Peines aggravées requises contre les deux auteurs de la campagne de haine ciblant Samuel Paty

  • PubliĂ© le 27 fĂ©vrier 2026 Ă  18:13
  • ActualisĂ© le 27 fĂ©vrier 2026 Ă  18:23
Une plaque commémorative à la mémoire de Samuel Paty, le 16 octobre 2023, prÚs du collÚge du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines

L'accusation a demandé vendredi d'alourdir à vingt ans de réclusion criminelle les peines en appel des deux initiateurs d'une campagne de haine contre Samuel Paty, lancée avant sa décapitation par un jihadiste tchétchÚne pour avoir montré des caricatures du ProphÚte lors d'un cours sur la liberté d'expression.

Contre deux proches de l'assassin, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, "compagnons de route" d'Abdoullakh Anzorov, le parquet général a en outre demandé seize ans de réclusion pour complicité d'assassinat.

Bien qu'ils s'en dĂ©fendent, ils avaient "conscience du projet terroriste de leur ami" mĂȘme s'ils "n'avaient pas connaissance" de ses modalitĂ©s, estime une des deux avocates gĂ©nĂ©rales. Elle a demandĂ© Ă  la cour d'assises spĂ©ciale de Paris d'ordonner une pĂ©riode de sĂ»retĂ© des deux-tiers durant laquelle aucun amĂ©nagement de peine ne serait envisageable.

Cette mesure a également été requise contre Brahim Chnina, 54 ans, et le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, rejugés depuis fin janvier par la cour d'assises spéciale de Paris pour cette cabale en ligne ciblant le professeur du collÚge du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Les deux hommes avaient interjeté appel de leur condamnation en premiÚre instance à 13 et 15 années de réclusion criminelle.

Ils ne connaissaient pas Anzorov, tué aprÚs son crime par la police qu'il menaçait. Mais ils n'avaient mis un terme à leur cabale en ligne qu'aprÚs la décapitation du professeur d'histoire-géographie le 16 octobre 2020 prÚs de son établissement.

"On ne reproche pas à Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui des actes préparatoires à l'attentat commis par Anzorov. Ce qu'on leur reproche, c'est des actes préparatoires à tous les Anzorov potentiels", déclare une des deux avocates générales.

Leur action et la dĂ©signation d'une cible ne peut ĂȘtre mise sous le coup de l'impulsion vite rĂ©primĂ©e. Elle "dure dix jours, du 7 octobre au 16 octobre", relĂšve la magistrate, dans un rĂ©quisitoire minutieux, s'employant, point par point, Ă  priver d'oxygĂšne la dĂ©fense qui doit plaider vendredi et samedi.

La cabale a semĂ© au collĂšge une "terreur" qui "Ă©tait lĂ  avant mĂȘme l'entrĂ©e en scĂšne du terroriste Anzorov": "On leur reproche eux d'avoir créé les conditions d'un passage Ă  l'acte terroriste."

- L'école, "fondement de la République" -

"Jamais un dossier de terrorisme n'aura revĂȘtu autant d'enjeux sociĂ©taux", poursuit la magistrate, insistant sur la nĂ©cessaire protection de l'Ă©cole, "fondement de la RĂ©publique".

"L'accusation cherche Ă  faire un exemple et Ă  ce que la cour d’assises rĂ©pondent Ă  des enjeux sociĂ©taux, lĂ  oĂč elle ne devrait ĂȘtre tenue que par le droit", a commentĂ© un des avocats d'Abdelhakim Sefrioui, Me Vincent Brengarth.

Le crime a traumatisé la communauté enseignante et avait jeté l'effroi dans un pays sous tension, avec notamment des menaces d'Al-Qaïda aprÚs la republication de ses caricatures par Charlie Hebdo à l'occasion du procÚs des attentats de janvier 2015.

Les deux hommes affirment n'avoir eu ni conscience de l'assassinat à venir ni intention qu'il advienne. Ils disent également n'avoir pas été mus par la question du blasphÚme et des caricatures, invoquée par Anzorov dans la revendication de son crime.

Brahim Chnina a parlé du sentiment d'injustice d'un pÚre à qui sa fille avait dit avoir dû quitter la classe parce que Samuel Paty aurait fait sortir les musulmans au moment de montrer les caricatures. Elle avait menti: exclue pour indiscipline, elle n'assistait pas à ce cours.

Quant à Abdelhakim Sefrioui, qui avait contacté Brahim Chnina au début de la campagne en qualité revendiquée de représentant du Conseil des imams de France, il n'aurait été animé que par sa conviction que le professeur avait stigmatisé les élÚves musulmans.

Une ligne de défense, balayée par l'accusation: "On est bien sur la question du blasphÚme", tranche l'avocate générale, rappelant témoignages et propos passés des deux accusés.

Si Brahim Chnina a exprimé "honte" et regrets, Abdelhakim Sefrioui s'est posé en héraut des droits des musulmans, qui aurait été livré à la "vindicte" publique par les autorités françaises avec la complicité de "médias aux ordres".

Secouant parfois la tĂȘte ou esquissant un sourire ironique, l'ancien dirigeant du Collectif Cheikh Yassine, du nom du fondateur du Hamas palestinien, militant depuis plus de trois dĂ©cennies, a Ă©coutĂ© l'avocate gĂ©nĂ©rale le dĂ©crire comme un "manipulateur", intervenu en croyant dĂ©celer une occasion "de relancer sa carriĂšre d'islamiste politique qui Ă©tait en dĂ©shĂ©rence".

Le verdict est attendu lundi.

AFP

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1 Commentaires
HULK
HULK
6 mois

Il faudrait leur coller le double ces pourritures, çà leur apprendrait