"Bouger lentement", penser à prendre des photos: l'astronaute italien Luca Parmitano, qui guidera vendredi depuis Houston (Texas) le Français Thomas Pesquet pour sa premiÚre sortie dans l'espace, prodigue quelques conseils à son collÚgue et ami avant le grand jour.
Cet ancien pilote d'essai qui a séjourné dans la Station spatiale internationale (ISS) en 2013, a effectué à cette occasion deux sorties extra-véhiculaires dont la seconde aurait pu mal tourner. Luca Parmitano avait dû revenir en urgence dans la station alors que le casque de son scaphandre se remplissait d'eau.
L'Italien et le Français ont rejoint en 2009 le corps européen des astronautes. "Nous nous sommes entraßnés ensemble pendant six ans. Je le connais bien. C'est un ami", raconte, en français, Luca Parmitano, joint au téléphone par l'AFP.
Vendredi, il guidera, depuis le Centre spatial Johnson de la Nasa à Houston, Thomas Pesquet mais aussi l'astronaute américain Shane Kimbrough pour leur sortie extra-véhiculaire de plusieurs heures.
Premier conseil pour Thomas, installé dans l'ISS depuis le 20 novembre et quatriÚme Français à effectuer une sortie dans l'espace: "Il faut bouger trÚs lentement, tout doucement. Sinon on se fatigue trÚs vite."
DeuxiĂšme conseil: "prendre plein de photos". "C'est trĂšs difficile car on a une chorĂ©graphie trĂšs intense Ă rĂ©aliser et il n'y a pas beaucoup de moments oĂč on est libre pour prendre des photos", dit l'astronaute qui avait mis une camĂ©ra sur son scaphandre pour ses deux sorties. Mais "cela permet de partager cette expĂ©rience vraiment unique".
Dernier conseil: "prendre cinq secondes Ă certains moments", quand c'est fatigant et difficile, pour "se rappeler que c'est un privilĂšge d'ĂȘtre lĂ , de faire cette activitĂ© extraordinaire et que beaucoup de gens voudraient ĂȘtre Ă notre place". "Il faut penser que c'est amusant."
- "Thomas est prĂȘt" -
Luca Parmitano juge en revanche inutiles les conseils de prudence: "Nous sommes bien entraßnés pour éviter de faire des erreurs qui peuvent affecter la sécurité."
"Thomas est prĂȘt" pour sa sortie, dit l'astronaute qui a Ă©changĂ© avec lui mercredi et devait le faire Ă nouveau jeudi en tĂ©lĂ©confĂ©rence. "Il est focalisĂ©, il connaĂźt ses procĂ©dures."
"L'entraßnement permet d'éliminer l'appréhension. Il n'y a pas de doutes dans son cerveau. Il sait qu'il est entraßné. Il sait surtout qu'il y a une équipe énorme de gens sur la Terre qui travaillent pour lui. Nous sommes là , tous ensemble avec lui."
En cas de souci, "c'est l'entraßnement qui permet à l'astronaute d'éliminer les pensées qui pourraient le bloquer et de se focaliser sur la recherche de la solution". "C'est ce que j'ai fait quand j'ai eu mon problÚme en 2013."
"Il faut aussi se rappeler qu'une sortie dans l'espace, c'est toujours extraordinaire. Il y a des risques", poursuit l'Italien.
"Mon expérience en 2013 nous rappelle que ce n'est pas du tout la normalité." "Nous sommes encore en train de comprendre comment essayer de vivre dans l'espace, de voyager dans l'espace. Nous n'en sommes pas encore au niveau de coloniser l'espace", conclut-il.
AFP


