AprĂšs l'ancien prĂ©sident Jean-Claude Dassier il y a trois mois, c'est au tour de l'actuel prĂ©sident de l'Olympique de Marseille, Vincent Labrune, d'ĂȘtre entendu mercredi par un juge d'instruction dans l'affaire des transferts prĂ©sumĂ©s douteux du club marseillais.
Vincent Labrune Ă©tait auditionnĂ© mercredi matin par un juge d'instruction Ă Marseille, a indiquĂ© Ă l'AFP une source judiciaire, confirmant une information d'iTĂLĂ. ContactĂ©e par l'AFP, la direction de l'OM n'a pas souhaitĂ© rĂ©agir.
Selon une source proche du dossier, l'enquĂȘte porte notamment sur 18 opĂ©rations de transfert ou de prolongation de contrats de joueurs passĂ©s par l'OM.
Parmi les opérations dans le collimateur de la justice figureraient celles concernant Lucho, Mbia, Diawara, Abriel, Niang, Azpilicueta, Rool, Morientes, Kaboré, Rémy, Gignac, Cheyrou, Ben Arfa ou Heinze, avait précisé cette source début octobre.
La justice soupçonne des opérations surévaluées, qui auraient pu donner lieu à des commissions indues versées à des agents ou des intermédiaires, au préjudice de l'actionnaire du club, pour un montant de 55 millions d'euros.
La justice s'intĂ©resse Ă©galement au systĂšme de gestion des abonnements du club, cĂ©dĂ©e depuis 1990 aux groupes de supporters eux-mĂȘmes, et qui est source d'un important manque Ă gagner financier pour l'OM.
AprÚs les incidents lors d'un match l'opposant à l'Olympique Lyonnais, le club marseillais a d'ailleurs annoncé son intention de réformer ce mode de commercialisation de ses abonnements.
- D'"extorsion" Ă "abus de biens sociaux" -
A l'origine, une information judiciaire a Ă©tĂ© ouverte en juillet 2011 pour "extorsion de fonds, blanchiment et association de malfaiteurs". Les enquĂȘteurs soupçonnaient Ă l'Ă©poque des extorsions au prĂ©judice du club, sous la forme de versements indus de commissions au profit de membres du milieu Ă l'occasion de transferts importants.
Des perquisitions avaient dĂ©jĂ eu lieu au siĂšge de l'OM en janvier 2013, au cours desquelles des documents avaient Ă©tĂ© saisis. Les locaux marseillais de l'agent Jean-Luc Barresi avaient Ă©galement Ă©tĂ© perquisitionnĂ©s. En novembre 2014, puis en janvier 2015, des vagues de mises en garde Ă vue avaient conduit dirigeants de l'OM, intermĂ©diaires et agents de joueurs Ă s'expliquer devant les enquĂȘteurs, notamment l'actuel prĂ©sident du club, Vincent Labrune, et ses prĂ©dĂ©cesseurs Jean-Claude Dassier et Pape Diouf.
Les gardes à vue des dirigeants avaient alors été levées sans charge.
Mais le dossier avait ensuite été réorienté vers une affaire "plus classique" d'abus de biens sociaux, conduite par le juge spécialisée dans les affaires économiques et financiÚres, Guillaume Cotelle.
Elle a déjà donné lieu à la mise en examen de l'ancien président du club Jean-Claude Dassier (2009 à 2011) et de l'ancien directeur général Antoine Veyrat (2008-2011), à l'issue d'une convocation chez le juge.
InterrogĂ© sur ce que lui reprochait prĂ©cisĂ©ment le juge, M. Dassier avait rĂ©pondu aprĂšs sa mise en examen: "Si j'ai bien compris, je suis coupable - en attendant d'autres - d'avoir, parce que nous avons achetĂ© et vendu des joueurs, signĂ© en mĂȘme temps des conventions d'agents et donc alimentĂ© quelque part un marchĂ© oĂč se passeraient des choses rĂ©prĂ©hensibles".
M. Dassier avait assurĂ© avoir "toujours agi dans l'intĂ©rĂȘt du club" et avait mis en avant la mĂ©connaissance qu'avait le juge du milieu du football.
"Je ne nie pas qu'à Marseille, il y ait une population qui soit parfaitement soupçonnable ou répréhensible", reconnaissait volontiers l'ancien dirigeant, pour qui ce n'est cependant pas aux dirigeants de vérifier ce qui se passe dans ce milieu.
"Si ça continue comme ça, il n'y aura plus de candidat Ă la prĂ©sidence non seulement de l'OM, mais mĂȘme des autres clubs", ironisait-il alors.
Par Dario THUBURN, Fayruz RAJPAR - © 2015 AFP
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