Plus d'un million et de demi de signatures : devant la mobilisation citoyenne inédite contre la loi Duplomb, décriée pour son impact environnemental, certaines voix au sein du camp présidentiel demandent de saisir l'Agence nationale de sécurité sanitaire et le gouvernement s'est dit "disponible" pour un nouveau débat au Parlement.
La portée d'un tel débat resterait toutefois limitée, car si les différents groupes politiques pourront exprimer leurs positions, il ne permettra pas seul de revenir sur les dispositions déjà adoptées.
La pétition, lancée par une étudiante sur le site de l'Assemblée nationale, dénonce cette loi qui prévoit notamment la réintroduction à titre dérogatoire de l'acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes - interdit en France mais autorisé en Europe.
En une dizaine de jours seulement, elle a recueilli plus de 1,5 million de signatures. Soit largement au-dessus du seuil requis des 500.000 pour obtenir un débat en séance, si la Conférence des présidents de l'Assemblée nationale, qui fixe l'agenda, en décide ainsi mi-septembre lors de la rentrée parlementaire.
Une issue qui fait dĂ©sormais peu de doute, de nombreux responsables politiques s'Ă©tant prononcĂ©s favorablement, y compris ceux en soutien du texte, Ă commencer par la prĂ©sidente de l'AssemblĂ©e, YaĂ«l Braun-Pivet (Renaissance). Le patron des dĂ©putĂ©s MoDem, Marc Fesneau, s'est aussi dit prĂȘt Ă soutenir la dĂ©marche.
- MĂ©lenchon se fĂ©licite d'une "action populaire de masse"-Â
MĂȘme Ă©cho chez Marine Le Pen, qui avait votĂ© pour la loi, mais a estimĂ© que "seul un dĂ©bat dĂ©mocratique" pourrait restaurer "la confiance" des citoyens face aux "mensonges" accompagnant selon elle la pĂ©tition.
Sous pression, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a dit lundi soir que le gouvernement était "pleinement disponible" pour ce débat.
La gauche, vent debout contre la loi durant son examen chaotique, a elle tenté de tirer avantage de cette mobilisation citoyenne.
Jean-Luc Mélenchon (LFI) a loué une "action populaire de masse".
"C'est une lutte qui ne fait que commencer", a prévenu la députée écologiste Sandrine Rousseau. "Lors des prochaines niches parlementaires (journées réservées aux textes des groupes politiques, NDLR), chaque groupe du Nouveau Front populaire aura comme texte l'abrogation" de cette loi, a-t-elle assuré.
Les socialistes ont confirmé vouloir porter "à la rentrée une proposition de loi abrogeant les graves reculs de la loi Duplomb".
- Un pesticide tueur d'abeilles -
"Instrumentalisation de la gauche et des écologistes", répondent ses défenseurs, en premier lieu son auteur, le sénateur LR Laurent Duplomb. "Quand on diabolise les choses et quand on fait peur à tout le monde, on peut avoir ce résultat".
L'acétamipride est réclamé par les producteurs de betteraves et de noisettes, qui estiment n'avoir aucune alternative contre les ravageurs et subir une concurrence déloyale de leurs concurrents européens.
A contrario, les apiculteurs mettent en garde contre "un tueur d'abeilles". Ses effets sur l'humain sont aussi source de prĂ©occupations, mĂȘme si les risques restent incertains, faute d'Ă©tudes d'ampleur.
Dans le camp présidentiel, on cherche la bonne formule pour tenir compte du succÚs de la pétition sans remettre en cause la loi votée au Parlement.
Gabriel Attal, patron du parti présidentiel Renaissance, a ainsi souhaité que le gouvernement saisisse l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) afin qu'elle donne son avis sur le texte en amont de l'éventuel futur débat parlementaire, une proposition soutenue par la ministre de la Transition AgnÚs Pannier-Runacher.
Mais pour M. Duplomb, la pétition vise surtout à "mettre de la pression sur le Conseil constitutionnel" qui doit se prononcer sur la loi d'ici au 10 août.
S'il la valide, la gauche appelle Emmanuel Macron à demander alors au Parlement une deuxiÚme délibération, comme le lui permet la Constitution.
Une telle décision pourrait déclencher cependant une crise gouvernementale avec les LR au coeur de l'été.
- Parlementaires menacés -
"Le chemin de cette loi n'est pas terminé puisque le Conseil constitutionnel a été saisi. Le président ne peut dÚs lors pas s'exprimer tant que les Sages n'ont pas rendu leur décision", a répondu à l'AFP l'entourage d'Emmanuel Macron.
La loi Duplomb contient d'autres mesures controversées, sur le rÎle de l'Anses ou le stockage de l'eau pour l'irrigation des cultures (méga-bassines).
Elle cristallise les tensions depuis de nombreux mois.
Lundi, l'entourage du ministre de la Justice GĂ©rald Darmanin a indiquĂ© qu'il demanderait aux procureurs de la RĂ©publique d'ĂȘtre d'une "grande fermetĂ©" face aux "menaces inacceptables" subies par "de nombreux parlementaires" du fait de leur vote sur la loi Duplomb.
Selon le ministÚre de l'Intérieur, neuf "atteintes" à des parlementaires (dégradations de permanences, outrages sur les réseaux sociaux...) ont été recensées.
AFP

La dĂ©cision du gouvernement de cĂ©der face aux intĂ©rĂȘts des cĂ©rĂ©aliers a ... du plomb dans l'aile !
Les agriculteurs vont réagir un jour quand il n'y aura plus aucunes abeilles pour féconder les fleurs de leurs plantations et là il sera vraiment trop tard pour faire marche arriÚre.
Et on va tous crever Ă ce moment lĂ .
Les agriculteurs ne sont plus des agriculteurs, ils sont devenus de trÚs gros paresseux et il faut voir leur grosses panses cela leur donne un air de Gérard LARCHER au Sénat.
Ils ne vivent actuellement que de subventions et ils osent encore se dire ''agriculteurs''.
Et pourquoi l'Europe, si prompte à nous emmerder avec ses rÚglmentations,ne l'interdit-elle pas ailleurs? Pourquoi les gens protestent-ils alors qu'ils se régalent de fruits et légumes importés traités aux pesticides? Expliquez-moi,je ne comprends pas.
Pourquoi la droite estbpour ce pesticide pour les lobbys les corrompus et les pouvoir de l argent sur la santé publique, l environnement ?
Ca va revenir au Parlement, pour quel rĂ©sultat ? Le mĂȘme ! Les gens qui ont votĂ© ce texte se fichent totalement de l'environnement et de ce qu'ils vont laisser Ă leurs petits-enfants.