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Nouvelle poussée anti-avortement aux Etats-Unis

  • PubliĂ© le 18 dĂ©cembre 2016 Ă  14:01
Un manifestant anti-IVG Ă  Washington, le 25 janvier 2016

Revigorés par l'arrivée prochaine à la Maison Blanche de Donald Trump, les opposants américains à l'avortement se mobilisent, adoptant des mesures anti-IVG draconiennes qui flirtent parfois avec les libertés constitutionnelles.


Dans plusieurs Etats du pays, cette semaine qui s'achÚve a donné des sueurs froides aux "Pro choice", les partisans du droit des femmes à choisir leur contraception et d'un avortement encadré par la loi.
Ainsi, dans l'Ohio, le gouverneur républicain John Kasich, qui fut candidat à la primaire républicaine pour la présidentielle, a apposé mardi sa signature sur une loi interdisant l'avortement dÚs la vingtiÚme semaine de grossesse.
Ce texte ne prévoit pas d'exception possible en cas de fécondation consécutive à un viol ou à un inceste.
La limite de 20 semaines est un pari risquĂ©, la Cour suprĂȘme des Etats-Unis ayant jugĂ© que les Etats ne pouvaient interdire Ă  une femme d'avorter tant que son foetus n'Ă©tait pas viable, un seuil que les experts Ă©valuent autour de 24 semaines.
- 'Heartbeat bill' -
Mais la situation aurait pu ĂȘtre pire pour les dĂ©fenseurs de l'IVG. M. Kasich a en effet opposĂ© son veto Ă  un autre volet de la loi, surnommĂ© "heartbeat bill", qui entendait bannir l'avortement dĂšs que le battement du coeur du foetus Ă©tait dĂ©tectable, c'est-Ă -dire parfois mĂȘme avant qu'une femme sache qu'elle est enceinte.
Dans le Tennessee, une femme qui avait tenté de se faire avorter à 24 semaines en utilisant le crochet métallique d'un cintre a récemment été visée par des nouvelles charges criminelles renforcées.
Cette affaire illustre selon les défenseurs de l'avortement la peur accrue des femmes et un retour en arriÚre évoquant le temps de la clandestinité.
Convaincus que le vent a tourné en leur faveur avec la victoire électorale de Donald Trump le 8 novembre, les "Pro life" se sentent en effet pousser des ailes, de leur propre aveu.
Cette semaine, l'organisation anti-avortement Americans United for Life (AUL) a ainsi rendu public un imposant rapport de plus de 200 pages, dénonçant les "conditions atroces" régnant selon elle dans 227 centres d'IVG de 32 Etats.
L'objectif affiché de ce rapport est "d'offrir un outil aux législateurs dans la perspective des sessions parlementaires de 2017 dans les Etats", a expliqué Denise Burke, une responsable d'AUL. En clair, le mot d'ordre est lancé de multiplier les textes législatifs anti-avortement.
Les républicains conservateurs et les chrétiens évangéliques opposés à l'avortement caressent en effet beaucoup d'espoirs sur l'année qui va s'ouvrir.
Il faut dire que Donald Trump s'est choisi un vice-président et un ministre de la Justice, Mike Pence et Jeff Sessions, qui sont tous les deux "Pro life".
On s'attend d'autre part à ce que le futur ministre de la Santé, Tom Price, mÚne une guérilla contre le planning familial et le remboursement de la contraception par les plans de couverture santé.
Le prĂ©sident Ă©lu s'est par ailleurs engagĂ© Ă  nommer Ă  la Cour suprĂȘme des juges farouchement opposĂ©s Ă  l'avortement, en prĂ©cisant que ce nouveau rapport de force Ă  la haute juridiction pourrait Ă  terme dĂ©boucher "automatiquement" sur l'annulation de "Roe V. Wade", l'arrĂȘt emblĂ©matique qui a lĂ©galisĂ© l'avortement en 1973 aux Etats-Unis.
- Incinération des foetus -
Ce jugement a fait l'objet d'assauts répétés de la part des "Pro life", qui font preuve d'une grande imagination pour dresser des obstacles pour les femmes qui souhaitent se faire avorter.
Dans l'Oklahoma, la cour suprĂȘme locale a ainsi rejetĂ© mardi une nouvelle loi qui imposait aux mĂ©decins avorteurs de disposer d'un droit d'admission de leurs patientes dans un hĂŽpital local situĂ© Ă  maximum 30 miles (48 km) de leur cabinet.
Mi-décembre au Texas, un autre juge a lui suspendu une loi qui obligeait les centres d'IVG à incinérer ou mettre en terre les résidus foetaux post-avortement.
La Cour suprĂȘme des Etats-Unis avait pourtant rĂ©affirmĂ© fin juin avec force le droit des femmes Ă  se faire avorter, une question passionnelle qui n'a cessĂ© de dĂ©chirer les AmĂ©ricains.
Mais cet arrĂȘt pourrait bien ĂȘtre la derniĂšre grande victoire des "Pro choice" avant longtemps.

Par Murielle KASPRZAK - © 2016 AFP
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