TrÚs nettement distancé au premier tour, Xavier Bertrand (Les Républicains) a infligé au second une trÚs nette défaite à Marine Le Pen, grùce à un sursaut de mobilisation et au rassemblement anti-FN derriÚre lui, notamment des électeurs de gauche.
Le député-maire de Saint-Quentin (Aisne) et ancien ministre de Nicolas Sarkozy l'a emporté, selon les résultats définitifs, avec 57,77% des voix contre 42,23% à la présidente du Front national, qui essuie un échec sévÚre et progresse d'à peine 1,6 point (mais cependant de plus de 100.000 voix) par rapport au premier tour.
Ce n'est "pas ma victoire, mais la victoire des gens du Nord", a lancé M. Bertrand, pour qui "l'Histoire retiendra que c'est ici (en Nord-Pas-de-Calais-Picardie) que nous avons stoppé la progression du Front national". "Nul ne peut se prévaloir de cette victoire", a ajouté ce natif de La Marne, qui a affirmé qu'avec un FN ayant réuni 4 électeurs sur 10 au premier tour, ce scrutin "changera à jamais" sa "façon de faire de la politique".
Dimanche dernier, aprĂšs une Ă©norme poussĂ©e du FN, Marine Le Pen caracolait en tĂȘte avec 40,64% des voix, contre 24,97% Ă Xavier Bertrand.
Paradoxalement, l'ancien secrétaire général de l'UMP prend une région à la gauche... grùce aux voix de la gauche. Celle-ci avait toujours dirigé Nord-Pas-de-Calais depuis la premiÚre élection au suffrage universel direct en 1986.
"Je remercie les électeurs de gauche qui ont clairement voté pour faire rempart", a déclaré le vainqueur depuis son QG à Saint-Quentin. De son cÎté, le candidat PS Pierre de Saintignon, qui s'était retiré au soir du premier tour, a "félicité" M. Bertrand.
Au contraire, pour le maire FN d'HĂ©nin-Beaumont (Pas-de-Calais) Steeve Briois, "c'est la malhonnĂȘtetĂ© et le mensonge qui l'ont emportĂ©" dimanche soir.
M. Bertrand, qui s'Ă©tait prĂ©sentĂ© entre les deux tours comme "le candidat contre l'extrĂȘme droite" ("Non au Front national", proclamait sa profession de foi) a profitĂ© d'une forte hausse de la participation.
L'abstention n'a atteint que 38,75% en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. C'est presque trois points de moins que la moyenne nationale (41,54% selon une totalisation Ă 00h39) et prĂšs de sept points de moins qu'au premier tour (45,19%).
A la tĂȘte d'une liste Les RĂ©publicains-UDI-MoDem-CPNT - la mĂȘme au second tour qu'au premier -, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy a bĂ©nĂ©ficiĂ© entre les deux tours de l'appel Ă voter pour lui de Pierre de Saintignon (18,12% dimanche dernier). La maire de Lille Martine Aubry et la tĂȘte de liste EELV-PG Sandrine Rousseau (4,83%) avaient fait de mĂȘme. Le communiste Fabien Roussel (5,32%) avait, lui, appelĂ© Ă "faire barrage Ă l'extrĂȘme droite".
La gauche (hors extrĂȘme gauche) avait recueilli le 6 dĂ©cembre un peu plus de 632.000 voix, soit 28,27%.
Ces suffrages se sont reportĂ©s massivement sur Xavier Bertrand. Ainsi, dans le Pas-de-Calais, oĂč le nombre de votants a progressĂ© de 60.000 d'un tour Ă l'autre, le candidat obtient quelque 341.000 voix (54,12%), contre moins de 123.000 le dimanche prĂ©cĂ©dent. Marine Le Pen, elle, ne gagne que 25.000 voix et plafonne Ă 289.000 suffrages.
Alors qu'elle avait obtenu la moitié des voix des Calaisiens le 6 décembre, Marine Le Pen n'en obtient plus que 45%, contre 55% à M. Bertrand. Le candidat Les Républicains écrase aussi son adversaire à Roubaix (76%) ou Amiens (71,7%).
Plus rassembleur dans l'entre-deux tours, Xavier Bertrand s'était présenté comme "un gaulliste social" et avait salué le retrait "digne et responsable" de Pierre de Saintignon.
Par Veronique DUPONT - © 2015 AFP
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