Le gouvernement britannique rencontrera lundi des responsables d'Oxfam, dans la tourmente depuis la publication d'informations selon lesquelles des responsables de l'ONG ont engagé de jeunes prostituées à Haïti en 2011 au cours d'une mission consécutive au séisme qui avait ravagé le pays en 2010.
La secrétaire d'Etat du Développement international, Penny Mordaunt, a annoncé qu'elle s'entretiendrait lundi avec des responsables de l'ONG. "Je leur donne l'occasion de me dire en personne ce qu'ils ont fait aprÚs ces événements et je vais voir s'ils démontrent les qualités morales dont je pense qu'ils ont besoin", a déclaré dimanche matin Mme Mordaunt, interrogée par la BBC
"S'ils ne transmettent pas toutes les informations (qu'ils détiennent sur l'affaire), je ne travaillerai plus avec eux", a-t-elle prévenu. Oxfam reçoit "moins de 10% de son financement total" du département britannique chargé du développement international, a indiqué samedi son PDG, espérant continuer à travailler avec le gouvernement.
Pour la ministre, Oxfam "a pris tout à fait la mauvaise décision" en omettant de transmettre en détails la nature des accusations visant ses employés aux autorités et à la Commission caritative, institution britannique qui contrÎle les organisations humanitaires.
Selon une enquĂȘte du Times publiĂ©e vendredi, des groupes de jeunes prostituĂ©es Ă©taient invitĂ©es dans des maisons et des hĂŽtels payĂ©s par Oxfam. Une source citĂ©e par le quotidien dit avoir vu une vidĂ©o d'une orgie avec des prostituĂ©es portant des T-shirts d'Oxfam. Oxfam, confĂ©dĂ©ration d'organisations humanitaires basĂ©e en Grande-Bretagne, a assurĂ© avoir lancĂ© immĂ©diatement, en 2011, une enquĂȘte interne. Quatre employĂ©s ont Ă©tĂ© licenciĂ©s et trois autres ont dĂ©missionnĂ© avant la fin de cette enquĂȘte, a assurĂ© Oxfam.
Dans un communiqué diffusé dimanche, la nouvelle présidente du conseil d'administration d'Oxfam, Caroline Thomson, a annoncé un ensemble de mesures visant à renforcer la prévention et le traitement des affaires d'abus sexuels. "Nous avons honte de ce qui s'est passé. Nous nous excusons sans réserve", a déclaré Caroline Thomson.
La présidente du conseil d'administration a assuré qu'Oxfam avait fait de "grands progrÚs" depuis 2011 et s'est engagée à en faire encore, en particulier dans le recrutement du personnel. "Nous continuerons de nous attaquer aux problÚmes culturels sous-jacents qui ont permis ce comportement", ajoute-t-elle. Oxfam a "maintenant une culture d'ouverture et de transparence et que nous apprenons pleinement les leçons des événements de 2011".
AFP
