Prix en rayon

Prix de l'alimentation: fin des négociations entre fabricants et distributeurs, dans un contexte inflammable

  • PubliĂ© le 1 fĂ©vrier 2024 Ă  00:20
  • ActualisĂ© le 1 fĂ©vrier 2024 Ă  05:12
Chaque année, des négociations commerciales ont lieu entre les entreprises agroalimentaires (du petit producteur de charcuterie aux géants Unilever, Nestlé ou Coca-Cola) et leurs clients supermarchés (E.Leclerc, Carrefour, Intermarché ou SystÚme U)

Les négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs agro-industriels sur les prix en rayons s'achÚvent mercredi soir dans une ambiance encore tendue par le mouvement de colÚre des agriculteurs inquiets pour leurs revenus.

La crise agricole pousse l'État Ă  ĂȘtre particuliĂšrement attentif Ă  ces discussions entre fabricants et commerçants de produits de grande consommation.

Lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale mardi, Gabriel Attal a mentionné la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), dont les inspecteurs s'assurent que les contrats que doivent signer avant mercredi minuit la grande distribution et ses fournisseurs agro-industriels respectent le cadre légal.

"DÚs la semaine derniÚre, 100 inspecteurs de la DGCCRF supplémentaires ont commencé leurs contrÎles sur le terrain, qui seront deux fois plus nombreux qu'auparavant", a-t-il notamment déclaré.

Solidaires CCRF & SCL, premier syndicat au sein de ce service dĂ©pendant du ministĂšre de l'Économie, a relativisĂ© l'ampleur de ces contrĂŽles lundi en rappelant que la DGCCRF avait perdu 1.000 agents (de 3.656 agents en 2007 Ă  2.624 fin 2021, selon lui) en 15 ans et qu'un peu plus d'une centaine d'agents devaient contrĂŽler "plusieurs dizaines de milliers d'opĂ©rateurs", dont plus de 17.000 agro-industriels.

Chaque année, des négociations commerciales ont lieu entre les entreprises agroalimentaires (du petit producteur de charcuterie aux géants Unilever, Nestlé ou Coca-Cola) et leurs clients supermarchés (E.Leclerc, Carrefour, Intermarché ou SystÚme U). Ils doivent s'accorder sur les conditions de vente d'une large part des produits vendus en grandes surfaces le reste de l'année.

Sont ainsi décidés le prix d'achat par les supermarchés aux fabricants, la place attribuée aux produits en rayon et un éventuel calendrier promotionnel...

- Négociations avancées cette année -

Les négociations se terminent habituellement le 1er mars mais ont été avancées cette année par le gouvernement qui espérait ainsi que soient répercutées plus vite dans les rayons les baisses de prix de gros de certaines denrées.

La situation reste "compliquée" entre les parties à quelques heures de la fin des négociations "parce qu'il y a moins de temps", a estimé mercredi en début de soirée Jean-Philippe André, président de la principale organisation représentative des agro-industriels, l'Ania.

"Le contexte a beaucoup changé en l'espace de quatre ou cinq mois", a-t-il ajouté: en juillet, la priorité était de "baisser" les prix mais depuis une semaine, c'est "respecter les matiÚres premiÚres agricoles".

Les professionnels ont averti qu'il ne fallait pas s'attendre à des baisses de prix massives ou généralisées, alors que le panier des Français en grande surface leur coûte en moyenne 20% plus cher qu'il y a deux ans. Il semble trÚs improbable que les baisses de tarifs soient d'une ampleur comparable à ces hausses.

"Personne ne connaßt encore le résultat" des négociations et seulement un tiers des contrats ont été signés à date, a indiqué mercredi sur France Info Richard Pancquiault, le directeur général de l'Ilec qui porte en France la voix des trÚs grands industriels. Il attend "des baisses", mais "la majorité des produits sera en légÚre hausse".

"On va aboutir à 2 ou 3% de hausse" de tarifs en moyenne à l'issue des discussions avec les gros fournisseurs, a de son cÎté estimé Jacques Creyssel, délégué général de la FCD qui représente la grande distribution, mercredi matin sur Radio Classique.

Jean-Philippe André de l'Ania prédit, lui, qu'on aura "plutÎt une tendance à une déflation" avec des prix baissant d'environ 1%.

Les éventuelles estimations moyennes de hausse (ou baisse) de tarif ne permettent pas de présumer du niveau d'inflation dans les rayons des grandes surfaces, puisque ce sont les distributeurs qui fixent le prix facturé aux consommateurs, en rognant plus ou moins sur leurs marges.

Il sera peut-ĂȘtre compliquĂ© de se rĂ©jouir de baisses de prix en plein mouvement de colĂšre des professionnels de l'agriculture.

Certaines organisations, à commencer par la FNSEA, ont reproché au gouvernement de trop se concentrer sur la lutte contre la flambée des prix dans les rayons des supermarchés, plutÎt qu'à la préservation du revenu des agriculteurs.

Ce dernier est pourtant théoriquement mieux protégé par plusieurs lois adoptées ces derniÚres années, à condition que les autorités soient en mesure de détecter, contrÎler et mettre à l'amende d'éventuels manquements.

AFP

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