Le Conseil de Paris a adopté mardi le plan d’action à 20 millions d’euros du nouveau maire PS Emmanuel Grégoire destiné à protéger les enfants dans le périscolaire, éclaboussé par des affaires de violences sexuelles sur mineurs à répétition.
"Nous avons pris le sujet à bras le corps", a assuré devant l’assemblée réunie en session extraordinaire le nouvel édile de la capitale, qui a fait du périscolaire la "priorité absolue" de son début de mandat.
Devant l’assemblée, la nouvelle directrice des affaires scolaires, Anne-Claire Boux, a présenté les "excuses" de l’exécutif aux familles concernées, avec lesquelles elle espère "retisser la confiance".
Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles dans des écoles, des chiffres traduisant un caractère "systémique", a reconnu M. Grégoire.
Le plan d’action, annoncé début avril, prévoit une simplification de la chaîne de signalement, avec une cellule d’écoute directement accessible.
Il promet la "transparence totale" aux familles, en leur remettant « systématiquement » les résultats de enquêtes administratives.
La ville s’engage à investir "massivement" dans la formation, en ouvrant une "école du périscolaire" pour professionnaliser la filière de l’animation, très précarisée. Et promet le réaménagement d’espaces "sensibles", comme les toilettes, pour éviter qu’un adulte se retrouve seul avec un enfant.
"Chaque violence sur enfant donnera lieu sans délai à une suspension conservatoire de l’agent concerné, et ces agents mis en cause ne pourront pas retravailler auprès d’enfants à la Ville de Paris", a-t-il prévenu.
A l’ouverture de la séance, plus d’une centaine d’agents du périscolaire se sont rassemblés devant l’Hôtel de ville au démarrage de la séance, à l’appel d’une intersyndicale, pour réclamer des "recrutements massifs" et protester contre les "suspensions arbitraires".
Le plan a été adopté au terme de vifs débats, l’opposition municipale réclamant des comptes l’ancien adjoint d’Anne Hidalgo qu’elle accuse de « déni » sur les multiples dysfonctionnements qui ont conduit au scandale.
eOn ne peut pas faire table rase du passé. Tant que les responsabilités pas établies, nous continuerons à avancer à l’aveugle", a estimé Nelly Garnier (LR), du groupe d’opposition co-présidé par Grégory Canal et Rachida Dati, absente des débats.
Le premier groupe d’opposition demande la mise en place d’une mission d’information et d’évaluation (MIE) et propose l’installation de caméras de vidéosurveillance à l’intérieur des plus de 620 écoles de la capitale.
Outre les mesures d’urgence, M. Grégoire lancera une "convention citoyenne sur les temps de l’enfant", dont les conclusions seront remises le 22 juin.
AFP
