La décision sera rendue le 12 décembre

"Nous allons y arriver !", promet Bruno Le Maire aux syndicats d'Ascoval

  • PubliĂ© le 8 novembre 2018 Ă  14:35
  • ActualisĂ© le 8 novembre 2018 Ă  15:33
Bruno Le Maire (d) visite l'usine d'Ascoval Ă  Saint-Saulve, dans le Nord, le 8 novembre 2012

"Nous allons y arriver !": le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est montrĂ© rĂ©solument confiant sur une issue positive dans le dossier Ascoval en allant jeudi matin Ă  la rencontre des syndicats et des salariĂ©s de l?aciĂ©rie, placĂ©e en redressement judiciaire. "Nous allons y arriver ! Nous allons y arriver grĂące a vous. Chaque jour compte. C'est parce que nous sommes rassemblĂ©s que nous allons y arriver, nous avons le mĂȘme combat. J'espĂšre qu'il y aura un reprise confirmĂ©e", a-t-il dĂ©clarĂ© lors d'une rĂ©union sur le site de l'usine avec les syndicats, des Ă©lus et le prĂ©sident d'Ascoval CĂ©dric Orban.

AnnoncĂ©e mercredi par Bercy, cette visite -la premiĂšre du ministre de l'Économie- intervient alors que les 281 salariĂ©s de l'entreprise ont repris lundi le travail, aprĂšs plus d'une semaine de blocage, dans l'attente d'une dĂ©cision judiciaire sur le projet de reprise dĂ©posĂ© par le groupe franco-belge Altifort.

Cette décision sera finalement rendue le 12 décembre, a annoncé mercredi la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg. Ce nouveau délai doit permettre de peaufiner l'offre d'Altifort et de trouver un accord avec Vallourec, actionnaire et principal client de l'aciérie.

"J'étais décidé depuis le début à tout faire pour sauver l'aciérie Ascoval, je le suis encore plus aprÚs cette visite. J'ai vu une entreprise du XXIe siÚcle, pas une entreprise du XXe siÚcle", a déclaré M. Le Maire.
"L'État n'est pas lĂ  pour sauver un canard boĂźteux, il est lĂ  pour dĂ©fendre une aciĂ©rie qui est performante, qui fait des aciers de qualitĂ©, avec un outil de production qui sera plus respectueux de l'environnement que d'autres", a-t-il insistĂ©, affirmant que sa dĂ©termination Ă  sauver l'usine Ă©tait "totale".

- 'Boucler le plan de financement' -

Nacim Bardi, dĂ©lĂ©guĂ© CGT, s'est alors dit "rassurĂ©" : "Il est venu constater qu'on avait un outil performant, neuf, rĂ©cent. J'espĂšre que l'histoire se finira bien", a-t-il dit Ă  l'AFP. "Je reste rassurĂ© sur le fait qu?aujourd?hui, l?État parle le mĂȘme langage que nous (...) Toutes les chances sont de notre cĂŽtĂ©", a pour sa part affirmĂ© Bruno Kopczynski, porte-parole de la coordination syndicale.

Devenue Ascoval en 2017, l'aciérie de Saint-Saulve attend un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries, à qui Vallourec avait cédé 60% de l'usine, tout en conservant 40% des engagements de commandes.

Le suisse Schmolz+Bickenbach avait acquis fin janvier 2018 la plupart des actifs d'Asco Industries, sans inclure Ascoval dans le périmÚtre de cette reprise. En conséquence, Acoval était parti à la recherche de son propre repreneur.

Fin octobre, l'horizon de l'aciérie s'était éclairci quand le projet de reprise de l'usine par Altifort avait été jugé "solide" et "crédible" par Bercy et le cabinet d'experts indépendants Roland Berger. Le gouvernement avait affirmé vouloir régler ce dossier d'ici à "début décembre".

L'offre de départ d'Altifort impliquait que Vallourec maintienne pendant un an et demi son niveau actuel de commandes, mais le sidérurgiste a refusé, obligeant le gouvernement et le groupe franco-belge à travailler sur une proposition alternative avec des sources de financement et des clients supplémentaires.

"Il reste aujourd'hui des difficultés, chacun le sait, il faut boucler le plan de financement, un carnet de commandes qui soit rempli, il faut trouver un accord avec Vallourec sur un ou deux points, mais j'y travaille tous les jours", a affirmé M. Le Maire.
"Plusieurs Ă©tapes ont Ă©tĂ© franchies: la premiĂšre, on a montrĂ© que cette entreprise Ă©tait viable; la deuxiĂšme, on a montĂ© que le repreneur, ce n'est pas un rigolo", a dĂ©clarĂ© Ă  la presse Ă  l'issue de la visite Xavier Bertrand, prĂ©sident (ex-LR) des Hauts-de-France. "Il faut que Vallourec arrĂȘte de mettre des bĂątons dans les roues de ce projet de reprise", a-t-il rĂ©pĂ©tĂ©.

- © 2018 AFP

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