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Notre-Dame-des-Landes: la mobilisation ne faiblit pas contre les expulsions

  • PubliĂ© le 13 janvier 2016 Ă  00:26
Un tracteur d'opposants au projet d'aéroport de Notre-dame-des-Landes sur une route qui mÚne à Nantes, le 12 janvier 2016

Les opposants Ă  l'aĂ©roport de Notre-Dame-des-Landes ont maintenu la pression mardi, en multipliant opĂ©rations escargot et blocages de routes prĂšs de Nantes, dans l'espoir d'un geste de François Hollande pour empĂȘcher l'audience d'expulsion mercredi d'une quinzaine de militants historiques de leur cause.


AprÚs avoir mené mardi matin une opération escargot sur le périphérique nantais à l'heure de forte affluence, prÚs d'une dizaine d'actions - opérations escargot ou barrages filtrants à l'aide de véhicules légers et parfois de tracteurs, ont été organisées en Loire-Atlantique mais aussi dans les départements voisins du Morbihan, du Maine-et-Loire, de Vendée, et d'Ille-et-Vilaine.
Une trentaine de tracteurs ont également bloqué pendant une heure la circulation du pont de Saint-Nazaire dans le sens nord-sud en se positionnant sur l'un de ses rond-points d'accÚs, a constaté l'AFP.
En outre, une trentaine de personnes ont occupé pacifiquement pendant plus de trois heures le hall de la sous-préfecture de Chùteaubriant, au nord-est de Nantes, avant de quitter les lieux en fin de journée aprÚs discussions avec des représentants de la sous-préfecture.
Toutes ces actions avaient pris fin vers 19H00 mardi.
Si l'opération de la matinée à Nantes n'a pas autant perturbé la circulation que le redoutaient les autorités, celles-ci ont répondu avec fermeté aux manifestants en procédant à une vingtaine d'interpellations suivies de garde à vue.
Selon le bilan communiqué par la préfecture de Loire-Atlantique, 19 conducteurs ont été interpellés pour entrave à la circulation puis placés en garde à vue et leurs véhicules conduits à la fourriÚre.
Ces 19 personnes ont été relùchées en fin de journée et convoquées devant la justice pour le 24 février, leurs véhicules devant rester en fourriÚre jusqu'à cette date, a indiqué la police.
- "Ni procĂšs, ni expulsion" -
Lundi, trois agriculteurs avaient été placés en garde à vue aprÚs avoir tenté de forcer un barrage de gendarmes avec leurs tracteurs, lors d'une opération escargot à l'ouest de Nantes. Remis en liberté mardi matin, ils feront l'objet de poursuites, selon Copain 44 (agriculteurs proches de la confédération paysanne, opposés au projet d'aéroport).
L'association agricole, qui voit dans cette rĂ©ponse des pouvoirs publics "une volontĂ© dĂ©libĂ©rĂ©e de provocation aux affrontements", n'en reste pas moins dĂ©terminĂ©e Ă  poursuivre ses actions tant qu'elle n'aura pas obtenu l'assurance du prĂ©sident François Hollande qu'il n'y aura "ni procĂšs ni expulsion" des 11 familles et des quatre agriculteurs installĂ©s sur la zone oĂč doit ĂȘtre construit l'aĂ©roport.
"On ne nous rĂ©pond toujours pas sur l'annulation de la procĂ©dure de rĂ©fĂ©rĂ© qui doit ĂȘtre examinĂ©e mercredi Ă  Nantes. Il faudrait que le gouvernement se dĂ©cide Ă  dire quelque chose, car la colĂšre monte", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP Vincent Delabouglise, un des porte-parole du Collectif d'organisations agricoles opposĂ©es Ă  l'aĂ©roport.
Une "colÚre" dont certains redoutent qu'elle ne déborde à l'occasion de la manifestation "dans le calme et la sérénité" appelée par les anti-aéroport mercredi matin devant le TGI.
Mise en suspens en 2012 peu avant les derniĂšres tentatives d'Ă©vacuation de la "Zad" - Zone d'amĂ©nagement diffĂ©rĂ© dĂ©diĂ©e au projet, rebaptisĂ©e "zone Ă  dĂ©fendre" par les opposants -, la procĂ©dure visant Ă  expulser les derniers habitants du site oĂč doit ĂȘtre construit l'aĂ©roport a Ă©tĂ© relancĂ©e Ă  l'automne 2015, aprĂšs l'annonce d'une reprise des travaux pour dĂ©but 2016.
Le TGI de Nantes examine mercredi en fin de matinée la demande en référé de la société Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale du groupe Vinci et concessionnaire du site, visant à leur expulsion, assortie d'une astreinte journaliÚre de 200 à 1.000 euros et d'une mise sous séquestre de leurs biens et cheptels s'ils n'obtempÚrent pas.
Pour obtenir du chef de l'État "l'abandon immĂ©diat des procĂ©dures d'expulsion", plusieurs milliers d'opposants - entre 7.200 et 20.000, selon les sources - avaient dĂ©jĂ  manifestĂ© samedi sur le pĂ©riphĂ©rique nantais, totalement bloquĂ© Ă  la circulation jusqu'Ă  l'intervention des forces de l'ordre dans la nuit de samedi Ă  dimanche.

Par Marie-Pierre FEREY, Jean-François GUYOT - © 2016 AFP
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