Accusé depuis 1977

Polanski dans la tourmente aprĂšs une nouvelle accusation de viol

  • PubliĂ© le 9 novembre 2019 Ă  23:26
  • ActualisĂ© le 10 novembre 2019 Ă  05:57
Roman Polanski au festival du film américain de Deauville, le 7 septembre 2019

La nouvelle accusation de viol contre Roman Polanski, la premiÚre portée par une Française, a relancé la polémique autour du réalisateur, toujours poursuivi par la justice américaine, mais qui bénéficie depuis plus de 40 ans de soutiens dans le monde du cinéma en France.

AdĂšle Haenel, l'une des actrices les plus prisĂ©es dans l'Hexagone, qui a elle-mĂȘme accusĂ© ces derniers jours le rĂ©alisateur Christophe Ruggia d'"attouchements" et de "harcĂšlement sexuel" quand elle Ă©tait adolescente, a appelĂ© Ă  "soutenir" Valentine Monnier, la nouvelle accusatrice de Polanski.

"Je sors bouleversée de la lecture de son témoignage. Je la crois", indique AdÚle Haenel, appelant à "la soutenir, à prendre soin de son histoire".

L'actrice avait déjà jugé lundi, dans un entretien au média en ligne Mediapart, que la situation de Roman Polanski, toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre de la procédure pour détournement de mineure lancée en 1977, constituait "malheureusement un cas emblématique".

Quelques jours aprÚs son témoignage, qui a ébranlé le cinéma français, Le Parisien a publié vendredi celui de Valentine Monnier, photographe et ancienne mannequin, qui accuse Roman Polanski de l'avoir violée en 1975 en Suisse alors qu'elle avait dix-huit ans.

L'avocat de Roman Polanski a "contesté fermement toute accusation de viol".

Cette Française, dont les accusations s'ajoutent à celles d'autres femmes ces derniÚres années, n'a pas déposé plainte pour ces faits, prescrits. Mais elle affirme avoir décidé de porter publiquement cette accusation en raison de la sortie en France, mercredi prochain, du nouveau film de Polanski "J'accuse",

Grand prix du jury à la Mostra de Venise, qui porte sur une célÚbre erreur judiciaire, l'affaire Dreyfus.

- "célébrer des prédateurs" -

"Valentine Monnier. Je te crois et je te soutiens", a tweetĂ© la comĂ©dienne belgo-nĂ©erlandaise Sand Van Roy, qui a elle mĂȘme portĂ© plainte contre Luc Besson pour viol et a relayĂ© aussi un message de soutien de Karine Isambert, qui avait tĂ©moignĂ© l'an dernier auprĂšs de Mediapart contre Luc Besson pour des comportements dĂ©placĂ©s.

"Roman Polanski accusé (...) Pourtant les gens continuent à célébrer des prédateurs", a réagi de son cÎté Rosanna Arquette, accusatrice de la premiÚre heure d'Harvey Weinstein.

Plusieurs militantes féministes ont aussi affirmé leur soutien à Valentine Monnier, comme Anaïs Leleux du collectif #NousToutes. "Pensée à Valentine Monnier et à toutes celles qui ont également été victimes d'hommes puissants", a-t-elle tweeté, estimant aussi sur BFMTV que "le fait qu'il continue de recevoir des prix pose à chaque fois question aux militantes, mais aussi aux femmes victimes".

"L'impunité de Polanski est grande, et nous ne nous tairons pas!", a affirmé l'association Osez le féminisme!. "Quand les militantes féministes ont dénoncé les hommages à Polanski, Frédéric Bonnaud, directeur de la CinémathÚque nous a traitées de +demi-folles+, Alain Terzian, président des César, a qualifié le réalisateur d'+indiscutable+. Ils sont toujours en poste", a réagi pour sa part Alice Coffin, du groupe activiste féministe La Barbe.

- Des courriers transmis -

En 2017, des fĂ©ministes avaient en effet manifestĂ© en France contre une rĂ©trospective consacrĂ©e Ă  Roman Polanski Ă  la CinĂ©mathĂšque, tandis que la mĂȘme annĂ©e, il avait dĂ» renoncer Ă  prĂ©sider les CĂ©sar sous leur pression. Mais il avait Ă©tĂ© soutenu par ces institutions alors que, aux Etats-Unis, l'AcadĂ©mie des Oscars a dĂ©cidĂ© de l'exclure.

Ces réactions interviennent alors que le milieu du cinéma, resté jusqu'ici assez silencieux sur ce nouveau témoignage, est réguliÚrement soupçonné de protéger Roman Polanski, qui avait fui les Etats-Unis pour venir s'installer en France en 1978.

La star du cinĂ©ma français Catherine Deneuve, qui avait tournĂ© avec lui dans "RĂ©pulsion", a plusieurs fois soutenu le rĂ©alisateur, comme elle l'a fait Ă  nouveau lors de la Mostra, oĂč la sĂ©lection de "J'accuse" en compĂ©tition avait indignĂ© les fĂ©ministes.

Alors que Valentine Monnier dit avoir raconté son histoire depuis 2017 dans des lettres à la police de Los Angeles, à la femme du président français Brigitte Macron, au ministre de la Culture Franck Riester et à la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité hommes-femmes MarlÚne Schiappa, le cabinet de Brigitte Macron a confirmé samedi avoir bien reçu deux lettres de la photographe, transmises au gouvernement.

Dans une lettre datée de mars 2018, MarlÚne Schiappa salue quant à elle le courage de Mme Monnier, tout en rappelant que "les faits sont prescrits pour la justice française".

AFP

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