Barack Obama prononce lundi un discours attendu en Allemagne sur les relations transatlantiques et invite les principaux dirigeants europĂ©ens en mini-sommet, Ă un moment oĂč Washington s'inquiĂšte de l'affaiblissement de l'UE face aux crises multiples.
Le prĂ©sident amĂ©ricain achĂšve Ă Hanovre (nord) une visite de deux jours en Allemagne, derniĂšre Ă©tape d'un pĂ©riple qui l'a d'abord conduit en Arabie Saoudite pour tenter de rassurer les monarchies du Golfe, inquiĂštes du rĂ©chauffement des rapports entre les Etats-Unis et l'Iran, puis au Royaume-Uni oĂč il a mis en garde contre une sortie du pays de l'Union europĂ©enne.
La fragilisation de l'Europe face aux multiples défis auxquels elle est confrontée constitue une source d'inquiétude croissante pour l'administration américaine: outre l'éventualité d'un "Brexit" (sortie de la Grande-Bretagne de l'UE), la crise migratoire - qui trouve sa source notamment dans les conflits en Syrie et en Libye -, la menace terroriste de l'organisation jihadiste Etat islamique (EI), la situation toujours instable en Ukraine ou encore la morosité économique persistante sur le continent.
Ces thÚmes seront abordés dans le discours que compte prononcer M. Obama en fin de matinée dans le cadre de la foire industrielle de Hanovre, puis lors d'une réunion dans l'aprÚs-midi avec son hÎte, la chanceliÚre Angela Merkel, ainsi que les chefs de gouvernement britannique et italien, David Cameron et Matteo Renzi, ainsi que le président français François Hollande.
"Le président va discuter des progrÚs réalisés dans ces domaines ces derniÚres années et souligner le travail qu'il reste à faire à l'avenir", a indiqué un membre de son entourage.
La réunion des cinq dirigeants a été mise sur pied à l'initiative du président américain, souligne-t-on dans son entourage. Elle intervient à l'occasion de ce qui s'annonce comme son avant-dernier déplacement en Europe en tant que chef d'Etat, avant le sommet de l'Otan en juillet à Varsovie.
- Syrie et TTIP au menu -
Barack Obama n'arrive pas les mains vides à cette rencontre. Il compte annoncer lundi à Hanovre l'envoi de jusqu'à 250 instructeurs supplémentaires de l'armée américaine en Syrie pour former et assister les forces rebelles modérées, a indiqué dimanche soir un haut responsable américain sous couvert de l'anonymat.
Ce renfort entre dans le cadre d'une "série de mesures visant à accroßtre le soutien" des Etats-Unis auprÚs de ses "partenaires dans la région", en Syrie et en Irak, en lutte notamment contre l'EI, selon ce haut responsable.
Il intervient alors que la Syrie a replongĂ© dans la guerre, aprĂšs huit semaines de trĂȘve, avec des bombardements entre rĂ©gime et rebelles. M. Obama s'est dit dimanche prĂ©occupĂ© par cette dĂ©gradation et a dit vouloir "rĂ©tablir" le cessez-le-feu en lambeaux.
Depuis vendredi, un total d'au moins 63 civils sont morts Ă Alep, citĂ© du nord-ouest de la Syrie qui vit de nouveau au rythme des bombardements aĂ©riens et tirs d'obus, aprĂšs une pĂ©riode de calme relatif liĂ© Ă la trĂȘve initiĂ©e par les Etats-Unis et la Russie et entrĂ©e en vigueur le 27 fĂ©vrier.
M. Obama a toutefois rejeté l'idée d'envoyer des troupes américaines combattre au sol en Syrie ou d'instaurer par la force des zones de protection pour les civils.
Le président américain devrait aussi à nouveau plaider, lors de la réunion à cinq, pour la conclusion d'un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l'UE, connu sous son acronyme de TTIP ou Tafta, alors que les négociations patinent.
M. Obama a dit dimanche vouloir boucler les négociations "cette année", tout en reconnaissant qu'il était trop tard désormais pour le faire ratifier par le CongrÚs américain d'ici à son départ de la Maison Blanche en janvier 2016.
La chanceliÚre Angela Merkel lui a apporté son soutien, en affirmant que l'accord "profiterait à l'économie européenne".
Mais les opinions publiques, tant en Europe qu'aux Etats-Unis, sont de plus en plus sceptiques sur l'intĂ©rĂȘt d'un tel traitĂ©.
Par John HADOULIS - © 2016 AFP
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