Matignon

Nouveau gouvernement : Macron discute de "mĂ©thode" avec les partis, sauf le RN et LFI

  • PubliĂ© le 10 dĂ©cembre 2024 Ă  11:49
  • ActualisĂ© le 10 dĂ©cembre 2024 Ă  12:23
Emmanuel Macron Ă  Strasbourg, le 23 novembre 2024

C'est reparti pour un round mardi à l'Elysée, où Emmanuel Macron a invité les cadres des forces politiques, hors RN et LFI, pour essayer de défricher la route lui permettant de nommer un Premier ministre, et surtout d'éviter une censure.

Avoir avoir enchaîné des réunions camp par camp, le chef de l'Etat invite à 17h (heure de La Réunion) les chefs de partis et présidents de groupes parlementaires de la plupart des forces politiques du pays dans une même salle du palais présidentiel.

Qu'attendre de cette réunion qui se tiendra sept jours après la censure de Michel Barnier ? L'entourage d'Emmanuel Macron dit espérer "avancer sur un accord concernant une méthode" pour la nomination d'un nouveau chef de gouvernement, et renvoyer même la balle aux forces politiques.

Pas question pour autant de participer "à un gouvernement +d'intérêt général+ avec LR ou des macronistes ou je ne sais qui", a assuré la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, alors que la seule participation à cette réunion à l'Elysée divise à gauche.

Les socialistes, écologistes et les communistes, membres du Nouveau Front populaire, seront bien là. Mais les Insoumis qui avaient déjà décliné une invitation à l'Elysée, n'ont pas été invités et reprochent à leurs alliés d'aller négocier.

- La gauche divisée -

"On va avoir un échange extrêmement agréable au petit déjeuner", a ironisé le patron des députés communistes André Chassaigne, qui doit rencontrer ses homologues du NFP mardi à 12h (heure de La Réunion)

"Aucune concession, on n'est pas mandaté pour faire ça", a résumé Jean-Luc Mélenchon en meeting lundi soir en Bretagne, prédisant que ces tractations n'aboutiront pas.

Divergence de vues : dans un courrier adressé lundi soir à Emmanuel Macron, les cadres du PS expriment, eux, leur "conviction que seuls le dialogue républicain et la confrontation des points de vue peuvent permettre de trouver une issue à cette situation de blocage préjudiciable aux Françaises et aux Français".

En posant toutefois trois conditions: aucune participation à un gouvernement dirigé par la droite ou dit "technique"; "un véritable changement de cap politique" sur des sujets comme "les retraites, le pouvoir d'achat, la justice fiscale"... et que soit nommé un Premier ministre de gauche.

Une dernière hypothèse déjà jugée "pas crédible" par le chef des députés Droite républicaine Laurent Wauquiez, qui a assuré ses troupes que la réunion de mardi ne pourrait qu'être une occasion de parler de "la méthode pour obtenir une non-censure" et "en aucun cas (d'une) participation à un gouvernement ou sur un programme".

- "Faute morale" -

Le Rassemblement national, pièce maîtresse de la chute du gouvernement Barnier, n'a pas non plus été convié mardi. "Le critère c'est la logique de compromis, ni le RN ni LFI ne l'ont souhaité", explique l'entourage du Président. "Une faute morale" pour Eric Ciotti, patron des députés UDR alliés au RN.

"Ça nous rend service", a répliqué le président du RN Jordan Bardella interrogé par BFMTV. "Ils voudraient installer le match RN/LFI en 2027 qu'ils ne s'y prendraient pas autrement".

En revanche le patron du parti lepéniste appelle toujours le futur Premier ministre à le recevoir, lui et la cheffe de file Marine Le Pen, pour qu'ils soulignent à nouveau leurs lignes rouges programmatiques.

La réunion de mardi à l'Elysée ne semble toutefois pas destinée à avancer sur le fond des programmes. Et elle ne fait pas l'unanimité sur la forme chez les soutiens d'Emmanuel Macron.

"Il se trompe, ce n'est pas à lui de faire la majorité, c'est à son Premier ministre", estime un compagnon de route.

- Le patron du MoDem François Bayrou pressenti -

Pressenti parmi les favoris pour prendre la tête du gouvernement, le patron du MoDem François Bayrou s'est aussi montré sceptique, selon des sources au parti. Et l'éventuelle arrivée à Matignon de l'expérimenté centriste hérisse la gauche, qui y voit la poursuite de l'aventure macroniste.

Jean-Yves Le Drian, Catherine Vautrin, Sébastien Lecornu... les noms continuent de s'empiler dans les discussions politiques comme dans les articles, dans l'attente du choix d'Emmanuel Macron qui avait annoncé jeudi qu'il trancherait "dans les prochains jours".

"Les choses sont claires pour nous : Emmanuel Macron ne peut pas être à la manœuvre des négociations. Passée la réunion de (mardi), il doit s'effacer", estime Marine Tondelier.

"Mais ce n'est pas quelqu'un qui aime être passif", prévient un soutien de longue date.

AFP

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4 Commentaires
Missouk
Missouk
1 an

Le RN et ses alliés du groupe CIotti et LFI représentent 37% de l'Assemblée Nationale (sans compter ceux du groupe " Outre-Mer", très proches de LFI)... La démocratie selon Macron ! Très clairement, il cherche à affaiblir la gauche en tentant de la diviser. J'espère que le PS ne se fera pas avoir par cette basse manoeuvre politicienne!

HULK
HULK
1 an

Il n'y a pas de "méthode" à discuter. Il suffit d'écouter MACRON pour comprendre que cet homme ne veut rien lâcher. De manoeuvre en magouilles politicardes on se dirige vers la même issue : une motion de censure pour le prochain gouvernement. A ignorer, voire mépriser 20 millions d'électeurs, il est dans son attitude habituelle,en l'occurrence la négation de la démocratie.

parce que vous Êtes gouvernés par Les Ratés En Mo
parce que vous Êtes gouvernés par Les Ratés En Mo
1 an

Tellement arrogant, le gamin à l' Elysée plane au lieu de rassembler ...

Il lui faut des carpettes du système l'état profond, des médias maenstream ...

Nous lé totoché avec ce gamin !!!

Phil
Phil
1 an

Macron doit partir , point !