Epidémie

Mpox : l'OMS annonce de premiers vaccins en RDC dans les "prochains jours"

  • PubliĂ© le 30 aoĂ»t 2024 Ă  20:35
  • ActualisĂ© le 31 aoĂ»t 2024 Ă  06:38
Une patiente atteinte du mpox attend à l'hÎpital de Kavumu, au nord de Bukavu, dans l'est de la RDC, le 24 août 2024

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, vendredi, l'arrivée dans les "prochains jours" des premiers vaccins contre le mpox en République démocratique du Congo (RDC), l'un des pays africains les plus touchés par l'épidémie.

"Nous espérons que la premiÚre livraison aura lieu dans les prochains jours" et d'autres devraient suivre, a déclaré le directeur général de l'agence onusienne, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse à GenÚve, de retour de RDC.

Selon Tim Nguyen, de l'OMS, environ 230.000 doses du vaccin MVA-BN, produit par le laboratoire pharmaceutique danois Bavarian Nordic, seraient "immĂ©diatement disponibles pour ĂȘtre envoyĂ©es dans les rĂ©gions touchĂ©es".

La recrudescence du mpox en Afrique, qui touche la RDC et d'autres pays du continent (notamment le Burundi, le Kenya, le Rwanda et l'Ouganda), et l'apparition d'un nouveau variant (1b) ont poussé l'OMS à déclencher le 14 août son plus haut degré d'alerte sanitaire mondiale.

La RDC étant le pays le plus touché par le nouveau variant, "la plus grande partie" des vaccins ira y sera acheminée, a indiqué le Dr Tedros.

Deux sous-groupes de mpox circulent en RDC: le clade 1a, dans l'ouest du pays et le clade 1b, dans l'est.

Le Dr Tedros a indiquĂ© que plus de 18.000 cas suspects de mpox avaient Ă©tĂ© signalĂ©s en RDC depuis le dĂ©but de l'annĂ©e, avec 629 dĂ©cĂšs : "Cela inclut plus de 5.000 cas et 31 dĂ©cĂšs dans les provinces orientales du Nord et du Sud-Kivu, oĂč la nouvelle souche de clade 1b s'est propagĂ©e".

"Le nombre de cas de clade 1b signalés a augmenté rapidement pendant plusieurs semaines. Heureusement, relativement peu de décÚs ont été signalés au cours des derniÚres semaines", a observé le chef de l'OMS.

En dehors de la RDC, 258 cas de clade 1b ont été confirmés au Burundi, 4 au Rwanda, 4 en Ouganda, 2 au Kenya, 1 en SuÚde et 1 en Thaïlande, selon l'OMS.

Le mpox, appelé auparavant variole du singe, est une maladie virale qui se propage de l'animal à l'homme mais se transmet aussi entre humains, provoquant fiÚvre, douleurs musculaires et lésions cutanées.

- "Six mois" -

"L'OMS oeuvre pour accélérer l'accÚs aux vaccins et leur distribution", a indiqué le Dr Tedros, tout en martelant que les vaccins n'étaient pas les seuls outils de lutte contre la maladie.

"Nous pensons pouvoir mettre fin à ces épidémies dans les six prochains mois", a-t-il également assuré.
la Groupe consultatif stratégique d'experts sur la vaccination (SAGE) recommande l'utilisation des vaccins MVA-BN et LC16 qui est, lui, produit par l'entreprise japonaise KM Biologics.

Mais ils n'ont pas encore la "préqualification" complÚte de l'OMS, un processus long et complexe.

Pour faire face à cette situation, l'OMS a mis en place une liste d'utilisation d'urgence, conçue pour accélérer la disponibilité de produits médicaux non homologués, comme les vaccins nécessaires en cas d'urgence de santé publique.

Les produits inscrits sur cette liste peuvent ainsi ĂȘtre achetĂ©s et utilisĂ©s par des agences comme l'agence de l'ONU pour l'enfance Unicef.

Bavarian Nordic et KM Biologics ont finalisé leur demande auprÚs de l'OMS le 23 août et l'étude de leur dossier est en cours, a indiqué le Dr Mibongizi, de l'OMS.

Mais sans attendre, "la semaine derniÚre, j'ai donné à Gavi (l'Alliance du Vaccin Ndlr) et à l'Unicef le feu vert pour procéder à l'achat de vaccins, parallÚlement à la procédure d'inscription sur la liste d'urgence", a indiqué le Dr Tedros.

Par ailleurs, l'OMS travaille avec divers partenaires pour mettre en place un mécanisme de coordination afin d'allouer les doses données.

Le Dr Tedros a Ă©galement soulignĂ© que la RDC avait elle-mĂȘme approuvĂ© les deux vaccins en juin cette annĂ©e, et que le gouvernement avait directement demandĂ© aux pays disposant d'importantes rĂ©serves de vaccins de lui donner des doses.

Enfin, l'OMS travaille aussi à l'élaboration de plans pour mettre en oeuvre une utilisation ciblée des vaccins, l'OMS ne préconisant pas une vaccination généralisée, a indiqué la Dre Maria Van Kerkhove, responsable à l'OMS de la préparation aux épidémies et pandémies.

AFP

guest
0 Commentaires