avons été mis devant le fait accompli", déplore Jean-Luc Mélenchon, dénonçant la "méthode extrêmement brutale" et "personnelle" d'un Olivier Faure qui "veut être Premier ministre pour la gauche" alors que son parti "a fait 1,67% à l'élection présidentielle" de 2022.

Même réserve du côté du président insoumis de la commission des Finances de l'Assemblée, Éric Coquerel.

"Je pense qu'Emmanuel Macron balade tout le monde. Il ne nommera pas un Premier ministre de gauche", prévient-il sur franceinfo.

Le député dénonce une stratégie du chef de l’État visant uniquement à "diviser le Nouveau Front populaire" et refuse, comme la cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot, de "trahir les électeurs". "Il n'y a aucun compromis possible", martèle l'élue du Val-de-Marne.

AFP

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3 Commentaires
Man974
Man974
1 an

Jean-Luc Mélenchon est l'adversaire le plus dangereux pour la macronie et leurs sbires de la Droite, du Centre (qui ont toujours voté avec la Droite Républicaine et macroniste) et de leurs complices d'extrême-Droite.
Et ils le savent...
Depuis la Présidentielle de 2012, il n'a cessé de progresser :
2012 : 3 984 822 voix - 2017 : 7 059 951 voix - 2022 : 7 714 949 voix

Avec le programme de Gauche radicale qu'il défend, toujours dans la même direction depuis toutes ces années, il propose de tourner complètement la page du macronisme et d'appliquer des politiques justes et dignes :
Abolition de la réforme de la retraite à 64 ans ; blocage des prix des produits de 1ère nécessité ; taxe sur les super profits des grandes entreprises ; augmentation du SMIC ; revalorisation de 10% des salaires des fonctionnaires ; revalorisation des petites retraites ; gratuité des cantines scolaires et des fournitures scolaires ; allouer un milliard pour lutter contre les violences faites aux femmes ; garantie d'autonomie de 1 163 € pour les étudiants ; gel des prix des loyers ; revalorisation de 10% des APL ; augmentation des moyens pour lutter contre la fraude fiscale ; augmentation des moyens alloués aux hôpitaux ; augmentation de la TVA sur les produits de luxe ; alignement des conditions d'accès aux droits sociaux entre l'hexagone et les Outre-mer ; etc... etc...
Bref, tout ce que Marine Le Pen et son RN ont refusé de voter...

Paul
Paul
1 an

Jean Luc le fauteur de trouble, qui ne gouvernera pas...
Dans le genre toxique, il n'y a pas mieux...
Je n'irai pas pour autant dire que notre Micron national a fait des merveilles...
Mais il sera difficile de me convaincre que JLM pourrait un jour nous gouverner, il est trop jeteur d'huile sur le feu, trublion parmi les trublions...
Ses vociférations signet son incapacité à convaincre, il n'est nul besoin d'en arriver là pour s'imposer.
Et, hélas, TOUTE la classe politique ne me convainc pas...
Sous des prétextes de "nous sauver", ils ne pensent qu'à leurs propres intérêts, ainsi qu'à ceux de leurs copains, de la finance ou de l'industrie, qui, eux, sont capables de les faire plier.
Il faut arrĂŞter cette grande mascarade...

HULK
HULK
1 an

Ben dis donc Jean-Luc,il ne fallait pas le faire élire. Un "visionnaire" comme toi s'est trompé à ce point-là sur cet homme? Tu ne seras jamais président de la république et heureusement pour la FRANCE. Cette classe politique, de tous bords,nous donne un spectacle lamentable, honteux,pire que les écuries d'Augias,qu'Hercule n'arriverait pas à nettoyer même en détournant un fleuve.