Gros lifting

Objectif "Gold" pour 2024 : la Tour Eiffel s'offre une cure de jouvence

  • PubliĂ© le 3 fĂ©vrier 2021 Ă  22:40
  • ActualisĂ© le 4 fĂ©vrier 2021 Ă  05:13
Des cordistes repeignent la Tour Eiffel le 1er février 2021 à Paris

Le ballet des visiteurs a été remplacé par celui des peintres et les flashes des téléphones par le raclement des grattoirs : à presque 132 ans, la Tour Eiffel s'offre le plus gros lifting de son histoire dans la perspective des Jeux Olympiques de 2024.

Pour sa 20e campagne de peinture, la célÚbre dame de fer, l'un des monuments les plus fréquentés au monde dans l'Úre pré-Covid, n'a pas fait les choses à moitié: exit, sur l'arc sud, les 19 couches de peinture précédentes dont l'épaisseur pouvait atteindre 3 mm.

Exit Ă©galement la couleur "Brun Tour Eiffel" qui revĂȘtait depuis 1968 l'Ă©difice de 324 mĂštres, symbole de Paris avec Notre-Dame et la Basilique du SacrĂ© Coeur de Montmartre. La Tour, qui Ă  l'origine Ă©tait rouge lors de sa prĂ©sentation dans l'exposition universelle de 1889, va retrouver la couleur "jaune-brun", voulue par Gustave Eiffel en 1907.

"Ca va donner un cÎté un peu plus +gold+ à la Tour Eiffel au moment des JO par rapport à la couleur qu'on avait l'habitude de voir", souligne Patrick Branco Ruivo, directeur général de la Sete, la société d'exploitation du monument. "On peut d'ores et déjà voir la nouvelle couleur quand on regarde le sommet. Ce n'est pas révolutionnaire, mais quand il y a un beau ciel bleu sur Paris, on voit des effets un peu métalliques, brillants", ajoute-t-il.

- Protocole renforcé -

Entamé en 2019 pour une fin programmée en novembre 2022, le chantier - décapage et peinture - est titanesque au vu des 18.000 piÚces reliées par 2,5 millions de rivets. Chiffrée à 50 millions d'euros, l'opération a nécessité un protocole sanitaire renforcé pour le décapage compte tenu de la présence de plomb dans les peintures précédentes.

Aux Ă©quipements spĂ©cifiques et espaces de dĂ©contamination se sont ajoutĂ©s une cinquantaine de prĂ©lĂšvements par semaine sur le chantier et dans les diffĂ©rents espaces de la Tour, Ă©numĂšre Alain Dumas, directeur technique de la Sete. "On est extrĂȘmement prudent en matiĂšre de sĂ©curitĂ©, c'est notre prioritĂ©", assure-t-il, quelques semaines aprĂšs la publication d'un article faisant Ă©tat de trois relevĂ©s supĂ©rieurs Ă  la normale. "Une semaine aprĂšs, on a refait une mesure aux emplacements indiquĂ©s et on avait des valeurs tout Ă  fait satisfaisantes et infĂ©rieures au seuil requis".

Le décapage ne concerne à ce stade que 2% de la structure et se concentre sur l'arc qui donne sur le Champ-de-Mars, le plus soumis au vent, à la pluie et au soleil, et de fait le plus dégradé.

Une dĂ©gradation prĂ©vue par Gustave Eiffel qui avait lui-mĂȘme prĂ©conisĂ© de renouveler la couche de peinture tous les sept ans. Un rythme respectĂ© depuis, avec cette annĂ©e un changement de nuance. "Pourquoi Gustave Eiffel a-t-il choisi la couleur jaune-brun? Sans doute pour que la Tour Eiffel soit en Ă©cho avec l'ensemble de la grande ville de Paris, ville de pierre de taille, de pierre calcaire", souligne Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des monuments historiques.

- Accrobranche -

A plusieurs centaines de mÚtres au-dessus du sol, équipés de harnais, d'outils et d'un pot de peinture, les peintres passent d'une piÚce à une autre. Suspendus par des cordes, ils gravitent autour des 20.000 petites lampes qui font scintiller chaque soir à la tombée de la nuit la Tour pendant cinq minutes toutes les heures.

"On se dĂ©place la plupart du temps comme sur un parcours d'accrobranche", explique Antoine Olhagaray, peintre cordiste de 22 ans. Avec "une vue en plus", complĂšte Ă  ses cĂŽtĂ©s Charles-Henry Piret: "On n'a pas l'occasion tous les jours d'ĂȘtre suspendu sur une corde Ă  300 m de haut".

Ont-ils l'impression d'ĂȘtre, prĂšs de 70 ans aprĂšs, les descendants du peintre de la Tour Eiffel immortalisĂ© par Marc Riboud en 1953? "On est dans la continuitĂ©", estime Charles-Henry qui se dit prĂȘt Ă " reproduire cette photo version 2021". A une diffĂ©rence prĂšs: eux poseraient retenus par des cordes quand leur "ancĂȘtre" posait nonchalamment, cigarette au bec et chapeau sur la tĂȘte, tenant d'une main un pinceau et de l'autre un pilier de la Tour, la ville Ă  ses pieds.

AFP

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1 Commentaires
valentin
valentin
5 ans

La prévention des risques professionnels d?exposition au plomb dans les ouvrages anciens est pessentielle : l?interdiction d'emploi de composés de plomb (carbonate de plomb ou céruse, sulfate de plomb) dans tous les travaux de peinture et l?interdiction des canalisations en plomb, expose néanmoins les travailleurs dans les bùtiments ou ouvrages anciens, dans les travaux de réfection.
Les risques concernent les peintres, les menuisiers, charpentiers, ébénistes intervenant sur des éléments recouverts de peinture au plomb ou sur bois anciennement cérusés et les ouvriers de démolition de vieux bùtiments, dont les couvreurs déposant les vieilles couvertures au plomb : https://www.officiel-prevention.com/dossier/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-chimique-2/la-prevention-des-risques-professionnels-dexposition-au-plomb