DeuxiÚme mois consécutif

Retraite: le gouvernement s'affiche au travail, un mois de grĂšves

  • PubliĂ© le 3 janvier 2020 Ă  17:07
  • ActualisĂ© le 3 janvier 2020 Ă  17:29
Le Premier ministre Edouard Philippe arrive à Matignon le 19 décembre 2019

Le mouvement de grÚve contre la réforme des retraites a abordé vendredi son deuxiÚme mois, tandis que le gouvernement s'affiche au travail face aux accusations de "cacophonie" et d'"enlisement" venant de la CGT et de l'opposition.

Vendredi, alors que la situation restait toujours trÚs perturbée à la SNCF et à la RATP, plusieurs ministres ont été convoqués par Edouard Philippe pour "faire le point sur la situation dans les transports publics" et un "état des lieux sur l'avancée des négociations", a assuré Matignon vendredi.

Les ministres de la Transition écologique Elisabeth Borne, de la Santé AgnÚs Buzyn, du Travail Muriel Pénicaud et les secrétaires d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari et aux retraites Laurent Pietraszewski étaient présents à cette réunion qui n'avait pas été annoncée officiellement.

Edouard Philippe y "a rappelé son souhait d'aboutir aussi vite que possible à un compromis avec les partenaires sociaux", à l'issue d'un "nouveau cycle de discussions", a déclaré son entourage, précisant qu'il "introduirait" la reprise des discussions avec les partenaires sociaux prévue au ministÚre du Travail mardi.

En principe, un projet de loi transformant le systĂšme actuel de 42 rĂ©gimes en un seul rĂ©gime de retraites universel par points doit ĂȘtre prĂ©sentĂ© le 22 janvier en conseil des ministres. FO, qui demande le retrait du projet au sein d'une intersyndicale CGT-FO-Solidaire-FSU depuis le 5 dĂ©cembre, a rĂ©pĂ©tĂ© vendredi dans un communiquĂ© "sa dĂ©termination" et a appelĂ© l'ensemble des salariĂ©s Ă  maintenir et amplifier la mobilisation dĂšs la rentrĂ©e, "nul n'Ă©tant Ă©pargnĂ©".

DÚs lundi, de nouveaux appels à la grÚve ont été déposés notamment pas les avocats mais aussi par le 2e syndicat de pilote d'Air-France, des fédérations d'infirmiers ou de kinésithérapeutes.

Mardi, la CGT a promis un durcissement des blocages de raffineries, terminaux pĂ©troliers et dĂ©pĂŽts. Le mĂȘme jour, les partenaires sociaux sont attendus au ministĂšre du Travail, sous l'Ă©gide de Muriel PĂ©nicaud, absente jusqu'Ă  maintenant des discussions sur la rĂ©forme des retraites. Un signal que le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CGT, Philippe Martinez, n'a pas manquĂ© de relever vendredi, en distribuant des tracts devant les grands magasins du Bd Haussmann Ă  Paris.

"Je dĂ©couvre que Mme PĂ©nicaud qui n'a participĂ© Ă  aucune rĂ©union depuis le dĂ©but, d'un seul coup c'est elle qui prend la main", s'est-il Ă©tonnĂ©, jugeant qu'il y avait "un peu de cacophonie au gouvernement". L'opposition, de gauche comme de droite, a de son cĂŽtĂ© accusĂ© le gouvernement d'ĂȘtre "responsable de l'enlisement" et de la "pagaille".

- "Grain Ă  moudre" -

La multilatérale de mardi doit aborder la pénibilité et l'emploi des seniors. "Il y a beaucoup de grain à moudre, beaucoup de choses sur la table aujourd'hui", a assuré vendredi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

AprĂšs la pĂ©riode des fĂȘtes oĂč la circulation des trains et les transports franciliens ont continuĂ© d'ĂȘtre largement perturbĂ©s, les syndicats contestataires espĂšrent un regain de mobilisation Ă  la faveur notamment de la nouvelle journĂ©e interprofessionnelle prĂ©vue jeudi. En attendant, les opposants Ă  la rĂ©forme continuent de mener des actions ponctuelles.

Jusqu'à 150 d'entre eux, selon les syndicats, ont bloqué entre 23H30 jeudi et 10H00 vendredi deux ronds-points d'accÚs à la zone portuaire de Bassens, à Bordeaux, occasionnant de gros embouteillages en raison de dizaines de camions bloqués. La direction du port a assuré que ce blocage n'avait "aucune répercussion" sur l'activité du port.

CÎté transports, deux TGV sur trois roulaient en moyenne vendredi, ainsi qu'un TER sur deux, un Intercités sur trois et trois Transilien (RER SNCF, trains de banlieue) sur dix. La compagnie ferroviaire a annoncé des "améliorations successives" pour ce week-end de retour des vacances. A Paris, le trafic des métros restait trÚs perturbé avec encore 13 lignes fonctionnant partiellement et/ou à certaines heures seulement, ainsi qu'un RER A et B sur 2.

Les concertations permettront-elles de trouver le "compromis rapide" exigé par Emmanuel Macron dans ses voeux aux Français? Le gouvernement voudrait surtout voir sortir du mouvement les syndicats réformistes CFDT, CFTC et Unsa, furieux qu'une mesure d'ùge, justifiée par le gouvernement au nom de l'équilibre financier du systÚme, ait été ajoutée au projet.

AFP

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