Le mouvement continue

Retraites: nouvelle journée d'action, le gouvernement concerte

  • PubliĂ© le 14 janvier 2020 Ă  16:28
  • ActualisĂ© le 14 janvier 2020 Ă  19:05
Manifestation à Nantes contre la réforme des retraites, le 14 janvier 2020

Les organisations syndicales pour le retrait total de la réforme des retraites ont relancé mardi la mobilisation, malgré le délitement de la grÚve à son 41e jour, pendant que le gouvernement poursuivait la concertation notamment sur l'emploi des seniors.

Un peu partout en France, des manifestations et actions ont été organisées à l'appel de l'intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires et FSU, qui continue de réclamer le retrait total du projet de réforme des retraites par points. Ces syndicats ne se satisfont pas du compromis trouvé entre le gouvernement et les organisations dites réformistes CFDT, CFTC et Unsa autour du retrait à court terme de l'ùge-pivot, assorti d'un bonus-malus.

Edouard Philippe a insisté mardi auprÚs des députés LREM sur la nécessité de "respecter en tous points" ce compromis. "Dans cette affaire, tout le monde a bougé par rapport à sa position initiale, c'est ce qui permet d'établir un bon compromis", a affirmé le Premier ministre lors de la réunion de groupe hebdomadaire, selon des propos rapportés.

La transformation en un systÚme universel de retraite par points reste "une erreur historique", a tranché pour sa part sur Public Sénat le leader de FO Yves Veyrier, dont les troupes sont de nouveau appelées à descendre dans la rue.

A Paris, un cortÚge a quitté l'Ecole militaire à 14H00 en direction de la rue du Bac.

Cheminots, dockers, salariĂ©s de l'Ă©nergie ou encore enseignants et fonctionnaires territoriaux: Ă  Marseille, plusieurs milliers de personnes se sont Ă©lancĂ©es dans la matinĂ©e depuis le Vieux-Port. "La stratĂ©gie du gouvernement n'est pas une surprise. Il faut savoir arrĂȘter un projet de rĂ©forme qui est largement impopulaire", explique RĂ©mi Hours, responsable de la CGT-Cheminots.

A Rennes, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées derriÚre une banderole "retraites par points = travail sans fin".

Sur le front des transports, l'amélioration du trafic continue. La SNCF faisait circuler mardi huit TGV sur 10, trois TER sur quatre et sept Transilien (RER SNCF et trains de banlieue) sur 10. Le taux de grévistes a atteint son plus bas lundi, à 4,3%, et seulement 22,5% de conducteurs, avant de remonter légÚrement mardi à 6%, et un quart des agents de conduite mobilisés.

Dans l'éducation, la journée de mobilisation de mardi s'est traduite par un taux de grévistes de 4,35% dans le primaire et de 4,24% dans le secondaire (collÚges et lycées), selon le ministÚre.

- "Les raffineries tournent" -

Toutes les lignes de métro parisien étaient ouvertes mais fonctionnaient souvent de maniÚre partielle avec des stations fermées, seulement à certains horaires et à moindre fréquence que la normale. A la RATP, certaines assemblées générales ont reconduit la grÚve jusqu'à vendredi. Mais de nombreux grévistes ont exprimé leur lassitude.

Une opĂ©ration "ports morts" a Ă©tĂ© lancĂ©e par la CGT, qui doit durer jusqu'Ă  vendredi. "Il y a 100% de participation sur les sept grands ports maritimes (Dunkerque, Le Havre, Rouen, Nantes-Saint-Nazaire, La Rochelle, Bordeaux et Marseille, NDLR) et c'est quasiment 100% sur la quasi-totalitĂ© des autres ports oĂč la CGT est prĂ©sente", a affirmĂ© Ă  l'AFP Tony Hautbois, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la fĂ©dĂ©ration CGT des Ports et Docks.

A la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique), le mouvement social a Ă©tĂ© reconduit jusqu'Ă  vendredi matin, mais "tout fonctionne, sauf les expĂ©ditions". "Les raffineries tournent" en France et expĂ©dient du carburant, signe que le conflit "est peut-ĂȘtre moins fort que certains veulent bien le dire", a estimĂ© le PDG de Total, Patrick PouyannĂ©.

Pendant ce temps, les concertations se poursuivent. La ministre du Travail Muriel Pénicaud a réuni les partenaires sociaux pour discuter pénibilité et emploi des seniors, afin de dégager de "grandes orientations" avant la présentation du projet en Conseil des ministres le 24 janvier.

Le maintien dans l'emploi des seniors est aussi au coeur d'un rapport publié mardi, qui propose de multiplier les accords sur la prévention et la pénibilité, de renforcer la formation à mi-carriÚre, de faciliter l'accÚs à la retraite progressive ou encore d'ouvrir plus largement le cumul emploi retraite.

Le mouvement syndical restait plus que jamais coupé en deux. Le secrétaire général de l'Unsa, Laurent Escure, a fustigé la CGT, FO et Jean-Luc Mélenchon (LFI), qui ont selon lui "manipulé" les grévistes en leur assurant que "le mouvement allait s'embraser partout". "Plus les jours passent, plus personne n'est capable d'expliquer la simplicité de cette réforme!", a raillé de son cÎté le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

Six Français sur dix disaient toujours soutenir la mobilisation et ils Ă©taient mĂȘme un peu plus Ă  Ă©prouver "de l'inquiĂ©tude" face aux consĂ©quences de la rĂ©forme, une proportion qui varie trĂšs peu depuis dĂ©but dĂ©cembre, selon le baromĂštre Harris Interactive RTL AEF Info rĂ©alisĂ© le 13 janvier.

AFP

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