Polémique autour d'une "Burkini party"

Marseille: une association déconseille le bikini pour une sortie dans un parc aquatique

  • PubliĂ© le 4 aoĂ»t 2016 Ă  08:17
Vue aérienne de la ville de Marseille

"Je compte sur vous pour (...) ne pas venir en 2 piĂšces", "Burkini/Jilbeb" autorisĂ©s: les consignes donnĂ©es par une association de femmes des quartiers Nord de Marseille pour passer une journĂ©e dans un parc aquatique privatisĂ© pour l'occasion ont fait bondir mercredi des Ă©lus de droite et d'extrĂȘme droite.

"Je compte sur vous pour respecter la AWRA et donc de ne pas venir en 2 piĂšces (parties doivent ĂȘtre cachĂ©es de la poitrine aux genoux)", peut-on lire sur l'affiche de l'association Smile 13 et sur sa page Facebook. "Le parc autorise exceptionnellement Burkini/Jilbeb de bain", est-il Ă©galement Ă©crit. Cette association qui se prĂ©sente comme une "association socio-culturelle, sportive et d'entraide pour femmes et enfants" explique avoir "privatisĂ©" le Speed Water Parc, situĂ© au nord de Marseille pour le samedi 10 septembre.

"Bien entendu il y aura des maßtres nageurs hommes c'est la raison pour laquelle l'association a négocié afin qu'exclusivement le parc autorise la baignade en burkini", explique-t-elle sur le réseau social, ajoutant que "les enfants garçons sont également autorisés jusqu'à 10 ans".

'L'affiche a fait rĂ©agir des Ă©lus marseillais: la dĂ©putĂ© LR des Bouches-du-RhĂŽne et maire des 11 et 12e arrondissements ValĂ©rie Boyer a publiĂ© l'affiche sur Twitter en l'accompagnant d'une tribune pour la dĂ©noncer."Accepter cette soi-disant mode, c'est conforter le communautarisme dans notre pays, mais c'est aussi une question de dignitĂ© de la femme, une question de respect de nos principes fondamentaux", dĂ©clare-t-elle. "Cela n'est en rien anodin, la bataille +du voile+ est l'expression visible de la volontĂ© des intĂ©gristes de marquer leur territoire et de soumettre les femmes, comme les hommes, en instaurant un territoire oĂč l'islamisme s'affiche en uniforme et organise un vĂ©ritable contrĂŽle social", Ă©crit-elle encore.

Dans un communiquĂ© intitulĂ© "fini le +vivre-ensemble+, place au vivre avec le communautarisme islamique !", le sĂ©nateur-maire FN des 13e et 14e arrondissements de Marseille StĂ©phane Ravier estime que "cette journĂ©e islamique dĂ©montre qu'au-delĂ  des discours rassurants des autoritĂ©s musulmanes, un certain nombre de musulmans se coupent volontairement de notre modĂšle rĂ©publicain, et se mettent d?eux-mĂȘmes Ă  l?Ă©cart de notre sociĂ©tĂ©".
Dénonçant "l?avancée grandissante du communautarisme, par exemple avec la prolifération dans les rues marseillaises de tenues islamiques contraires à la loi", il fustige "le silence assourdissant et complice des +Républicains+ et de la gauche".

"Ce centre aquatique qui accueille avec complaisance cette journée doit prendre ses responsabilités et y renoncer", estime M. Ravier.
"Ce type de manifestation à caractÚre communautariste est particuliÚrement troublant et je regrette que la direction de ce parc aquatique l'ait autorisée", juge le conseiller municipal Stéphane Mari, ancien président du groupe socialiste à la mairie.
"Maintenir ce type de manifestation qui sera nul doute largement médiatisée est porter un coup de canif à notre modÚle républicain et favorisera une fois de plus le parti de ceux qui portent les valeurs de haine et d'exclusion", ajoute-t-il.
Ni l'association, ni le centre aquatique n'ont pu ĂȘtre joints par l'AFP mercredi soir.

Par Robin MILLARD - © 2016 AFP

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1 Commentaires
aterla
aterla
9 ans

Comme la gauche et la droite classique se taisent, ces valeurs rĂ©publicaines ne se retrouvent portĂ©es plus que par l'extrĂȘme-droite. En laissant la dĂ©fense de la laĂŻcitĂ© aux mains des frontistes, la gauche et la droite prennent une grande responsabilitĂ© dans la montĂ©e du FN.