Il a été mis en demeure

Rentrer en Espagne pour espérer gouverner: Puigdemont sous pression

  • PubliĂ© le 28 janvier 2018 Ă  22:07
  • ActualisĂ© le 29 janvier 2018 Ă  05:59
Le dirigeant séparatiste catalan Carles Puigdemont, le 22 janvier 2018 à Copenhague

Le dirigeant sĂ©paratiste catalan Carles Puigdemont exilĂ© en Belgique Ă©tait mis en demeure dimanche de revenir en Espagne pour se faire réélire prĂ©sident de Catalogne aprĂšs que la Cour constitutionnelle a dĂ©cidĂ© qu'il ne pouvait pas ĂȘtre Ă©lu ni gouverner depuis l'Ă©tranger.


Puigdemont va demander "dans les prochains heures" la permission de la justice pour participer au débat prévu mardi au parlement catalan pour le vote et l'investiture du nouveau président, a annoncé un parlementaire de son parti, Josep Rull, à une radio catalane.
La Cour constitutionnelle, réunie d'urgence, a rendu samedi soir un avis à l'unanimité.

M. Puigdemont, qui fait l'objet d'un mandat d'arrĂȘt pour son rĂŽle dans la tentative de sĂ©cession de la rĂ©gion qu'il prĂ©sidait, ne peut pas se faire Ă©lire Ă  distance, ont tranchĂ© les juges. Il doit revenir en Espagne, se constituer prisonnier et ensuite demander la permission du juge d'instruction pour participer Ă  la session d'investiture, ont dĂ©cidĂ© les juges.

L'ancien prĂ©sident destituĂ© Ă©tait parti pour Bruxelles pour Ă©chapper aux poursuites judiciaires aprĂšs que la Catalogne avait proclamĂ© une indĂ©pendance restĂ©e lettre morte le 23 octobre. Son entourage affirmait jusqu'Ă  hier qu'il pourrait se faire Ă©lire par tĂ©lĂ©confĂ©rence ou par procuration. Lui-mĂȘme a dĂ©clarĂ© Ă  plusieurs reprises qu'il prĂ©fĂ©rait retourner en Espagne mais Ă  condition d'avoir la garantie qu'il n'y serait pas arrĂȘtĂ©. M. Rull n'a pas prĂ©cisĂ© pas si l'ancien prĂ©sident Ă©tait prĂȘt cette fois Ă  se faire arrĂȘter Ă  son retour.

M. Puigdemont est le seul candidat à l'élection comme président de l'exécutif régional aprÚs la victoire des partis séparatistes aux élections de décembre dernier, convoquées par Madrid pour renouveler le parlement catalan.

- Sacrifier Puigdemont ? -

Mais un dĂ©putĂ© d'un autre parti indĂ©pendantiste que le sien a suggĂ©rĂ© dans une interview publiĂ©e dimanche qu'il pourrait faire preuve de patriotisme et accepter d'ĂȘtre remplacĂ©. "Il est indispensable que nous ayons un gouvernement, s'il faut sacrifier le prĂ©sident Puigdemont, nous devrons le sacrifier", a dĂ©clarĂ© au journal La Vanguardia, Joan Tarda, de la Gauche rĂ©publicaine de Catalogne (ERC).
La Catalogne a été placée sous la tutelle de Madrid aprÚs sa déclaration d'indépendance le 27 octobre et le gouvernement central a prévenu qu'elle ne retrouverait pas son autonomie tant qu'elle n'aurait pas de gouvernement régional.

"Nous ne pouvons pas risquer de gùcher la grande victoire électorale du 21 décembre", a poursuivi Joan Tarda. "Carles Puigdemont, qu'il soit ou pas président de Catalogne dans les prochaines années, sera toujours président et entrera dans l'histoire". Mais le parti de M. Puigdemont, Ensemble pour la Catalogne (JxCat), a affirmé dimanche qu'il n'envisageait pas de proposer un autre candidat.

"Il n'y a pas de plan B pour la dĂ©mocratie, a dĂ©clarĂ© Ă  la presse le porte-parole du parti, Eduard Pujol. C'est la volontĂ© du peuple que Puigemont soit Ă©lu, il a tout le droit d'ĂȘtre investi". Le prĂ©sident du parlement catalan, Roger Torrent, qui a formellement dĂ©signĂ© Carles Puigdemont comme candidat, n'avait pas rĂ©agi dimanche Ă  la dĂ©cision de la Cour constitutionnelle.

Les magistrats l'ont averti ainsi que les autres membres du bureau du parlement catalan des "responsabilitĂ©s, y compris pĂ©nales" qu'ils devraient assumer s'ils dĂ©sobĂ©issaient Ă  la Cour. La prĂ©cĂ©dente prĂ©sidente du parlement rĂ©gional, Carme Forcadell, fait l'objet de poursuites pour ĂȘtre passĂ©e outre les dĂ©cisions de la Cour. Elle a reconnu que ces poursuites Ă©taient une des raisons qui l'ont dĂ©cidĂ© Ă  refuser un nouveau mandat.
AFP

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