Naufragé de la politique, revenu au gouvernement par l'outre-mer, Manuel Valls vient de franchir le cap des six mois dans l'équipage de François Bayrou et aborde une étape décisive, tant pour la Nouvelle-Calédonie que pour son propre avenir, jusqu'en 2027 voire au-delà (Photo rb/www.imazpress.com)
Certains sèment des petits cailloux sur la route de la présidentielle. Lui rêve d'un accord majuscule sur le Caillou, qui consacrerait sa résurrection.
Après des mois de "travail patient" et trois allers-retours en Nouvelle-Calédonie, Manuel Valls espère décrocher un compromis entre indépendantistes et loyalistes à l'occasion du "sommet" qui débute mercredi.
Évènement convoqué par Emmanuel Macron, certes, mais "je continue à m'occuper du dossier", affirme le ministre des Outre-mer, qui revendique d'avoir "réuni tout le monde autour de la table et apaisé les relations politiques", un an après des émeutes dévastatrices.
Et s'il est "normal" que le chef de l’État "ait plus que son mot à dire", l'ancien Premier ministre est catégorique: "La négociation politique (...), c'est moi qui vais la mener".
Comme une revanche à prendre sur son ex-ministre de l’Économie, désormais à l'Elysée ? "Ils se sont combattus mais l'eau a coulé sous les ponts", balaie un proche du président, qui évoque même "une forme de complicité" entre les deux hommes.
Le cadet a d'ailleurs invité son aîné au Palais pour la Fête de la musique. Dans la partie privée, avec son épouse Brigitte et la ministre de la Culture, Rachida Dati. Le retour en cour après la disgrâce.
- Une "stature" sans "assise" -
Sur le chemin de sa rédemption, Manuel Valls l'assure: dans le dilemme calédonien, la réussite ou l'échec sera collectif et lui-même ne "poursuit pas d'agenda personnel".
Déjà , il s'enorgueillit du vote à l'Assemblée de son projet de loi sur Mayotte, qui pourrait être définitivement adopté d'ici dix jours. Sur ce dossier, "on a très bien travaillé", juge-t-il malgré quelques "scories" liées à "l'absence criante" des députés du "socle commun" censés le soutenir.
Un "exemple frappant de son absence totale d'assise politique", rétorque l'élue mahoraise Estelle Youssouffa, qui reproche au ministre une "action liée à la couverture médiatique" du territoire, intense après les ravages du cyclone Chido fin 2024 mais qui "a diminué au fur et à mesure".
Critiques isolées, dans un Parlement où même un jeune socialiste qui dit l'avoir "haï encore plus que François Hollande" concède: "Ça m'arrache de le dire, mais Valls fait le job".
- Huguette Bello : "Manuel Valls connaît bien les Outre-mer" -
Huguette Bello, la présidente de la Région Réunion, note pour sa part que "Manuel Valls a été l'un des premiers ministres le plus impopulaires de la 5ème République. Il a ensuite connu des traversées du désert tant en France qu'en Espagne"
Elle ajoute "il est maintenant ministre d'Etat et je dois dire que je suis surprise. Il est sans doute l'un des ministres des Outre-mer qui connait et comprend le mieux les positions stratégiques de la France dans le monde".
"Il connait bien les régions (des Outre-mer – ndlr) quand d'autres ministres ne savent pas les situer sur une carte" lance la présidente de la Région Réunion
Ses prédécesseurs rue Oudinot, siège du ministère des Outre-mer, abondent dans le même sens, l'un d'entre eux estimant qu'"il se débrouille pas mal dans un contexte difficile".
"Sa stature politique" lui donne "manifestement davantage d'écho", souligne Hervé Mariton, quand Jean-François Carenco loue son "volontarisme" et lui prête "l'ambition de revenir" au premier plan.
- Ultra-loyal -
Mais sans commettre de nouvelle erreur de lèse-majesté pour celui qui avait pris l'habitude de distribuer bons et surtout mauvais points dans un rôle de chroniqueur télé, après son exil manqué à Barcelone.
Désormais Manuel Valls proclame sa loyauté à François Bayrou, qui "travaille avec intelligence pour le pays" et "fait confiance à ses ministres". Des collègues dont il attend en retour qu'ils "se comportent loyalement à l'égard" du locataire de Matignon, et non qu'ils fassent "trop de déclarations".
Sans s'interdire lui-même de réprouver l'emploi du terme "barbares" par Bruno Retailleau - "personne ne m'empêchera d'affirmer mes convictions". Ou de se démarquer d'une Élisabeth Borne qui entend "préserver" le budget de l’Éducation - "j'ai tendance à ne pas faire des déclarations publiques définitives sur ce sujet-là ".
Pour mieux se poser en modèle de "responsabilité", du haut de son expérience. "Il y a toujours de la polyphonie dans un gouvernement", glisse-t-il, mais en définitive "il n'y a pas d'autre choix que la recherche de la stabilité, de l'unité et de l'action".
Unité "aujourd'hui imposée par la situation politique", mais dont il souhaite "qu'elle persiste demain comme un choix, et (il) l'espère après 2027 comme une force".
Vœu pieux sous la menace permanente de la censure ? "Le temps est forcément compté", admet-il, mais "je n'ai pas d'autre choix que de me projeter".
www.imazpress avec l'AFP / [email protected]

Du violon
Ce type n' a aucune ligne de conduite en politique, reste le politique imbu de sa personne, un ex socialiste égaré
Je ne supporte pas le personnage, mais c'est vrai qu'on a eu bien pire comme ministre des outre-mer. Lui au moins essaie de faire le job.