Le point, 4 jours aprÚs les révélations du Canard Enchaßné

"Penelopegate": ce que l'on sait de l'affaire qui embarrasse Fillon

  • PubliĂ© le 28 janvier 2017 Ă  18:35
Penelope (d) et François Fillon, le 26 janvier 2012 à l'Elysée

Employer son Ă©pouse comme assistante parlementaire est-il illĂ©gal? Que risque François Fillon dans l'affaire Penelope? Peut-il ĂȘtre amenĂ© Ă  renoncer Ă  la prĂ©sidentielle? Ce que l'on sait de cette affaire embarrassante pour le candidat de la droite.


- Légal ou pas? Fictif ou pas? -
Sans profession connue, Penelope Fillon est visée par des accusations d'emplois fictifs lancées par Le Canard enchaßné. En cause: 500.000 euros de salaires perçus comme assistante parlementaire de son mari, puis de son suppléant, alors que personne n'avait jusqu'ici entendu parler de cette activité de Mme Fillon.
Cette pratique n'a rien d'illégal, à condition bien entendu que l'intéressé(e) travaille réellement. Mais elle passe mal: 76% des Français veulent que les parlementaires aient interdiction d'embaucher tout membre de leur famille, selon un sondage Odoxa publié vendredi.
Le parquet national financier a ouvert une enquĂȘte prĂ©liminaire, notamment sur des soupçons de "dĂ©tournement de fonds publics", et lancĂ© ses investigations. Une perquisition a Ă©tĂ© menĂ©e Ă  la Revue des Deux Mondes, propriĂ©tĂ© de Marc Ladreit de LacharriĂšre, PDG de Fimalac et ami de M. Fillon, car l'enquĂȘte vise aussi des soupçons d'abus de biens sociaux: Mme Fillon aurait Ă©tĂ© salariĂ©e de cette revue pour environ 5.000 euros brut par mois.

- Fillon risque-t-il une mise en examen avant la présidentielle? -

Probablement pas. Au terme de l'enquĂȘte, le parquet peut classer sans suite le dossier ou, s'il estime avoir rĂ©uni des charges suffisantes, citer directement le ou les mis en cause devant le tribunal pour un procĂšs, sans passer par une mise en examen.
Si l'affaire requiert des investigations complexes, ou pour éloigner toute suspicion de manipulation politique, le parquet peut aussi saisir un juge d'instruction. Difficile alors d'imaginer que des mises en examen interviennent avant l'ouverture de la campagne présidentielle, le 10 avril. D'autant que la justice a pour pratique de s'abstenir de prononcer des mises en examen avant un scrutin.

- Une affaire handicapante? -

AssurĂ©ment. Les dĂ©gĂąts risquent d'ĂȘtre trĂšs lourds dans l'opinion pour celui qui avait fait de "la probitĂ©" son credo. "On ne peut pas diriger la France si on n'est pas irrĂ©prochable", clamait en novembre M. Fillon. Aujourd'hui, seuls 32% des Français le jugent "honnĂȘte", selon Odoxa.
Sa phrase choc contre Nicolas Sarkozy - "Vous imaginez le gĂ©nĂ©ral de Gaulle mis en examen?"- lui revient cruellement en boomerang, dĂ©tournĂ©e par ses rivaux: "Vous imaginez le gĂ©nĂ©ral de Gaulle employant Tante Yvonne Ă  l?ÉlysĂ©e?"

- Couac de communication? -

Visiblement. ÉbranlĂ©s, M. Fillon et son entourage ont montrĂ© un certain flottement, avec des explications parfois contradictoires. Exemple: Bernard Accoyer assure avoir "souvent vu" Penelope Fillon travailler Ă  l'AssemblĂ©e nationale, lĂ  oĂč la porte-parole du candidat, Florence Portelli, explique que "si on n'a pas vu Mme Fillon, c'est parce qu'elle Ă©tait dans la Sarthe".
Semblant anticiper d'autres "boules puantes", M. Fillon a confié jeudi avoir, quand il était sénateur de 2005 à 2007, "rémunéré pour des missions précises deux de (ses) enfants qui étaient avocats, en raison de leurs compétences". ProblÚme: ni sa fille, ni son fils n'étaient alors officiellement avocats. "Imprécision de langage", a tenté de minorer son entourage.

- Un changement de candidat possible? -

ThĂ©oriquement non, mais... "La seule chose qui m'empĂȘcherait d'ĂȘtre candidat, c'est (...) si j'Ă©tais mis en examen", a dit M. Fillon pour tenter de couper court aux interrogations. Dans les statuts du parti Les RĂ©publicains comme dans la charte de la primaire de la droite, rien n'est prĂ©vu si le vainqueur de la primaire renonce Ă  se prĂ©senter Ă  la prĂ©sidentielle ou s'il meurt.
Une nouvelle primaire? Irréaliste à moins de trois mois du premier tour et à sept semaines du dépÎt des parrainages d'élus, selon des ténors LR.
Un candidat de substitution simplement "dĂ©signĂ©"? "Fillon est mort. La question est de savoir si on peut le dĂ©brancher et si oui, quand..." lĂąche un responsable. Son ex-rival, Alain JuppĂ©, a exclu "clairement et dĂ©finitivement" d'ĂȘtre un recours, soulignant que M. Fillon est le "candidat" LR "Ă  l'instant T"!
Stop aux "plans sur la comÚte", a exhorté samedi sur franceinfo Luc Chatel: "Ce qui est important maintenant, c'est de reprendre la main politiquement." Certains fillonistes misent donc sur le "grand discours" de leur candidat dimanche à Paris.
 

 AFP

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1 Commentaires
CHABAN
CHABAN
9 ans

Un plan de secour !