Quelques centaines de policiers se sont rassemblées mercredi midi, prÚs du siÚge de la préfecture de police de Paris, prÚs de dix jours aprÚs des annonces du ministre de l'Intérieur sur l'abandon prochain d'une technique d'interpellation controversée et la lutte contre le racisme chez les forces de l'ordre.
A l'appel des deux principaux syndicats de gardiens de la paix, UnitĂ©-SGP et Alliance, ces policiers qui pour une trĂšs grande majoritĂ©, Ă©taient en tenue civile, ont demandĂ© une "plus grande reconnaissance" et l'"arrĂȘt de la stigmatisation" de leur profession, selon les propos d'un manifestant qui a souhaitĂ© garder son anonymat.
Depuis le 8 juin, des policiers organisent des rassemblements partout en France pour protester contre l'annonce par Christophe Castaner de l'abandon de la clé d'"étranglement", aprÚs un week-end de mobilisations contre les violences policiÚres. Le ministre avait également demandé la suspension de policiers en cas de +soupçon avéré+ de racisme avant de reconnaßtre une maladresse.
"Les propos du ministre de l'IntĂ©rieur ont Ă©tĂ© un dĂ©clencheur mais le mal est profond", a dĂ©clarĂ© mercredi, GrĂ©gory Joron, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint du syndicat UnitĂ©-SGP. "Maintenant on essaye d'encadrer la colĂšre de la base et d'aller chercher tous les dossiers, notamment sur l'agenda social: les cycles horaires, la question des carriĂšres, la fusion des grades ou le statut des travailleurs de nuit", a poursuivi le syndicaliste. "On a les mĂȘmes maux que les soignants et on essaye de remettre l'humain au centre des dĂ©bats", a-t-il complĂ©tĂ©.
Ivan Assioma, secrétaire national Ile-de-France du syndicat Alliance, évoque des sentiments de "colÚre, frustration et amertume" ressentis par les policiers aprÚs les propos de Christophe Castaner. "C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase "On a entendu les mots du chef de l'Etat qui a déclaré que les forces de l'ordre méritaient le soutien de la Nation (dimanche lors de son allocution) mais il faut maintenant des actes", a complété le syndicaliste.
"Il faut davantage de fermeté pour les agresseurs de policiers et régler les problÚmes de la délinquance. Ca passe par une réponse pénale plus forte mais aussi par un plan de modernisation de la police. Le dernier date du plan BAC-PSIG en 2015-2016", a-t-il complété.
"Depuis les attentats, la police a toujours répondu présente et on s'attendait à tout sauf à une remise en cause. Il y a une rupture de confiance qui dépasse le ministre et touche tout le gouvernement", a souligné M. Assioma.
AFP


