Son visa a été annulé une deuxiÚme fois

Novak Djokovic retourne en rétention en Australie

  • PubliĂ© le 15 janvier 2022 Ă  05:53
  • ActualisĂ© le 15 janvier 2022 Ă  08:07
Le Serbe Novak lors d'un match de l'Open d'Australie à Melbourne, le 12 février 2021

Le numéro un mondial de tennis Novak Djokovic a été renvoyé en rétention administrative samedi à Melbourne aprÚs l'annulation de son visa pour la deuxiÚme fois par le gouvernement australien, qui soutient que le joueur non-vacciné contre le Covid-19 constitue un danger public.

Ce nouvel épisode d'une saga qui a débuté le 5 janvier, lorsque Djokovic a été refoulé à son arrivée à Melbourne, rend de plus en plus improbable une participation du Serbe de 34 ans à l'Open d'Australie, qui démarre lundi. Djokovic brigue une 10e victoire dans ce tournoi, laquelle constituerait un 21e titre record en Grand Chelem.

La présence en Australie de Djokovic "pourrait encourager le sentiment anti-vaccination" et "déclencher une recrudescence des troubles civils", a affirmé le ministre de l'Immigration, Alex Hawke, dans un document présenté devant la justice.

Selon des documents judiciaires, Novak Djokovic, qui avait été convoqué dans la matinée par les services d'immigration, se trouvait samedi dans un centre de rétention de Melbourne dans l'attente d'une décision judiciaire sur son cas.

Des audiences en référé sont prévues samedi et dimanche devant une Cour fédérale, et les autorités ont indiqué vendredi soir qu'elles n'expulseraient pas le tennisman d'Australie avant que les juges ne se soient prononcés.

Le joueur n'est autorisé à quitter le centre de rétention que pour suivre, en ligne, les audiences judiciaires le concernant depuis les bureaux de ses avocats, et sous la surveillance d'agents de la police aux frontiÚres.

C'est la deuxiĂšme fois que le gouvernement australien tente de chasser Djokovic du pays. "Nole", un vaccino-sceptique notoire, avait Ă©tĂ© bloquĂ© Ă  son arrivĂ©e en Australie le 5 janvier et placĂ© une premiĂšre fois en rĂ©tention administrative. Le joueur, qui a contractĂ© le Covid-19 en dĂ©cembre, espĂ©rait bĂ©nĂ©ficier d'une exemption pour entrer dans le pays sans ĂȘtre vaccinĂ©, mais les autoritĂ©s n'ont pas acceptĂ© cette explication.

Le gouvernement australien a subi un humiliant revers le 10 janvier quand un juge a bloqué l'expulsion de Djokovic, rétabli son visa et ordonné sa libération immédiate. Le Serbe a alors pu reprendre son entraßnement en vue de l'Open d'Australie.

Finalement, le ministre de l'Immigration a de nouveau annulé son visa vendredi en vertu de son pouvoir discrétionnaire et "sur des bases sanitaires et d'ordre public", une mesure difficile à contester en justice.

- "Risque sanitaire" -

Dans ses conclusions déposées samedi devant la Cour, le ministre a soutenu que la présence de Djokovic dans le pays "est susceptible de représenter un risque sanitaire pour la communauté australienne", car elle encourage selon lui le sentiment anti-vaccination et pourrait dissuader les Australiens de se faire injecter leurs doses de rappel, alors que le variant Omicron continue à se répandre à grande vitesse.

Tout en admettant que le risque pour que Djokovic contamine lui-mĂȘme des Australiens est "nĂ©gligeable", le ministre a estimĂ© que son "mĂ©pris" passĂ© des rĂšgles sanitaires contre le Covid-19 constitue un mauvais exemple, et donc un risque pour la santĂ© publique.

Le ministre "ne cite aucune preuve" à l'appui de ses arguments, ont rétorqué les avocats du joueur. Dans un communiqué publié mercredi sur les réseaux sociaux, Djokovic a admis avoir rempli incorrectement sa déclaration d'entrée en Australie, et n'avoir pas respecté les rÚgles d'isolement aprÚs avoir été testé positif au Covid-19 en décembre.

Le champion, vu en Serbie et en Espagne dans les deux semaines précédant son arrivée, contrairement à ce qu'il a déclaré dans le formulaire d'immigration à son arrivée, a plaidé "l'erreur humaine".

Les rĂȘves d'un 10e titre Ă  Melbourne s'Ă©loignent d'autant plus que cette annulation de visa, si elle est confirmĂ©e par la justice, implique que Djokovic sera interdit d'entrĂ©e dans le pays pendant trois ans, sauf circonstances exceptionnelles.

Ce feuilleton Ă  rebondissements autour du champion de tennis se dĂ©roule dans un pays dont les habitants ont endurĂ© pendant prĂšs de deux ans des restrictions anti-Covid parmi les plus strictes au monde, et oĂč des Ă©lections sont prĂ©vues d'ici mai. D'oĂč un contexte politique chargĂ©. La pression s'est intensifiĂ©e autour du Premier ministre conservateur Scott Morrison, accusĂ© d'"incompĂ©tence" par l'opposition travailliste.

La saga est aussi suivie assidument en Serbie, oĂč des responsables politiques Ă©rigent la star en hĂ©ros national. Vendredi, le prĂ©sident serbe Aleksandar Vucic a de nouveau apportĂ© son soutien au joueur, accusant l'Australie de le "maltraiter".

AFP

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