L'arme fatale, le retour: absent en demi-finales, l'ailier de poche du Stade Toulousain Cheslin Kolbe a Ă©tĂ© titularisĂ© jeudi pour la finale de la Coupe du monde, samedi Ă Yokohama (banlieue de Tokyo), oĂč sa capacitĂ© Ă casser les dĂ©fenses pourrait aider l'Afrique du Sud dans sa quĂȘte d'un troisiĂšme sacre.
Le sĂ©lectionneur des Springboks Rassie Erasmus peut maintenant l'avouer: "Pour ĂȘtre honnĂȘte, nous Ă©tions un peu nerveux de ne pouvoir compter sur lui pour la demi-finale" remportĂ©e contre le pays de Galles (19-16).
Insuffisamment rétabli d'une blessure à une cheville contractée lors du dernier match de poules contre l'Italie (49-3 le 4 octobre), en deçà de son niveau en quarts de finale face au Japon (26-3), Kolbe avait en effet été remplacé dans le XV de départ par Sbu Nkosi. "Je me suis entraßné avec le reste de l'équipe ces deux derniÚres semaines. Je suis revenu à 100% de mes capacités, ma cheville va trÚs bien" rassure Kolbe, "trÚs frustré" d'avoir manqué la demi-finale "d'autant que je me suis blessé dans les derniÚres secondes" contre l'Italie, aprÚs avoir inscrit un doublé -- ses deux seuls essais de la compétitions.
L'ailier de poche (1,71 m pour 80 kg) remis sur pied, Erasmus fait donc démarrer contre l'Angleterre ce "joueur de classe mondiale, il l'a montré à chaque fois qu'il a joué pour nous, que ce soit à l'aile ou à l'arriÚre" "C'est le facteur X, tout le monde le sait, et nous en aurons besoin face à la défense anglaise" ajoute le sélectionneur, qui a lancé Kolbe (26 ans, 13 sél.) dans le grand bain international en septembre 2018, aprÚs ses prestations époustouflantes avec le Stade Toulousain.
- "Dynamite en petits paquets" -
"Il a été absolument génial ces deux derniÚres années. On a vu à quel point il était bon en Coupe d'Europe et en Top 14, c'est un joueur qui incarne pleinement ce dicton qui veut que la dynamite soit livrée en petits paquets" souligne Bryan Habana, ailier des Springboks champions du monde en 2007.
"Il mérite probablement d'avoir le prix du meilleur joueur de l'année 2019 (décerné dimanche, NDLR). C'est trÚs impressionnant de voir comment il a su tirer parti des opportunités qui se sont présentées à lui, à Toulouse et pour l'Afrique du Sud" ajoute le détenteur du record d'essais en Coupe du monde (15, comme Jonah Lomu).
JugĂ© trop petit pour les canons sud-africains, Kolbe a en effet Ă©tĂ© ignorĂ© par les prĂ©cĂ©dents sĂ©lectionneurs, malgrĂ© ses prestations remarquĂ©es avec l'Ă©quipe sud-africaine de rugby Ă 7. Avant de crever l'Ă©cran dĂšs son arrivĂ©e en France, Ă l'Ă©tĂ© 2017. "Il a atteint ce niveau de jeu oĂč les gens espĂšrent presque qu'il n'aura pas le ballon parce qu'ils savent Ă quel point il peut ĂȘtre dangereux" juge Habana.
- Les Anglais "en éveil" -
A commencer par les Anglais samedi, qui ont bien identifiĂ© le danger Kolbe, capable de briser n'importe quelle dĂ©fense par ses appuis, crochets, pointe de vitesse, et sa capacitĂ© Ă rebondir sur les adversaires ou Ă©chapper Ă leurs placages grĂące Ă sa tonicitĂ© et son centre de gravitĂ© extrĂȘmement bas. Autant de qualitĂ©s qui ont probablement manquĂ© pour casser le rideau dĂ©fensif gallois.
"Tout le monde est conscient de la menace qu'il reprĂ©sente. Quand il a le ballon, tout l'Ă©quipe doit ĂȘtre en Ă©veil, pas seulement les joueurs qui se trouvent Ă proximitĂ© de lui. Il créé des occasions Ă partir de rien. C'est important de l'avoir pour l'Afrique du Sud, au sein d'une Ă©quipe physique" explique ainsi Owen Farrell, capitaine de l'Angleterre de nouveau alignĂ© au centre, comme en demi-finales face Ă la Nouvelle-ZĂ©lande (19-7), pour former une doublette de N.10 avec George Ford, titularisĂ© Ă l'ouverture.
"Ils vont essayer de le trouver le plus possible. Sa présence ne va pas vraiment changer leur plan de jeu, ils vont juste tenter de lui donner le ballon au maximum dans les espaces" abonde l'arriÚre Elliot Daly.
Kolbe s'attend justement a ĂȘtre bombardĂ© "dans les airs" par Daly et les artilleurs anglais Ford et Farrell. Ils devront se montrer prĂ©cis, au risque de lui offrir des ballons de relance qu'il affectionne.
AFP


