BaptĂȘme du feu

Premier rendez-vous du gouvernement Castex avec les parlementaires

  • PubliĂ© le 8 juillet 2020 Ă  06:06
  • ActualisĂ© le 8 juillet 2020 Ă  07:55
Le Premier ministre Jean Castex sur le perron de l'Elysée, le 7 juillet 2020

Double baptĂȘme du feu mercredi pour le gouvernement "de combat" de Jean Castex qui sera sous le feu des questions des dĂ©putĂ©s et des sĂ©nateurs, alors que le Premier ministre entend dĂ©fendre son programme pour la "reconstruction" et ses ministres dont GĂ©rald Darmanin, cible des fĂ©ministes.

AprÚs quelques jours de congratulations, déclarations d'intention se voulant rassurantes et passations de pouvoirs, le nouveau gouvernement dirigé par le nouveau Premier ministre Jean Castex doit faire ses premiers pas mercredi au coeur de l'arÚne parlementaire avec les traditionnelles séances de questions d'actualité.

Elles sont prévues à l'Assemblée nationale à 11 heures puis à 15 heures au Sénat. AprÚs quoi les députés reprendront l'examen du troisiÚme projet de budget de crise.

Place dĂ©sormais aux "travaux pratiques", comme l'a soulignĂ© mardi matin le prĂ©sident du SĂ©nat GĂ©rard Larcher en citant notamment la crise Ă©conomique, le chĂŽmage, la situation des jeunes, le "SĂ©gur de la santĂ©" ou encore la rĂ©forme des retraites et la dĂ©pendance. Avant d'aller voir les Ă©lus, M. Castex doit ĂȘtre interrogĂ© sur RMC/BFMTV Ă  partir de 8h30.

L'équipe gouvernementale n'est pas tout à fait au complet puisqu'elle doit accueillir prochainement "l'entrée de secrétaires d'Etat sur des missions prioritaires", a expliqué mardi le nouveau porte-parole Gabriel Attal, afin de finaliser ce "gouvernement de combat" ou gouvernement "de 600 jours".

Le chef de l'Etat, appelant à "un changement profond de méthode", a fixé "quatre grands axes", a-t-il relevé. Premier pilier: "la reconstruction de notre pays", "économique", "sociale", "environnementale", "culturelle" et "territoriale", a-t-il détaillé. Le deuxiÚme axe est "le patriotisme républicain", a-t-il ajouté, en évoquant "l'égalité des chances" et la défense des institutions que sont la "police et la justice".

L'exécutif veut aussi développer une "politique contractuelle" avec les territoires et les élus locaux et entend également s'appuyer sur l'Europe, quatriÚme pilier, "puisque nous ne construirons pas notre indépendance sans une politique européenne la plus forte qui soit", a souligné Gabriel Attal.

Jean Castex a prévu de commencer à recevoir les partenaires sociaux dÚs mercredi soir, jeudi et vendredi matin, notamment sur le dossier explosif des retraites.

EspĂ©rant conclure le SĂ©gur de la SantĂ© d'ici la fin de la semaine, il a annoncĂ© dĂšs mardi dans un tweet que l'enveloppe pour les salaires des soignants hors mĂ©decins Ă©tait portĂ©e Ă  7,5 milliards d'euros. Et il est allĂ© lui-mĂȘme porter la nouvelle aux nĂ©gociateurs, en jouant les invitĂ©s surprise Ă  une rĂ©union avec les syndicats mardi soir.

Mais ces derniers se sont dits déçus par cette nouvelle enveloppe et la rencontre s'est achevée sans accord, aprÚs six heures de tractations. Elles doivent reprendre mercredi à 14 heures.

- Objectif 2022 -

Emmanuel Macron compte préciser son cap pour le reste du quinquennat lors d'une interview le 14 juillet. Ce n'est qu'ensuite que le Premier ministre pourra effectuer sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale.

D'ici là, le gouvernement doit se réunir en séminaire samedi matin. A ce stade, il est composé de seize ministres, quatorze ministres délégués et d'un secrétaire d'Etat, qui figuraient pour la plupart dans le précédent gouvernement.

Parmi les nouveaux venus, l'avocat pénaliste Eric Dupond-Moretti a été particuliÚrement observé lors de sa passation de pouvoirs. "Je ne fais la guerre à personne", a-t-il lancé, au lendemain des déclarations de l'USM, principal syndicat de magistrats, qui avait estimé que sa nomination était une "déclaration de guerre à la magistrature".

Le nouveau garde des Sceaux a promis de porter "enfin la réforme du parquet". DÚs la fin du Conseil des ministres, il s'est rendu à la prison de Fresnes (Val-de-Marne) pour signifier son soutien aux agents pénitentiaires.

Autre nomination commentée, celle de Gérald Darmanin au ministÚre de l'Intérieur, qui a dû affronter la colÚre de féministes dont certaines ont tenté de perturber la passation de pouvoirs avec son prédécesseur Christophe Castaner, en appelant à la démission du ministre visé par une plainte pour viol.

Sa promotion a par ailleurs été vue par d'aucuns comme significative de l'influence de Nicolas Sarkozy sur le nouveau gouvernement: outre Jean Castex, qui fut secrétaire général adjoint de l'Elysée en 2011-2012, la nouvelle équipe fait la part belle aux proches de l'ancien président, notamment Roselyne Bachelot (Culture) ou Bruno Le Maire, tout-puissant patron de Bercy.

Deux autres grands portefeuilles demeurent toutefois aux mains de personnalités issues du PS comme Jean-Yves Le Drian aux Affaires étrangÚres et Florence Parly aux Armées. Olivier Dussopt, autre ex-PS, est chargé des Comptes publics.

AFP

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