Personne n'a été blessé

Rennes: une collégienne de 12 ans menace une enseignante avec un couteau

  • PubliĂ© le 13 dĂ©cembre 2023 Ă  19:01
  • ActualisĂ© le 13 dĂ©cembre 2023 Ă  19:06
L'entrée du collÚge "Les hautes Ourmes" à Rennes, le 13 décembre 2023

Une Ă©lĂšve de 12 ans, scolarisĂ©e dans un collĂšge de Rennes, a menacĂ© en plein cours mercredi matin avec un couteau une enseignante qui n'a pas Ă©tĂ© blessĂ©e, entraĂźnant l'ouverture d'une enquĂȘte pour "tentative d'homicide volontaire".

"Selon les premiers Ă©lĂ©ments recueillis", mercredi matin, "entre 9h30-9h50, au collĂšge Les Hautes Ourmes, une Ă©lĂšve nĂ©e en 2011 Ă  Marseille est venue en cours armĂ©e d’un grand couteau avec l’intention semble-t-il de tuer sa professeur d’anglais", a indiquĂ© le procureur de la RĂ©publique de Rennes, Philippe Astruc, dans un communiquĂ©.

"Pendant le cours, en classe, elle a brandi le couteau vers la victime qui s’est enfuie en courant. Elle l’aurait suivie avant d’ĂȘtre dĂ©sarmĂ©e par le personnel de l’établissement. Il n’y a pas de blessĂ©s", a prĂ©cisĂ© le magistrat.

"Une enquĂȘte criminelle pour tentative d’homicide volontaire sur personne chargĂ©e d’une mission de service public, confiĂ©e Ă  la sĂ»retĂ© dĂ©partementale de Rennes, a Ă©tĂ© ouverte par le parquet de Rennes. La mineure est actuellement en +retenue+", a indiquĂ© M. Astruc.

Face aux menaces de la collégienne, "les élÚves, choqués, ont été aussitÎt placés en sécurité", a indiqué le rectorat dans un communiqué.

Le recteur d'académie, Emmanuel Ethis, qui "condamne fermement cette agression",a souligné dans un communiqué "la réactivité des personnels qui ont géré la situation en ayant une réaction adaptée et ont ainsi permis que personne ne soit blessé".

-"climat général de tension"-

Situé dans le quartier populaire du Blosne, dans le sud de Rennes, le collÚge Les Hautes Ourmes est un établissement public qui accueille prÚs de 700 élÚves, classé REP+ (Réseau d'éducation prioritaire).

Une jeune fille, rencontrée devant le collÚge, a affirmé à l'AFP qu'il existait un contentieux entre l'élÚve mise en cause et l'enseignante qui lui aurait confisqué son téléphone portable vendredi dernier.

Selon ce témoignage non confirmé, l'élÚve mise en cause aurait déclaré devant ses camarades qu'elle allait tuer la professeure mais "personne ne l'a prise au sérieux". "Je vais faire comme à Arras", l'aurait-elle entendue dire.

Mercredi matin, la mise en cause aurait fait savoir à des camarades qu'elle avait amené un couteau. Quand l'enseignante est entrée dans la salle, "elle s'est levée en brandissant son couteau et en l'agitant". Elle aurait voulu avancer vers l'enseignante mais aurait été bloquée par une table.

A la vue du couteau, cette derniĂšre aurait demandĂ© aux Ă©lĂšves de sortir de la salle, sortant elle-mĂȘme Ă©galement.

Selon ce témoignage, il s'agissait d'un grand couteau de cuisine, d'une trentaine de centimÚtres.

L'auteure du rĂ©cit a affirmĂ© que l'Ă©lĂšve mise en cause n'avait pas l'air d'aller trĂšs bien. "Elle pleurait souvent" et aurait dit ĂȘtre victime de harcĂšlement.

Un membre de l'équipe enseignante est sorti devant le collÚge, demandant aux élÚves de ne pas parler aux journalistes. "Huit élÚves ont assisté à ça et ça a duré 40 secondes", a-t-il affirmé sans décliner son identité.

Pour Matthieu MahĂ©o, secrĂ©taire acadĂ©mique du SNES-FSU Bretagne, "c’est un Ă©vĂ©nement isolĂ© mais qui intervient dans un contexte oĂč la tension n’est pas vraiment redescendue depuis l’assassinat de Dominique Bernard avant les vacances de la Toussaint".

Cette affaire intervient deux mois jour pour jour aprĂšs l’assassinat de Dominique Bernard, professeur de français poignardĂ© Ă  mort Ă  Arras (Pas-de-Calais) le 13 octobre 2023, quasiment trois ans jour pour jour aprĂšs l'assassinat du professeur d'histoire Samuel Paty, le 16 octobre 2020 Ă  Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), poignardĂ© puis dĂ©capitĂ© prĂšs de son collĂšge quelques jours aprĂšs avoir montrĂ© Ă  ses Ă©lĂšves des caricatures de Mahomet lors de cours sur la libertĂ© d'expression, deux drames qui ont profondĂ©ment marquĂ© la communautĂ© enseignante.

"On est dans ce climat de menaces qui pÚsent sur les établissements, dans un climat plus général de tension", a estimé le syndicaliste.

AFP

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