"Une hausse dangereuse de la température"

Nouveau record de CO2 dans l'atmosphĂšre selon l'ONU en 2016

  • PubliĂ© le 30 octobre 2017 Ă  14:38
  • ActualisĂ© le 30 octobre 2017 Ă  15:10
La vallée de San Fernando, en Californie, couverte de brume, le 10 mars 2017

La concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphÚre, responsable du réchauffement climatique, a atteint un niveau record en 2016, a averti lundi l'Organisation météorologique mondiale (OMM), qui met en garde contre "une hausse dangereuse de la température".


"La derniÚre fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c'était il y a 3 à 5 millions d'années: la température était de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mÚtres par rapport au niveau actuel", en raison de la fonte des nappes glaciaires, a rappelé l'agence de l'ONU dans son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre.
Selon l'OMM, cette "montée en flÚche" du niveau de CO2 est due à "la conjonction des activités humaines et d'un puissant épisode El Niño", phénomÚne climatique qui apparait tous les 4 ou 5 ans et se traduit par une hausse de la température de l'océan Pacifique, ce qui provoque des sécheresses et de fortes précipitations.
"Alors qu'elle était de 400 parties par million (ppm) en 2015, la teneur de l'atmosphÚre en dioxyde de carbone (...) a atteint 403,3 ppm en 2016" et "représente désormais 145% de ce qu'elle était à l'époque pré-industrielle (avant 1750)", précise le rapport rendu public à GenÚve, siÚge de l'OMM.

Les chercheurs se basent sur les carottes de glace pour déterminer les variations de la teneur en CO2 dans l'atmosphÚre au cours du temps.
"Si l'on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, nous allons au-devant d'une hausse dangereuse de la température d'ici la fin du siÚcle, bien au-delà de la cible fixée dans l'Accord de Paris sur le climat", a averti le secrétaire général de l'OMM, le Finlandais Petteri Taalas. "Les générations à venir hériteront d'une planÚte nettement moins hospitaliÚre".
Depuis l'Úre industrielle, soit depuis 1750, la croissance démographique, la pratique d'une agriculture de plus en plus intensive, une plus grande utilisation des terres, la déforestation, l'industrialisation et l'exploitation des combustibles fossiles à des fins énergétiques provoquent une augmentation de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre, dont le principal est le CO2.

"Le CO2 persiste dans l'atmosphĂšre pendant des siĂšcles et dans l'ocĂ©an, encore plus longtemps. Selon les lois de la physique, la tempĂ©rature sera nettement plus Ă©levĂ©e et les phĂ©nomĂšnes climatiques plus extrĂȘmes Ă  l'avenir. Or, nous n'avons pas de baguette magique pour faire disparaĂźtre cet excĂ©dent de CO2 atmosphĂ©rique", a soulignĂ© M. Taalas.
Pour Erik Solheim, chef de l'agence ONU-Environnement, "le temps presse".
"Les chiffres ne mentent pas. Nos Ă©missions continuent d'ĂȘtre trop Ă©levĂ©es et il faut renverser la tendance (...) Nous disposons dĂ©jĂ  de nombreuses solutions pour faire face Ă  ce dĂ©fi. Il ne manque que la volontĂ© politique", a-t-il dit.

AFP

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