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Puisseguin: deux jours aprĂšs la collision, recueillement et marche silencieuse

  • PubliĂ© le 25 octobre 2015 Ă  10:29
Un homme s'agenouille devant l'affiche appellant Ă  un hommage aux victimes de la collision de Puisseguin le 24 octobre 2015 Ă  Petit-Palais

Deux jours aprĂšs la collision de Puisseguin, ce dimanche va ĂȘtre une journĂ©e de journĂ©e de recueillement et du souvenir avec les familles des 43 Ă  44 morts, tandis que les enquĂȘteurs poursuivent avec minutie la pĂ©nible identification des victimes et la dĂ©licate Ă©lucidation des causes du drame.


Recueillement et solidarité avec les familles ont dominé samedi dans plusieurs villages endeuillés de Gironde, au lendemain de la collision entre un car et un camion qui a fait au moins 43 morts et culmineront mardi avec un hommage du président François Hollande.
ParallĂšlement, Ă  Puisseguin oĂč s'est produit vendredi l'accident de la route le plus meurtrier en France depuis 33 ans, les enquĂȘteurs de la gendarmerie se sont attelĂ© mĂ©ticuleusement au pĂ©nible travail d'identification des victimes - pour la plupart des personnes ĂągĂ©es, mais aussi un enfant - et Ă  tenter de percer les causes de l'accident.
Samedi, plus de 36 heures aprĂšs les faits, le bilan dĂ©finitif restait incertain, un doute subsistant sur le nombre - 41 ou 42 - de tuĂ©s Ă  bord de l'autocar, faute de liste de passagers Ă  la disposition des enquĂȘteurs. Si le second chiffre se vĂ©rifiait le bilan s'alourdirait Ă  44 morts.
Sur les huit rescapés, quatre blessés restaient hospitalisés samedi, trois au CHU de Bordeaux dont un en soins intensifs, et un à l'hÎpital de Libourne. Plus aucun pronostic vital n'était engagé, selon la préfecture.
Le président François Hollande a confirmé dans l'aprÚs-midi qu'il irait témoigner de sa "solidarité face à cette épreuve", ainsi que de celle du gouvernement, mardi dans la matinée lors d'une cérémonie à Petit-Palais-et-Cornemps, l'une des communes les plus endeuillées. Auparavant, le chef de l'Etat s'était entretenu avec la maire, Patricia Raichini, qui a perdu ses trois belles-soeurs dans le drame.

- Comme dans un crash aérien -
En fin d'aprÚs-midi, 21 corps calcinés - deux retrouvés dans le camion, le chauffeur et son fils de trois ans, et les autres dans l'autocar - avaient été extraits des carcasses et transférés vers l'Institut médico-légal de Bordeaux.
Le prélÚvement "d'éléments biologiques" et "d'objets personnels", qui serviront à identifier les victimes, devraient prendre "trois à cinq jours", et une identification formelle "trois semaines", a indiqué un responsable de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN).
Sur le site de la collision, une équipe d'identification d'une vingtaine de gendarmes, en combinaisons blanches, s'est affairée toute la journée, marquant d'étiquettes numérotées les piÚces recueillies, a constaté une journaliste de l'AFP.
"Ils vont travailler corps par corps, de maniÚre trÚs méthodique", s'attachant notamment aux relevés dentaires et ADN, "comme dans le cadre des accidents d'avion", a indiqué le colonel Ghislain Réty, commandant du Groupement de gendarmerie de Gironde.
Des enquĂȘteurs spĂ©cialisĂ©s en accidentologie et dans les incendies devaient arriver lundi sur site, pour tenter d'Ă©clairer les causes de la collision entre l'autocar et le camion. Lequel "n'avait qu'un an et avait Ă©tĂ© rĂ©visĂ© en aoĂ»t", selon la direction de l'entreprise familiale normande de transports, dirigĂ©e par le pĂšre du conducteur.
Selon le porte-parole de cette société de Saint-Germain-de-Clairefeuille (Orne), le chauffeur de 31 ans était parti jeudi matin, avant de se rendre en Mayenne pour charger du bois et rouler jusqu'en Gironde. Il était reparti vendredi matin à 05H30 pour livrer ce bois. L'accident s'est produit quand il rentrait vers l'Orne.

- "Besoin de se sentir ensemble" -
Les enquĂȘteurs ont d'ores et dĂ©jĂ  rĂ©cupĂ©rĂ© dans les vĂ©hicules les chronotachygraphes, ces enregistreurs de divers paramĂštres comme vitesse et temps de parcours. Mais "fortement carbonisĂ©s et endommagĂ©s", "on ne peut pas se prononcer sur le rĂ©sultat de leurs examens", a prĂ©cisĂ© le colonel Patrick Touron, de l'IRCGN.
La rapiditĂ© de l'embrasement est aussi une question clef. "Le feu a dĂ©marrĂ© tout de suite. C'Ă©tait comme un Ă©clair", se souvient Jean-Claude Leonardet, 73 ans, l'un des rares rescapĂ©s qui a rĂ©ussi Ă  sortir du car. "Ça pĂ©tait de partout: les pneus, les vitres...", a-t-il racontĂ© au Parisien.
Dans les communes touchées par le drame, une journée de recueillement solidaire s'est déroulée dans le calme et l'émotion.
A Puisseguin, des familles Ă©plorĂ©es se sont succĂ©dĂ©es dans la chapelle ardente, toute symbolique car sans corps, installĂ©e depuis vendredi soir dans le foyer municipal, oĂč des roses blanches ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es sur 43 tonneaux recouverts d'un linceul blanc, une bougie allumĂ©e sur chacun d'eux.
A Petit-Palais-et-Cornemps, à 7 km, la salle polyvalente s'est muée en cellule médico-psychologique, afin de recevoir les familles qui le souhaitent. Lors de tels drames, "c'est souvent important de réunir les gens en groupe, car ils partagent un récit commun de ce qui s'est passé et cela peut les aider à faire face au deuil", a expliqué à l'AFP le Dr François Castandet, du pÎle psychiatrie de l'HÎpital de Libourne.
Une messe du souvenir aura lieu dimanche à 11H00 à l'église du village, suivie d'une marche vers 15H00.
Au total, 18 communes ont Ă©tĂ© touchĂ©es par le drame, Ă  savoir qu'une ou des victimes, soit dĂ©cĂ©dĂ©es soit blessĂ©es, en sont orginaires, dont une en Normandie d'oĂč sont originaires le conducteur du camion et son fils.
L'accident s'est produit vendredi vers 07H30 sur le RD-17 à la sortie de Puisseguin. Selon les premiers éléments, le camion était en portefeuille en travers de la route quand le bus l'a percuté, dans une courbe. Les deux véhicules se sont embrasés trÚs rapidement.
L'accident est le plus meurtrier en France depuis celui de Beaune (CÎte d'Or) en 1982, qui avait coûté la vie à 53 personnes, la plupart des enfants.


- © 2015 AFP
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