Périscolaire à Paris : nouvelle mise en cause d’Emmanuel Grégoire et d’Anne Hidalgo

  • Publié le 19 juin 2026 à 08:10
Le maire de Paris Emmanuel Grégoire, le 29 mars 2026, à Paris

Après les Insoumis parisiens, des élus de la droite et du centre dont Rachida Dati mettent à leur tour en cause la responsabilité pénale de la Ville dans le scandale des violences sexuelles qui éclabousse le périscolaire, dont ils estiment que le maire PS Emmanuel Grégoire est en partie comptable.

Le signalement fait le 11 juin à la procureure Laure Beccuau, sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale, a été révélé jeudi lors du Conseil de Paris, qui a crée une mission d’information et d’évaluation sur le périscolaire.

"Depuis 2015, plusieurs signalements et alertes (...) ont été portés à la connaissance de responsables politiques et administratifs de la ville, dont Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo", écrivent une vingtaine d’élus de la droite et du centre dont Rachida Dati (LR), co-présidente du premier groupe d’opposition au Conseil de Paris et candidate malheureuse aux municipales.

"Ce refus de prendre en compte en urgence cette situation et de saisir la justice dès la connaissance de ces crimes et délits fait craindre que ces prédateurs ont continué d’agir", ajoutent-ils.

"Vous avez été alertés dès 2015 de faits graves !" a lancé Rachida Dati à Emmanuel Grégoire, qui fut dix ans adjoint à l’Hôtel de ville dont six ans premier adjoint d’Anne Hidalgo.

Contrairement au groupe co-présidé par Sophia Chikirou (LFI), la droite n’avait pas souhaité rendre public son courrier au parquet, envoyé le même jour.

C’est Emmanuel Grégoire qui a interpellé son ancienne rivale. "C’est vrai que vous avez porté plainte au pénal ?", a-t-il demandé à la maire du 7e arrondissement, après avoir ironisé sur le fait qu’il entendait sa voix dans l’hémicycle « pour la première fois depuis trois mois ».

Le nouvel édile de la capitale a engagé en avril un plan d’action à 20 millions d’euros pour le périscolaire, "priorité absolue" de son début de mandat.

Depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus à Paris, dont 52 pour "suspicions de violences sexuelles ou sexistes", dont l’édile a reconnu le caractère "systémique".

- Auditionner "toutes les têtes" -

Il a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête indépendante,présidée par l’ancien juge des enfants Antoine Garapon, et accédé, au bout de deux mois, à la demande de la droite de créer une mission d’information et d’évaluation (MIE) "transpartisane".

Composée de 15 conseillers de Paris désignés à la proportionnelle des groupes, elle sera notamment chargée d’examiner les éventuels dysfonctionnements dans le recrutement d’animateurs, et remettra d’ici six mois au plus tard un rapport au maire.

"Nous allons demander à auditionner toutes les têtes, Emmanuel Grégoire, Anne Hidalgo, Patrick Bloche (son ancien premier adjoint chargé des affaires scolaires, NDLR)... et tous les niveaux de la hiérarchie administrative parisienne", a expliqué à l’AFP Inès de Raguenel (LR).

Lors de débats agités, l’opposition a déploré les "lenteurs" dans la mise en place du plan, estimant notamment que "les protocoles ne sont pas appliqués" pour faire en sorte qu’un animateur ne se retrouve pas seul avec un enfant, comme l’affirme Florence Berthout, maire Horizons du 5e arrondissement.

Emmanuel Grégoire a averti de son côté qu’il porterait "systématiquement plainte" s’il était "dit et sous-entendu qu’à la Ville de Paris puissent être recrutés des pédocriminels".

"C’est comme ça que se construit une omerta", a rétorqué Sophia Chikirou (LFI) dont le signalement au parquet pointe notamment une alerte, dès juin 2015, d’un rapport de l’Inspection générale de la ville resté selon lui "sans effet".

"Je suis choquée par le silence d’Hidalgo depuis son départ' de l’Hôtel de ville, a confié à l’AFP Maud Gatel (MoDem), signataire du courrier.

De son côté, le Sénat a mis en place une mission d’information sur les violences sexuelles dans le périscolaire à l’échelle nationale, dont la sénatrice et conseillère de Paris LR Agnès Evren a été désignée rapporteure.

"Paris n’est que la partie émergée de l’iceberg", a estimé auprès de l’AFP l’élue LR, qui veut établir "une cartographie nationale des violences".

Une convention citoyenne sur les temps de l’enfant, installée par Emmanuel Grégoire, doit, elle, remettre ses conclusions fin juin.

Jeudi matin, plusieurs centaines de personnes, notamment des parents d’élèves de l’école Saint-Dominique à Paris, l’un des épicentres de la crise, se sont rassemblées pour dénoncer l’inaction des pouvoirs publics.

AFP

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