Marseille attend des "actes" de Darmanin et Nuñez pour faire face au narcobanditisme

  • PubliĂ© le 20 novembre 2025 Ă  07:48
  • ActualisĂ© le 20 novembre 2025 Ă  08:37
Le ministre de la Justice Gerald Darmanin, a l'Assemblée Nationale, à Paris, le 19 novembre 2025

Une semaine aprĂšs l'assassinat de Mehdi Kessaci, les ministres de l'IntĂ©rieur et de la Justice viennent jeudi Ă  Marseille oĂč l'attente est forte dans un contexte oĂč la lutte contre le narcobanditisme "est loin d'ĂȘtre gagnĂ©e".

GĂ©rald Darmanin et Laurent Nuñez, ex-prĂ©fet de police des Bouches-du-RhĂŽne, passeront la journĂ©e dans la deuxiĂšme ville de France auprĂšs des magistrats et des enquĂȘteurs en premiĂšre ligne dans ce combat. Ils doivent aussi Ă©changer en dĂ©but d'aprĂšs-midi avec la famille Kessaci.

"ArrĂȘtons tous ces discours, arrĂȘtons tous ces effets d'annonce": "maintenant, juste place Ă  l'action", a lancĂ© mercredi Amine Kessaci, qui avait perdu un autre frĂšre en 2020 dans un narchomicide.

"Je ne sais pas comment ma famille va se tenir aprÚs ça, mais je veux dire juste une seule chose: protégeons celles et ceux qui se sont levés, protégeons celles et ceux qui sont les visages de la République", a ajouté ce militant anti-drogue, qui vit sous protection policiÚre depuis la fin août, sur France 2.

L'assassinat en plein jour de son petit frÚre, qui voulait devenir policier, a tétanisé la ville. La justice étudie la piste d'"un crime d'intimidation" visant Amine. Mais ce dernier a prévenu qu'il ne se tairait pas et a appelé à descendre dans la rue samedi pour une marche blanche.

Comme le maire divers gauche de Marseille, Benoßt Payan, qui a invité ses administrés à ne "pas avoir peur". Mais dans les milieux associatifs, dans les médias et dans les couloirs du palais de justice, la peur est bien là.

Des magistrats plaident pour une anonymisation dans les procédures concernant des narcotrafiquants, comme la DZ Mafia, qui n'hésitent pas à recruter des adolescents sur les réseaux sociaux pour leur demander d'exécuter "un contrat" pour quelques milliers d'euros seulement.

"La lutte contre la criminalitĂ© organisĂ©e est de plus en plus dure. Le climat se tend, va crescendo (...) La lutte n'est pas perdue mais elle est difficile et loin d'ĂȘtre gagnĂ©e", confie Ă  l'AFP une source judiciaire.

Au tribunal judiciaire de Marseille, tout le monde se souvient de la soufflante reçue de la part de l'ex-garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, en mars 2024. Il leur avait reproché leur défaitisme: une juge d'instruction avait dit devant une commission parlementaire craindre "que nous soyons en train de perdre la guerre contre les trafiquants à Marseille".

Mardi, lors d'une rĂ©union d'urgence Ă  l'ElysĂ©e, le prĂ©sident Emmanuel Macron a appelĂ© Ă  adopter face au narcotrafic la mĂȘme approche que contre "le terrorisme". Sur cette stratĂ©gie, des dĂ©tails sont attendus jeudi.

- 500 dossiers Ă  juger -

Le candidat Rassemblement national à la mairie de Marseille, Franck Allisio, a appelé à la mise en place de l'état d'urgence.

"L'Ă©tat d'urgence, ça ne vous dĂ©mantĂšle pas des points de deal, ça ne dĂ©mantĂšle pas des rĂ©seaux, ce n’est pas ce qui vous amĂ©liore la sĂ©curitĂ© dans les quartiers", "ce n'est pas le travail de long terme", estime au contraire une source gouvernementale.

Benoßt Payan réclame lui "encore plus" de moyens.

"On n'a rien trouvĂ© de mieux que de supprimer la prĂ©fecture de police Ă  Marseille", tacle-t-il, interrogĂ© par l'AFP et "si on avait plus d'effectifs de policiers judiciaires, de magistrats, peut-ĂȘtre que ça serait diffĂ©rent".

"Il faut s'attaquer à tous les niveaux de la chaßne, du chef de réseau international au consommateur", a déclaré de son cÎté Renaud Muselier, président Renaissance de la région Provence-Alpes-CÎte d'Azur. Gérald Darmanin a dit avoir réclamé aux Emirats l'extradition d'"une quinzaine" de narcotrafiquants présumés.

La juridiction marseillaise, troisiÚme de France aprÚs Paris et Bobigny, a été renforcée ces derniÚres années avec aujourd'hui 143 magistrats du siÚge et 60 au parquet, soit légÚrement moins qu'à Bobigny.

A la cour d'appel d'Aix-en-Provence, 500 procédures criminelles sont en attente de jugement. Parmi elles, le dossier des assassins présumés de Brahim, le grand frÚre d'Amine, tué en 2020 avec deux autres jeunes hommes.

Mais l’embolie judiciaire est telle que des dates de procĂšs n'ont toujours pas Ă©tĂ© fixĂ©es mĂȘme si ce dossier "fera l'objet d'un audiencement prioritaire", promet-on.

AFP

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mireille
mireille
6 mois

legalisation du cannabis!Cette lĂ©galisation vise diffĂ©rents objectifs tous compatibles, a priori, avec une vision de santĂ© publique : mettre fin au commerce illicite du cannabis, gĂ©nĂ©rer des revenus pour l'État, ou encore rĂ©duire les mĂ©faits associĂ©s Ă  l'usage de cette substance (ex. : judiciarisation des usagers, effets Ă  la santĂ©)