Deux jours avant une nouvelle journée de manifestations

Retraites: le ton monte entre les syndicats et le gouvernement

  • PubliĂ© le 15 dĂ©cembre 2019 Ă  14:43
  • ActualisĂ© le 15 dĂ©cembre 2019 Ă  15:22
Un voyageur Gare de l'Est à Paris, le 13 décembre 2019

Le ton monte entre les principaux acteurs de la contestation du projet de réforme des retraites du gouvernement dimanche, onziÚme jour de grÚve dans les transports, à l'avant-veille d'une journée de manifestations à l'appel de l'ensemble des syndicats.

Dimanche, la situation était toujours trÚs perturbée dans les transports, et le débat de fond sur les retraites était parasité par la mise en cause du haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye.

FragilisĂ© par des soupçons de conflits d'intĂ©rĂȘts aprĂšs des omissions dans sa dĂ©claration d'intĂ©rĂȘts, ce dernier a rectifiĂ© samedi ce document et dĂ©clarĂ© 13 mandats dont 11 bĂ©nĂ©voles, selon Le Monde. Il a reçu le soutien du Premier ministre Édouard Philippe, Ă©loignant l'incertitude qui planait sur une Ă©ventuelle dĂ©mission.

De plus en plus inquiet de ne pas voir assez de trains circuler à Noël, le chef du gouvernement a sévÚrement critiqué dans le Parisien dimanche les grévistes, qui provoquent de trÚs importantes perturbations dans les transports. "Noël c'est un moment important. Il faudra que chacun prenne ses responsabilités. Je ne crois pas que les Français accepteraient que certains puissent les priver de ce moment", déclare-t-il.

"Qui peut comprendre que pendant les fĂȘtes de NoĂ«l, pour essayer de se faire entendre, on va bloquer celles et ceux qui veulent passer ces moments familiaux ? Moi, cette idĂ©e m'est insupportable, je crois comme (pour) beaucoup de Français", a renchĂ©ri dimanche sur franceinfo le ministre du Logement Julien Denormandie.

Les cheminots grĂ©vistes ont dĂ©jĂ  annoncĂ© qu'ils n'envisageaient pas de "trĂȘve" pour les fĂȘtes de fin d'annĂ©e. "Si le gouvernement veut que le conflit cesse avant les fĂȘtes, il a toute la semaine prochaine pour prendre la dĂ©cision de bon sens qui s'impose: le retrait de la rĂ©forme par points", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP samedi Laurent Brun, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CGT-Cheminots (1er).

-"Un point c'est tout" -

L'opinion publique semble, elle, toujours favorable Ă  ce mouvement. Selon un sondage Ifop pour le JDD, 54% des Français soutiennent la grĂšve (contre 46% le 1er dĂ©cembre avant le dĂ©but du mouvement et 53% aprĂšs la mobilisation du 5 dĂ©cembre), et 30% lui sont hostiles (la mĂȘme proportion que la semaine passĂ©e).

ÉlĂ©ment clĂ© du passage de la rĂ©forme dans l'opinion, le patron de la CFDT, Laurent Berger, est sorti dimanche du silence qu'il observait depuis son coup de colĂšre mercredi, aprĂšs l'annonce qu'une mesure d'Ăąge Ă©tait confirmĂ©e dans le projet de rĂ©forme. Le gouvernement prĂ©voit un "Ăąge d'Ă©quilibre" Ă  64 ans. Cela signifie que chacun pourra continuer Ă  partir Ă  la retraite Ă  62 ans, mais au prix d'un malus sur sa pension, ceux partant aprĂšs bĂ©nĂ©ficiant au contraire d'un bonus.

"C'est trÚs simple: pour que la CFDT porte un autre regard sur ce projet de loi, le gouvernement doit accepter de retirer l'ùge d'équilibre. Un point, c'est tout", déclare M. Berger au Journal du dimanche.

Il y répÚte que "cela n'a aucun sens" selon lui de conjuguer la transformation des 42 régimes de retraites existants en un systÚme universel par points avec une mesure d'ùge dont le but assumé est de faire des économies pour assurer l'équilibre financier du régime.

Au point de ne pas exclure d'organiser un "rendez-vous en janvier" pour obtenir gain de cause, aprĂšs la manifestation de mardi, en mĂȘme temps que l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU qui demande le retrait complet de la rĂ©forme. En attendant, M. Berger, qui se dit soucieux qu'il n'y ait "pas de blocage des transports Ă  NoĂ«l", laisse entendre qu'il accepte l'invitation de Matignon Ă  une nouvelle concertation mais sans prĂ©ciser de date.

Dimanche se dĂ©placer en transports en commun restait extrĂȘmement compliquĂ©, avec seulement un TGV sur 4, un TER sur trois et un train de banlieue sur 5 en circulation Ă  la SNCF, et la quasi-totalitĂ© des lignes de mĂ©tro de la RATP fermĂ©es (sauf lignes automatiques 1 et 14, et Orlyval).

Le trafic continuera Ă  ĂȘtre trĂšs perturbĂ© lundi avec toujours en moyenne un quart des TGV et un tiers des TER, et encore de nombreuses lignes de mĂ©tros fermĂ©es (2, 3 bis, 5, 6, 7 bis, 10, 12 et 13) ou ne fonctionnant que trĂšs partiellement (3, 4, 7, 8, 9 et 11).

Le lendemain, cheminots, étudiants, employés de la fonction publique, professions de santé, avocats, magistrats, enseignants sont attendus dans la rue. TrÚs mobilisés depuis le début du conflit, ces derniers ont obtenu vendredi du gouvernement la garantie d'une revalorisation de leurs rémunérations, d'un montant d'environ 10 milliards d'euros sur plusieurs années, à partir du 1er janvier 2021.

AFP

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