Affaire Fillon

Marc Joulaud mis en examen pour détournement de fonds publics

  • PubliĂ© le 24 mars 2017 Ă  21:17
L'ex-suppléant de François Fillon à l'Assemblée nationale Marc Joulaud (LR), arrive chez les juges d'instruction financiers à Paris, le 254 mars 2017

L'ex-supplĂ©ant de François Fillon Ă  l'AssemblĂ©e nationale Marc Joulaud a Ă©tĂ© mis en examen vendredi dans l'enquĂȘte sur de possibles emplois fictifs de l'Ă©pouse du candidat de la droite Ă  la prĂ©sidentielle, affaire qui empoisonne sa campagne.

Actuel maire LR de Sablé-sur-Sarthe et député européen, ùgé de 49 ans, Marc Joulaud, qui a employé Penelope Fillon comme assistante parlementaire par le passé, a été mis en examen pour "détournement de fonds publics", selon une source judiciaire.
L'interrogatoire des juges d'instruction financiers a duré plusieurs heures, a précisé à l'AFP son avocat, Me Jean Veil.
"C'est un problĂšme de droit constitutionnel qui se pose", a estimĂ© Me Veil, en Ă©cho Ă  un argument dĂ©veloppĂ© par la dĂ©fense de François Fillon. "Le juge peut-il juger d'autre chose que de la fictivitĂ© de l'emploi? Compte tenu du principe de sĂ©paration des pouvoirs, il ne peut Ă  mon avis juger ni de la qualitĂ© du travail effectuĂ©, ni du montant de la rĂ©munĂ©ration, ni mĂȘme du contenu de la mission" confiĂ©e Ă  Penelope Fillon, a expliquĂ© l'avocat.

François Fillon a lui dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mis en examen, le 14 mars, pour dĂ©tournement de fonds publics et complicitĂ© d'abus de biens sociaux, une premiĂšre pour un candidat majeur Ă  l'ÉlysĂ©e. Selon une source proche du dossier, Penelope Fillon est convoquĂ©e Ă  son tour mardi en vue d'une Ă©ventuelle mise en examen, Ă  moins que la date ne soit modifiĂ©e comme cela avait Ă©tĂ© le cas pour son Ă©poux.

En juillet 2002, Marc Joulaud avait remplacé François Fillon, alors appelé au gouvernement, à son siÚge de député de la Sarthe. De 2002 à 2007, il a lui aussi employé Penelope Fillon comme assistante parlementaire.
Au total, de 1986 Ă  2013, avec des interruptions, Penelope Fillon a perçu 680.380 euros net, soit environ 3.600 euros mensuels net, comme assistante auprĂšs de son Ă©poux ou de son supplĂ©ant. Les enquĂȘteurs soupçonnent des emplois fictifs, tout comme pour deux des enfants Fillon, employĂ©s de 2005 Ă  2007 comme assistants parlementaires de leur pĂšre, alors sĂ©nateur.
Le candidat de la droite a défendu vigoureusement la réalité du travail effectué par sa femme, dans son ombre. Gestion du courrier, de l'agenda et préparation des discours: "Mon épouse a pris en charge ces tùches simples mais essentielles", a-t-il justifié.

Il a décrit une relation de travail trÚs personnelle avec son épouse, mais qu'en est-il de la collaboration entre Marc Joulaud et Penelope Fillon? Comme le suppléant "était moins connu, mon travail à ses cÎtés lui donnait une légitimité. François voulait garder le lien avec la circonscription", a expliqué l'épouse du candidat de la droite au Journal du dimanche.

- Image écornée -

Durant son mandat comme député de la Sarthe, Marc Joulaud a fortement augmenté la rémunération de Penelope Fillon, qui a dépassé les 6.000 euros mensuels, soit prÚs du double qu'au cours des quatre années précédentes, selon les chiffres communiqués par le candidat Les Républicains.
Depuis les premiĂšres rĂ©vĂ©lations du Canard enchaĂźnĂ©, fin janvier, suivies de l'enquĂȘte prĂ©liminaire du parquet national financier et de l'ouverture d'une information judiciaire, l'affaire a Ă©cornĂ© l'image du candidat, qui avait jusque-lĂ  mis l'accent sur la probitĂ©.

Embourbé dans ses ennuis judiciaires, François Fillon a accusé jeudi publiquement le président François Hollande de diriger un "cabinet noir" supposé orchestrer des fuites judiciaires dans la presse.
L'enquĂȘte porte aussi sur l'emploi rĂ©munĂ©rĂ© de Penelope Fillon de mai 2012 Ă  dĂ©cembre 2013 Ă  La Revue des deux mondes, propriĂ©tĂ© du PDG du groupe Fimalac, Marc Ladreit de LacharriĂšre, proche de François Fillon. Elle avait alors cumulĂ© cet emploi, pour 3.500 euros mensuels net, avec celui d'assistante parlementaire.

Les investigations ont aussi été élargies le 16 mars à des soupçons de trafic d'influence, d'escroquerie aggravée, de faux et d'usage de faux, dans la foulée d'une prétendue minimisation des heures effectuées par Penelope Fillon à l'Assemblée pour ne pas violer le rÚglement sur le cumul d'emplois, ou de révélations sur ses costumes de luxe. Au sujet de ces costumes offerts par l'avocat influent et pilier des réseaux françafricains Robert Bourgi, François Fillon a concédé jeudi une "erreur de jugement".

AFP

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