Le Premier ministre britannique David Cameron doit officiellement dévoiler mardi sa liste de conditions pour garder le Royaume-Uni dans l'Union européenne.
Les grandes lignes sont dĂ©jĂ connues. Le maĂźtre-mot aussi: plus de flexibilitĂ©.RĂ©clamĂ©e Ă cor et Ă cri par ses partenaires, la "shopping list" britannique doit enfin atterrir dans la boĂźte aux lettres du prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Donald Tusk, pour ĂȘtre discutĂ©e ensuite par les 28 en dĂ©cembre Ă Bruxelles. Les deux leaders se sont dĂ©jĂ entretenus au tĂ©lĂ©phone lundi pour prĂ©parer le terrain.
Pour accompagner le courrier, David Cameron a par ailleurs prévu un discours dans la matinée à Londres, alors que son lieutenant, le ministre des Finances George Osborne, ira à la rencontre du président de la Commission européenne dans la capitale belge.
Cette offensive coordonnée lance la derniÚre ligne droite menant au référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE qui doit avoir lieu d'ici la fin 2017 au plus tard, les prévisions les plus hardies évoquant le mois de juin 2016.
Les sondages promettent un certain suspense avec un électorat divisé entre pro et anti-UE, alors que les deux camps ont intensifié leur campagne depuis la rentrée.
David Cameron, qui dit n'avoir "aucun attachement sentimental à l'UE", prÎne pour sa part un maintien dans une union réformée. Mais s'il n'obtient pas les changements voulus, il n'exclut "rien", comme il l'a répété lundi devant le patronat.
"Je ne me satisfais pas du statu quo en Europe. Les changements que je veux sont de taille et il est vital qu'on les obtienne", a-t-il martelé avant d'énumérer les quatre grands axes de réforme: "une Europe plus compétitive, une exemption de la nation d'union toujours plus étroite, plus d'égalité entre membres et non-membres de la zone euro et une réduction de la pression migratoire".
- 'Les autres pensent toujours qu'on bluffe' -
Si les spécialistes s'accordent à dire que "le diable sera dans les détails", ils jugent possible un accord sur les trois premiÚres revendications. Elles servent d'abord à graver dans le marbre le statut spécial dont le Royaume-Uni bénéficie déjà dans les faits en ne participant pas à l'euro ou à l'espace Schengen.
La quatriÚme condition, qui consiste à priver les immigrés de l'UE de certaines prestations sociales, risque en revanche de rencontrer une franche hostilité.
Au sein mĂȘme du camp de David Cameron, on s'interroge sur le caractĂšre lĂ©gal d'une telle mesure par rapport aux principes de libre circulation et de non-discrimination entre travailleurs europĂ©ens.
"Notre ambition sur la question n'a absolument pas varié. J'ai été trÚs clair avec mes collÚgues européens là -dessus", a pourtant assuré M. Cameron.
Selon lui, les quatre revendications peuvent "se résumer en un seul mot: flexibilité". Si "cette organisation", comme il aime appeler l'UE, est "suffisamment flexible, nous allons rester. Sinon, il faudra sérieusement se poser la question de savoir si le Royaume-Uni y est à sa place", a-t-il souligné.
En attendant, les Britanniques continuent à s?interroger sur les chances de leur Premier ministre d'obtenir mieux que quelques retouches cosmétiques.
"Vous savez quoi? Les autres pays européens pensent toujours qu'on bluffe. Nos amis et partenaires ne peuvent pas imaginer qu'on soit assez fous pour quitter l'UE (...) mais si nous voulons réussir cette négociation et rester dans une UE réformée, ils doivent comprendre que nous sommes trÚs sérieux", écrit Boris Johnson, le maire de Londres, dans sa chronique hebdomadaire pour le Daily Telegraph.
Successeur potentiel de David Cameron Ă la tĂȘte des conservateurs Ă l'horizon 2020, il suggĂšre qu'il faudra peut-ĂȘtre passer d'abord par un non Ă l'UE pour vraiment ĂȘtre en position de renĂ©gocier les termes de la relation.
Mais David Cameron a répété lundi que la réponse à la question du référendum sera définitive. "No way back" (pas de retour en arriÚre possible), a-t-il dit.
- © 2015 AFP
0 Commentaires


