Le fait pour un pays de l'UE d'établir des quotas de demandeurs d'asile, tout comme de faire transiter des migrants sur son territoire, sont des mesures illégales, estime la Commission européenne dans un avis juridique consulté par l'AFP.
"Toute limite numérique du nombre de demandes d'asile faites sur le territoire d'un Etat membre, y compris à la frontiÚre, serait incompatible à la fois avec la législation européenne" et avec la Convention de GenÚve, selon cette analyse juridique de la direction chargée des migrations au sein de l'exécutif européen.
Mais la Commission rejette dans le mĂȘme temps les mesures de "laissez passer", dans ce document datĂ© du 25 fĂ©vrier examinant la lĂ©galitĂ© du contenu d'un rĂ©cent communiquĂ© conjoint des polices autrichienne, slovĂšne, croate, serbe et macĂ©donienne, qui se sont mises d'accord sur des conditions de filtrage des migrants.
La Croatie et la Slovénie ont ainsi annoncé vendredi qu'elles voulaient limiter à 580 par jour le nombre de migrants autorisés à transiter par leurs territoires. L'Autriche avait elle récemment annoncé un quota quotidien de 80 demandeurs d'asile admis sur son territoire, et de 3.200 personnes qu'elle laisserait transiter.
"L'accĂšs Ă la procĂ©dure d'asile doit ĂȘtre garanti Ă toutes les personnes qui demandent l'asile dans un Etat membre", sans plafond numĂ©rique, et ces demandes doivent ĂȘtre "enregistrĂ©es pas plus de dix jours aprĂšs leur dĂ©pĂŽt", est-il prĂ©cisĂ© dans le document de la Commission.
Quant Ă la question de savoir si l'Etat membre oĂč est dĂ©posĂ©e la demande restera effectivement responsable du traitement de cette demande, cela "sera dĂ©cidĂ© ensuite" au regard des rĂšgles europĂ©ennes. Et en particulier du systĂšme dit de Dublin, selon lequel le premier pays d'entrĂ©e dans l'UE est reponsable.
En revanche, la Commission estime que les Etats membres ayant réintroduit des contrÎles à leurs frontiÚres doivent refuser l'entrée non seulement aux migrants irréguliers, mais aussi aux candidats à l'asile disant vouloir déposer leur demande ultérieurement, dans un autre pays.
Selon l'analyse de la Commission, les quotas de migrants en transit annoncĂ©s par l'Autriche ou la SlovĂ©nie apparaissent donc comme illĂ©gaux, mĂȘme si ces migrants rĂ©pondent a priori aux critĂšres permettant de prĂ©tendre au statut de rĂ©fugiĂ©s.
"Appliquer une politique de laissez passer aux citoyens syriens et irakiens le long de la route des Balkans occidentaux est particuliĂšrement prĂ©judiciable" Ă la "stabilisation du systĂšme Schengen, dans la mesure oĂč ces personnes sont en principe Ă©ligibles au plan de relocalisation", estime la Commission.
Elle fait référence au plan européen qui prévoit la répartition de 160.000 réfugiés dans les pays de l'UE, depuis l'Italie et la GrÚce. Pour l'heure, seulement quelque 600 personnes ont effectivement été transférées.
"Laisser passer" les demandeurs d'asile les "incite à circuler de maniÚre irréguliÚre dans l'UE", et "sape le fonctionnement du plan de relocalisation", insiste la Commission.
Par Alba TOBELLA - © 2016 AFP
0 Commentaires
