Football

Marseille, "reconstruction project"

  • PubliĂ© le 13 mai 2019 Ă  15:43
  • ActualisĂ© le 13 mai 2019 Ă  17:38
Des supporters marseillais mécontents des résultats de leur club affichent leur colÚre avant le choc face à l'Olympique lyonnais, dimanche 12 mai au stade Vélodrome de Marseille

Le plan "Champions project" de l'Olympique de Marseille est devenu objet de railleries. Sans coupe d'Europe, il faut rebùtir le sportif, le secteur le plus important, sur les ruines d'une défaite humiliante contre Lyon (3-0), une de plus.

La contestation qui bouillait depuis des mois a fini par déborder. Les supporters ont clamé leur ras-le-bol, contre le président Jacques-Henri Eyraud et l'entraßneur Rudi Garcia, mais aussi contre les joueurs. Le match s'est fini sur des scÚnes d'insurrection, dans les gaz lacrymogÚnes. La sécurité du stade n'a laissé sortir les joueurs et les VIP qu'une heure et demie aprÚs le coup de sifflet final, dimanche soir, le temps pour les CRS de ramener l'ordre sur le parvis du Vélodrome. Ils ont procédé à dix interpellations en tout, a précisé lundi matin la préfecture.


CaricaturĂ© en "Bidon project" ou "Fiasco project" par les banderoles des supporters, le programme du propriĂ©taire amĂ©ricain Frank McCourt subit un net coup d'arrĂȘt. "Et dire que nous allons augmenter les tarifs (pas en virage, ndlr)", soupire un responsable de la billetterie de l'OM, qui redoute le lancement de la nouvelle campagne d'abonnements, dĂ©but juin.


Le prĂ©sident lyonnais Jean-Michel Aulas s'est autorisĂ© une petite leçon, du haut de ses 32 ans d'expĂ©rience Ă  la tĂȘte de l'OL, aprĂšs avoir racontĂ© qu'"Eyraud Ă©tait catastrophĂ©". "Il arrive dans un football trĂšs complexe et dans le club sans doute le plus complexe Ă  gĂ©rer."

- "Démission!" -

"Le projet n'est pas mort", tempÚre Laurent Paganelli, consultant de Canal Plus. L'Avignonnais a couvert beaucoup de matches de l'OM cette saison, et les chants de "démission" contre "JHE" et Garcia résonnent depuis longtemps au Vélodrome. "Mais il va falloir réagir vite, poursuit +Paga+ pour l'AFP, parce qu'on ne construit pas en cinq minutes, il faudra bien expliquer les choix et prendre les bonnes personnes aux postes clefs". Que Garcia puisse "rester, ça me semble difficile, car le public est trop mécontent", poursuit l'ex-joueur, qui cite "le cas Génésio à Lyon, qui part alors qu'il a fait une trÚs bonne saison. On sent que le pouvoir des supporters est devenu important".


L'ancien coach de l'AS Rome, prolongĂ© en octobre, a encore deux ans de contrat, mais il pourrait ĂȘtre le seul Ă  sauter dans le triumvirat. Eyraud va rester, et le directeur sportif Andoni Zubizarreta pourrait Ă©galement prĂ©parer la reconstruction. "Nous avons bien redressĂ© le club", rappelle un dirigeant, qui souligne que l'OM Ă©tait au bord de la ruine quand Frank McCourt l'a rachetĂ© en octobre 2016. "Le problĂšme, c'est que l'Ă©chec du sportif masque les progrĂšs dans tous les autres domaines, la structuration du club, le dĂ©veloppement de la marque, la formation..."

- Reconstruction -


Il va falloir essentiellement rebùtir une équipe, avec moins de moyens, faute de rentrées européennes, d'une part, et sous la contrainte du fair-play financier. Eyraud a promis que le club "s'adaptera" et aura "une équipe compétitive". "AprÚs une grosse saison comme l'année derniÚre, tu as besoin de sang neuf et d'éléments d'expérience qui s'insÚrent trÚs vite dans le collectif, plutÎt que de jeunes joueurs qui ont besoin de s'adapter", estime Paganelli.
Eyraud rétorque lui qu'"il y a vraiment les champions du monde de la post-rationalisation dans le football. C'est tellement facile de refaire l'histoire en disant: +si nous avions fait cela, cela se serait passé différemment+".


L'OM avait choisi de renforcer le noyau dur des héros de la campagne européenne, c'est un échec. "Il faudra regarder de trÚs prÚs ce qui n'a pas fonctionné", décortique le président. "On n'a pas pu faire de miracle avec cette équipe", souffle un membre du staff, qui juge que les leaders ont été décevants. Il a aussi manqué toute la saison un arriÚre gauche pour concurrencer Jordan Amavi, décevant, et le buteur Mario Balotelli n'est arrivé que fin janvier au lieu de l'été.


Difficile de savoir qui va rester chez les joueurs parmi les gros salaires, Florian Thauvin, Dimitri Payet, Adil Rami ou Kevin Strootman. "Dim" a dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© en confĂ©rence de presse une saison prochaine Ă  l'OM. Luiz Gustavo, lui, a lancĂ©: "Je veux continuer". Le BrĂ©silien, chouchou du stade, est peut-ĂȘtre la premiĂšre pierre de la reconstruction.

 - AFP

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