Manuel Valls, remis Ă  flots par les Outre-mer

  • PubliĂ© le 3 juillet 2025 Ă  11:26
  • ActualisĂ© le 3 juillet 2025 Ă  14:53
valls

Naufragé de la politique, revenu au gouvernement par l'outre-mer, Manuel Valls vient de franchir le cap des six mois dans l'équipage de François Bayrou et aborde une étape décisive, tant pour la Nouvelle-Calédonie que pour son propre avenir, jusqu'en 2027 voire au-delà (Photo rb/www.imazpress.com)

Certains sĂšment des petits cailloux sur la route de la prĂ©sidentielle. Lui rĂȘve d'un accord majuscule sur le Caillou, qui consacrerait sa rĂ©surrection.

AprÚs des mois de "travail patient" et trois allers-retours en Nouvelle-Calédonie, Manuel Valls espÚre décrocher un compromis entre indépendantistes et loyalistes à l'occasion du "sommet" qui débute mercredi.

ÉvĂšnement convoquĂ© par Emmanuel Macron, certes, mais "je continue Ă  m'occuper du dossier", affirme le ministre des Outre-mer, qui revendique d'avoir "rĂ©uni tout le monde autour de la table et apaisĂ© les relations politiques", un an aprĂšs des Ă©meutes dĂ©vastatrices.

Et s'il est "normal" que le chef de l’État "ait plus que son mot Ă  dire", l'ancien Premier ministre est catĂ©gorique: "La nĂ©gociation politique (...), c'est moi qui vais la mener".

Comme une revanche Ă  prendre sur son ex-ministre de l’Économie, dĂ©sormais Ă  l'ElysĂ©e ? "Ils se sont combattus mais l'eau a coulĂ© sous les ponts", balaie un proche du prĂ©sident, qui Ă©voque mĂȘme "une forme de complicitĂ©" entre les deux hommes.

Le cadet a d'ailleurs invitĂ© son aĂźnĂ© au Palais pour la FĂȘte de la musique. Dans la partie privĂ©e, avec son Ă©pouse Brigitte et la ministre de la Culture, Rachida Dati. Le retour en cour aprĂšs la disgrĂące.

- Une "stature" sans "assise" -

Sur le chemin de sa rĂ©demption, Manuel Valls l'assure: dans le dilemme calĂ©donien, la rĂ©ussite ou l'Ă©chec sera collectif et lui-mĂȘme ne "poursuit pas d'agenda personnel".

DĂ©jĂ , il s'enorgueillit du vote Ă  l'AssemblĂ©e de son projet de loi sur Mayotte, qui pourrait ĂȘtre dĂ©finitivement adoptĂ© d'ici dix jours. Sur ce dossier, "on a trĂšs bien travaillĂ©", juge-t-il malgrĂ© quelques "scories" liĂ©es Ă  "l'absence criante" des dĂ©putĂ©s du "socle commun" censĂ©s le soutenir.

Un "exemple frappant de son absence totale d'assise politique", rétorque l'élue mahoraise Estelle Youssouffa, qui reproche au ministre une "action liée à la couverture médiatique" du territoire, intense aprÚs les ravages du cyclone Chido fin 2024 mais qui "a diminué au fur et à mesure".

Critiques isolĂ©es, dans un Parlement oĂč mĂȘme un jeune socialiste qui dit l'avoir "haĂŻ encore plus que François Hollande" concĂšde: "Ça m'arrache de le dire, mais Valls fait le job".

- Huguette Bello : "Manuel Valls connaĂźt bien les Outre-mer" -

Huguette Bello, la présidente de la Région Réunion, note pour sa part que "Manuel Valls a été l'un des premiers ministres le plus impopulaires de la 5Úme République. Il a ensuite connu des traversées du désert tant en France qu'en Espagne"

Elle ajoute "il est maintenant ministre d'Etat et je dois dire que je suis surprise. Il est sans doute l'un des ministres des Outre-mer qui connait et comprend le mieux les positions stratégiques de la France dans le monde".

"Il connait bien les rĂ©gions (des Outre-mer – ndlr) quand d'autres ministres ne savent pas les situer sur une carte" lance la prĂ©sidente de la RĂ©gion RĂ©union

Ses prĂ©dĂ©cesseurs rue Oudinot, siĂšge du ministĂšre des Outre-mer,  abondent dans le mĂȘme sens, l'un d'entre eux estimant qu'"il se dĂ©brouille pas mal dans un contexte difficile".

"Sa stature politique" lui donne "manifestement davantage d'Ă©cho", souligne HervĂ© Mariton, quand Jean-François Carenco loue son "volontarisme" et lui prĂȘte "l'ambition de revenir" au premier plan.

- Ultra-loyal -

Mais sans commettre de nouvelle erreur de lÚse-majesté pour celui qui avait pris l'habitude de distribuer bons et surtout mauvais points dans un rÎle de chroniqueur télé, aprÚs son exil manqué à Barcelone.

Désormais Manuel Valls proclame sa loyauté à François Bayrou, qui "travaille avec intelligence pour le pays" et "fait confiance à ses ministres". Des collÚgues dont il attend en retour qu'ils "se comportent loyalement à l'égard" du locataire de Matignon, et non qu'ils fassent "trop de déclarations".

Sans s'interdire lui-mĂȘme de rĂ©prouver l'emploi du terme "barbares" par Bruno Retailleau - "personne ne m'empĂȘchera d'affirmer mes convictions". Ou de se dĂ©marquer d'une Élisabeth Borne qui entend "prĂ©server" le budget de l’Éducation - "j'ai tendance Ă  ne pas faire des dĂ©clarations publiques dĂ©finitives sur ce sujet-lĂ ".

Pour mieux se poser en modÚle de "responsabilité", du haut de son expérience. "Il y a toujours de la polyphonie dans un gouvernement", glisse-t-il, mais en définitive "il n'y a pas d'autre choix que la recherche de la stabilité, de l'unité et de l'action".

Unité "aujourd'hui imposée par la situation politique", mais dont il souhaite "qu'elle persiste demain comme un choix, et (il) l'espÚre aprÚs 2027 comme une force".

VƓu pieux sous la menace permanente de la censure ? "Le temps est forcĂ©ment comptĂ©", admet-il, mais "je n'ai pas d'autre choix que de me projeter".

www.imazpress avec l'AFP / [email protected]

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2 Commentaires
La république  C  MWIN
La république C MWIN
9 mois

Du violon

Ce type n' a aucune ligne de conduite en politique, reste le politique imbu de sa personne, un ex socialiste égaré

Missouk
Missouk
9 mois

Je ne supporte pas le personnage, mais c'est vrai qu'on a eu bien pire comme ministre des outre-mer. Lui au moins essaie de faire le job.