JO-2016:

Quand Hollande badine avec les athlĂštes au Village olympique

  • PubliĂ© le 5 aoĂ»t 2016 Ă  10:22
Teddy Riner et François Hollande au village olympique le 4 août 2016 à Rio

Qui a dit que François Hollande était impopulaire ? Dans le Village olympique de Rio de Janeiro, le président a pu constater que son aura internationale, au moins dans le monde du sport, était inversement proportionnelle à ses sondages nationaux.

Jeudi, c'est en fin de matinĂ©e que le chef de l'Etat, venu soutenir la candidature de Paris-2024, a pĂ©nĂ©trĂ© dans le Village. Ou plutĂŽt la citĂ©, un vaste quartier piquĂ© de grandes tours froides que les dĂ©lĂ©gations ont opportunĂ©ment dĂ©corĂ© de leurs couleurs. Les Portugais cohabitent avec les Turcs et les AzerbaĂŻdjanais. Les Belges sont avec les Allemands. L'Australie a fini par revenir, aprĂšs ĂȘtre partie en rĂąlant.

DÚs son arrivée, le chef de l'Etat est accueilli par une brochette d'armoires à glace. Le judoka Teddy Riner, les basketteurs Nicolas Batum et Boris Diaw. Il y a aussi le gardien de hand Thierry Omeyer et le pistard Grégory Baugé. On plaisante, on évoque la victoire des filles en foot, la veille, contre la Colombie (4-0), qui lance parfaitement la France.
François Hollande s'invite ensuite dans l'immeuble des Français, salue les kinés, les médecins. "Teddy, tu fais garde du corps ?", lance une voix goguenarde alors que le colosse de 140 kilos monte les escaliers derriÚre lui.
Mais ce sont les handballeurs qui monopolisent l'attention. C'est une de leurs chambres que le président visite, un duplex agrémenté d'une terrasse avec jacuzzi au 18e étage, qui domine le Village. "On n'a pas pu remplir le jacuzzi", s'excuse Michaël Guigou, double champion olympique, d'humeur légÚre.
Claude Onesta, le sĂ©lectionneur, papa, patron, fait la visite. "La compĂ©tition va ĂȘtre longue", dit le prĂ©sident. "Jusqu?au dernier jour des Jeux, on espĂšre", rĂ©pond Onesta en rĂ©fĂ©rence Ă  la finale prĂ©vue le 21 aoĂ»t. "Si on est libre le dernier jour, c?est pas bon".

- 'Vous viendrez à l'Elysée !' -

Comment orchestrer cette longue période de promiscuité ? "Il faut bien s'entendre pendant trois semaines. Tant que ça sourit, ça va", convient le coach. Et son interlocuteur d'en rajouter, en expert: "Gérer ceux qu'on aime, on y arrive. Gérer les autres, c'est plus compliqué !"
Du coup, tout le monde veut sa part. Les filles du hand débarquent et claquent une bise aux garçons. "Vous les connaissez ?" s'amuse François Hollande. Plus tard, il les retrouvera à la cantine. Elles se désolent que le président ne reste pas jusqu'à samedi pour leur entrée en lice face aux Pays-Bas. Alors il promet: "Si vous avez une médaille d'or, vous viendrez à l'Elysée".

En attendant, il pose, assis à table avec le groupe, avant de se livrer à un selfie plus intime avec Béatrice Edwige.
Pendant que son service de sécurité reste debout, au pain sec et à l'eau, le président termine sans chichi son plateau. Arrivent les nageurs Florent Manaudou, Fabien Gilot et quelques autres Français. La conversation reprend, interminable.
Le prĂ©sident a clairement tout Ă  gagner Ă  ce que ces athlĂštes fournissent son lot de mĂ©dailles Ă  une nation française fatiguĂ©e de compter ses victimes du terrorisme. Mais son plaisir n'est pas feint. Tous les 10 mĂštres, il doit faire un selfie. Une AlgĂ©rienne, une Ethiopienne, trois grandes Chinoises Ă  la limite de l'hystĂ©rie. Il s'y prĂȘte sans rechigner, voire en redemande.
"Je suis trÚs content que vous soyez là", lui dit un Portugais. Hollande lui fait une accolade. "Sans rancune !", dit-il en référence à la finale de l?Euro perdue par les Bleus le 11 juillet face aux Lusitaniens.

"Il faut le laisser partir maintenant!", s'impatiente Denis Masseglia, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Mais lui n'a pas l'air pressé. Lorsque passe Céline Dumerc, capitaine de l'équipe de France de basket, claudiquante sur ses béquilles aprÚs avoir déclaré forfait, le président sait parfaitement à qui il a à faire. Il la prend dans ses bras, sincÚrement désolé.
"Il y a une bonne ambiance, je trouve", fait-il remarquer Ă  l'AFP entre deux selfies.

Par Tom HANCOCK - © 2016 AFP

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