Justice

Non-lieu pour Alexandre Benalla dans l'enquĂȘte sur ses coffres-forts

  • PubliĂ© le 30 aoĂ»t 2024 Ă  18:58
  • ActualisĂ© le 30 aoĂ»t 2024 Ă  19:29
L'ancien garde du corps du président Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, arrive au Palais de justice de Paris, le 9 juin 2023

Fin sans poursuites dans l'un des volets les plus mystérieux de la retentissante affaire Alexandre Benalla: une juge d'instruction parisienne, saisie de la possible dissimulation de preuves qu'aurait constituée la disparition de coffres-forts appartenant à l'ex-chargé de mission à l'Elysée, a ordonné fin juin un non-lieu.

L'un de ces mystérieux coffres-forts, que M. Benalla utilisait notamment pour stocker ses armes, n'était plus dans son appartement lors de la perquisition menée en juillet 2018, au début du scandale qui lui a valu une condamnation définitive à un an de prison ferme pour les violences du 1er-Mai de cette année-là.

Conformément aux réquisitions du ministÚre public de mars, la magistrate instructrice a rendu le 27 juin un non-lieu, "constatant qu'il ne résultait pas de l'information judiciaire charge suffisante contre quiconque d'avoir commis le délit de soustraction de document ou d'objet concernant un crime ou un délit en vue de faire obstacle à la manifestation de la vérité", d'aprÚs le parquet de Paris, sollicité par l'AFP vendredi.

"Le contenu des coffres dĂ©placĂ©s du domicile d'Alexandre Benalla susceptibles de contenir des Ă©lĂ©ments de preuve dans le cadre des enquĂȘtes ouvertes Ă  son encontre n'a pu ĂȘtre Ă©tabli avec certitude", poursuit le ministĂšre public.

"En l'absence de cet Ă©lĂ©ment et dans la mesure oĂč l'enquĂȘte n'a pas Ă©tabli de volontĂ© de nuire Ă  la manifestation de la vĂ©ritĂ©, un non-lieu a Ă©tĂ© ordonnĂ©", prĂ©cise encore le parquet.

"Ce dénouement était inéluctable en droit comme en fait. Il était en effet absurde de poursuivre Alexandre Benalla pour le contenu imaginaire d'un coffre", a réagi son avocate, Me Jacqueline Laffont.

- Sac de sport -

Six ans aprĂšs ce scandale qui a secouĂ© le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, la justice clĂŽt donc ce volet, ouvert en fĂ©vrier 2019 et qui avait alimentĂ© des soupçons de manƓuvres au sommet pour tromper la justice.

Cette armoire-forte "a dĂ» ĂȘtre emmenĂ©e dans un lieu sĂ»r par une personne mais ce n'est pas moi qui me suis occupĂ© de cela", avait dit Alexandre Benalla Ă  l'Ă©tĂ© 2018 aux enquĂȘteurs.

Un an et demi plus tard, un des protagonistes de l'affaire, le militaire Chokri Wakrim, avait mis en cause deux membres de la présidence. Il avait indiqué en janvier 2020 à la Brigade criminelle les avoir vus en présence d'un premier coffre dans l'appartement parisien d'une proche de M. Benalla.

Le témoin avait ciblé Christian Guédon, alors membre du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), ainsi qu'un ex-conseiller du chef d'état-major particulier d'Emmanuel Macron, Ludovic Chaker, par ailleurs ex-secrétaire général d'En Marche.

Auditionné en juillet 2019, Ludovic Chaker avait reconnu avoir participé à l'exfiltration de la famille Benalla, dont le domicile était encerclé par les médias.

Mais il avait "contesté fermement depuis le début avoir déplacé ce coffre", selon son entourage. Son avocat n'a pas répondu dans l'immédiat.

Chokri Wakrim avait Ă©galement indiquĂ© avoir Ă©tĂ© tĂ©moin d'une conversation pendant laquelle Alexandre Benalla aurait demandĂ© Ă  Christian GuĂ©don de vider un second coffre-fort situĂ© dans son bureau de l'ÉlysĂ©e.

D'aprÚs Chokri Wakrim, le contenu de ce coffre, vidé juste avant la perquisition du 25 juillet 2018, aurait été emporté dans un sac de sport.

Celui qui vit aujourd'hui en Suisse et travaille dans le privĂ© reste visĂ© en France par deux enquĂȘtes.

L'une porte sur son rÎle dans la signature de contrats avec des oligarques russes alors qu'il était en poste à l'Elysée, et se rapproche de sa fin.

L'autre, lancĂ©e en avril 2019, porte sur des soupçons de "faux tĂ©moignage" de MM. Benalla et Crase devant la commission d'enquĂȘte du SĂ©nat.

Le parquet de Paris avait conditionnĂ© Ă  l'Ă©poque son issue Ă  celle du volet central de l'affaire, l'enquĂȘte sur les violences du 1er mai 2018, qui s'est achevĂ©e en juin par une condamnation dĂ©finitive de M. Benalla Ă  un an de prison ferme aprĂšs le rejet de son pourvoi.

Cette enquĂȘte pourrait donc connaĂźtre un Ă©pilogue prochain.

Les images d'Alexandre Benalla place de la Contrescarpe Ă  Paris avaient dĂ©clenchĂ© une tempĂȘte politique en juillet 2018, quand le quotidien Le Monde avait identifiĂ©, sous un casque des forces de l'ordre, ce proche d'Emmanuel Macron.

 AFP

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