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Reprise des discussions entre Uber et les VTC

  • PubliĂ© le 20 dĂ©cembre 2016 Ă  15:40
Devant le secrétariat d'Etat aux Transports à Paris, le 19 décembre 2016

Un geste financier immédiat de l'Américain Uber pour "apaiser les tensions" : c'est ce qu'attendent les chauffeurs de VTC qui reprennent mardi les discussions sous l'égide du gouvernement pour tenter de trouver une solution à leur conflit avec les plateformes internet, accusées d'"esclavagisme moderne".


Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, a demandé à Uber de "geler temporairement l'augmentation de sa commission, récemment passée de 20 à 25%", le temps de mener des négociations sous l'égide d'un médiateur nommé par le gouvernement.
"Sans rejeter cette mesure temporaire", la plateforme américaine, pionniÚre et trÚs majoritaire sur le marché, a demandé un délai supplémentaire aprÚs deux séances de négociations lundi au secrétariat d'Etat aux Transports, auxquelles participait aussi Le Cab.
Les représentants d'Uber devaient faire connaßtre la position du groupe à la reprise des discussions à 14H00, selon le secrétariat d'Etat.
D'autres plateformes - Allocab, Chauffeur-privé, Marcel et Snapcar - réunies au sein de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR) n'ont pas assisté aux discussions pour ne "pas interférer dans les discussions qui opposent Uber (aux) chauffeurs", selon Yves Weisselberger, président de la FFTPR.
Les syndicats et associations de chauffeurs VTC (voiture de transport avec chauffeur) dénoncent des conditions de travail "indignes" avec un prix minimum de la course descendu à six euros (contre huit initialement, ndlr). Ils ont entamé la semaine derniÚre un mouvement social, émaillé de violences, et menacé d'appeler à une nouvelle mobilisation si la réponse donnée mardi par le siÚge californien d'Uber ne les satisfaisait pas.
Et ce, dÚs "mercredi matin", a prévenu Sayah Baaroun (Unsa-VTC), à l'instar de Fabien Tosolini (CFDT-Transports) tandis que Helmi Mamlouk (Capa-VTC) a accusé Uber France de "botter en touche", en prétendant attendre l'accord du siÚge à San Francisco.
- Proposition de loi -
Alain Vidalies a proposé "que les parties s'engagent dans un cycle de discussions, sous l'égide d'un médiateur nommé par le gouvernement, sur quatre thématiques : la tarification; les conditions de déconnexion des plateformes pour les chauffeurs (qui peuvent se voir privés d'accÚs sans préavis, ndlr); la protection sociale; et les charges". Ces négociations devront se conclure d'ici le 31 janvier 2017.
En moyenne, "on gagne en réalité 3 à 4 euros de l'heure, ce qui nous oblige à travailler dix à douze heures par jour", a dénoncé auprÚs de l'AFP un chauffeur en colÚre.
Pour Jean-Luc Albert (Actif-VTC) le problĂšme rĂ©side aussi dans "un systĂšme hybride oĂč l'on prĂ©tend ĂȘtre indĂ©pendant mais oĂč l'on ne dĂ©cide pas des tarifs, oĂč on peut nous dĂ©connecter et donc oĂč on est assimilĂ©s Ă  des salariĂ©s".
Uber explique de son cÎté que des "décisions concrÚtes ont été prises depuis le 8 décembre avec une hausse des prix de 13%, en parallÚle de la hausse de la commission de 5 points (de 20% à 25%)", ajoutant que "des discussions sont toujours en cours (...) afin de travailler aux évolutions du travail indépendant, à l'amélioration de la protection sociale, ainsi qu'à la rentabilité des chauffeurs VTC indépendants".
Une proposition de loi du dĂ©putĂ© socialiste Laurent Grandguillaume encadrant les plateformes VTC doit ĂȘtre dĂ©finitivement adoptĂ©e cette semaine par le Parlement.
Dans le sillage de la loi Thévenoud de 2014, elle a été conçue comme une réponse aux mouvements sociaux déclenchés début 2016 par l'ensemble des conducteurs, taxis, VTC et Loti (transport collectif à la demande), professions différentes qui se disputent des clients identiques.
Le texte précise les obligations des plateformes et les sanctions encourues en cas d'infraction, et leur interdit d'imposer des clauses d'exclusivité aux chauffeurs. Il doit aussi permettre une meilleure visibilité du secteur via un recueil de données auprÚs de ses acteurs.
Il prévoit également la mise en place d'un tronc commun d'examen dans les chambres des métiers pour les taxis et VTC, ce qui permettra d'éviter des fraudes constatées, selon M. Grandguillaume.

Par Jocelyne ZABLIT - © 2016 AFP
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