Dénucléarisation nord-coréenne

Nouveau contretemps dans les négociations

  • PubliĂ© le 7 novembre 2018 Ă  13:30
  • ActualisĂ© le 7 novembre 2018 Ă  13:35
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo lors d'une conférence de presse à Washington, le 23 octobre 2018

Nouveau contretemps dans les négociations sinueuses sur la dénucléarisation de la Corée du Nord: le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a reporté à la derniÚre minute, et sans avancer de raison, une rencontre prévue jeudi avec le bras droit de Kim Jong Un.

Cette réunion, qui devait avoir lieu à New York avec Kim Yong Chol, un des plus proches collaborateurs du dirigeant nord-coréen, sera organisée à nouveau "à une date ultérieure", "quand nos agendas respectifs le permettront", a simplement annoncé mardi en fin de soirée la porte-parole du département d'Etat américain Heather Nauert.

Mike Pompeo devait profiter de ce nouveau rendez-vous pour tenter d'arracher des progrÚs concrets dans le dossier épineux de la dénucléarisation et pour préparer un nouveau sommet entre le président américain Donald Trump et Kim Jong Un.
"Les discussions en cours se poursuivent", a assuré Heather Nauert. "Les Etats-Unis restent concentrés sur le respect des engagements pris par le président Trump et le président Kim au sommet de Singapour en juin".
Interrogée par l'AFP sur les motifs de ce report, elle n'a pas souhaité faire davantage de commentaires.

Mais à Séoul, Yang Moo-jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes, a vu un mauvais signe dans ce report.
"Cette annonce de report à la derniÚre minute n'est pas un bon signe car elle indique que les négociations n'avancent pas suffisamment bien pour permettre la tenue de la réunion", a-t-il dit.
Le ministÚre sud-coréen des Affaires étrangÚres a jugé le report "regrettable" mais estimé que les "interprétations exagérément pessimistes" ne se justifiaient pas.
"Il y a déjà eu par le passé des exemples de reports de discussions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, ce qui fait qu'il n'y a pas de raison de troquer l'espoir pour l'inquiétude", a déclaré aux journalistes un haut responsable du ministÚre.

A Singapour, lors de leur premier tĂȘte-Ă -tĂȘte historique, en juin, l'homme fort de Pyongyang avait promis au prĂ©sident des Etats-Unis d'oeuvrer en faveur d'une "dĂ©nuclĂ©arisation complĂšte de la pĂ©ninsule corĂ©enne".
Mike Pompeo a ensuite été chargé de négocier, notamment avec Kim Yong Chol, l'un des plus hauts dirigeants nord-coréens, le contenu et le calendrier de cet engagement encore vague. Mais ces négociations de suivi patinent et ont déjà subi plusieurs coups de frein.

Menace nord-coréenne

Début juillet, le secrétaire d'Etat américain était ainsi rentré bredouille d'une visite en Corée du Nord, et fin août, Donald Trump avait annulé à la derniÚre minute un autre déplacement prévu de son ministre à Pyongyang, reconnaissant pour la premiÚre fois l'absence de progrÚs suffisants.

Depuis, les négociations semblaient relancées avec, en ligne de mire, un deuxiÚme sommet dans un futur proche.
"Nous aurons une bonne occasion de poursuivre les discussions autour de la dénucléarisation", avait déclaré dimanche Mike Pompeo en annonçant sa prochaine rencontre avec Kim Yong Chol.
"Je m'attends à ce que nous fassions de réels progrÚs, notamment pour que le sommet entre nos deux dirigeants puisse se tenir", avait-il ajouté.
Mais le régime reclus avait refroidi l'atmosphÚre en menaçant, la semaine derniÚre, de reprendre le développement de son arsenal nucléaire si les sanctions qui étouffent son économie n'étaient pas levées.

C'est le principal point d'achoppement dans ce rapprochement spectaculaire entre les deux pays ennemis, dont les dirigeants échangeaient invectives et menaces de guerre nucléaire il y a encore un an et affichent désormais leur bonne entente.

Pyongyang, qui a cessé les tirs de missiles et essais atomiques mais n'a jusqu'ici pris aucune mesure considérée comme irréversible pour démanteler son programme nucléaire, exige des contreparties américaines pour continuer à avancer.

Et notamment un allÚgement des sanctions internationales, avec le soutien plus ou moins explicite de la Russie et de la Chine, ainsi que de la Corée du Sud, alliée des Etats-Unis mais dont le président Moon Jae-in est déterminé à tourner la page des tensions.

Or Washington promet de maintenir la pression économique tant que la dénucléarisation ne sera pas "définitive et entiÚrement vérifiée".

AFP

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