Le gouvernement va confier Ă l'Arcom le pouvoir d'ordonner, sans le concours d'un juge, le blocage par les opĂ©rateurs et le dĂ©rĂ©fĂ©rencement des sites pornographiques qui n'empĂȘchent pas les mineurs d'accĂ©der Ă leur contenu, a annoncĂ© dimanche Ă l'AFP le ministre dĂ©lĂ©guĂ© au numĂ©rique Jean-NoĂ«l Barrot.
"Il est urgent de soustraire nos enfants au déferlement des images porno sur internet et de faire respecter la loi une fois pour toutes", a-t-il déclaré.
La mesure fera partie du projet de loi visant à "sécuriser et réguler l'espace numérique", qui sera présenté mercredi en Conseil des ministres, puis proposé avant l'été au Sénat et à la rentrée à l'Assemblée nationale.
Celui-ci prévoit également le bannissement des réseaux sociaux des cyberharceleurs déjà condamnés par la justice, et un pouvoir de mise en demeure confié aussi à l'Arcom pour faire cesser la diffusion sur internet de médias frappés d'interdiction dans l'Union européenne.
NĂ©e en janvier 2022 de la fusion du CSA et de l'Hadopi, l'AutoritĂ© de rĂ©gulation de la communication audiovisuelle et numĂ©rique (Arcom) est chargĂ©e de veiller au respect par les sites pornographiques de leur obligation de vĂ©rifier l'Ăąge de leurs visiteurs, qui ne peut plus ĂȘtre une simple dĂ©claration de majoritĂ© depuis une loi de 2020.
Mais l'autorité ne peut pour le moment qu'envoyer des mises en demeure en cas d'infraction puis, si elle n'obtient pas de retour, saisir le président du tribunal judiciaire de Paris pour ordonner un blocage par les opérateurs télécom.
Une premiÚre procédure visant notamment les géants du secteur Pornhub ou XVideos doit aboutir à une décision de la justice le 7 juillet.
Le blocage n'est toutefois pas acquis, ceux-ci contestant la requĂȘte au motif que la loi n'est pas suffisamment prĂ©cise sur les modalitĂ©s de la vĂ©rification d'Ăąge.
"Il est prévu dans le texte que l'Arcom publie des lignes directrices" pour définir les contours d'un tel systÚme, a précisé M. Barrot, qui s'appuie sur un rapport de quatre sénatrices qui dénonçait les dérives de cette industrie.
Des agents de l'Arcom pourront Ă©galement ĂȘtre assermentĂ©s pour constater des infractions.
Le gouvernement souhaite ainsi parvenir avant la fin de l'année à une vérification d'ùge effective sur les sites pornos, ou à leur blocage, 4 ans aprÚs la promesse d'Emmanuel Macron de faire cesser leur accÚs aux mineurs.
AFP
