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Royaume-Uni: le conjoint d'une députée Labour parmi trois hommes arrêtés pour espionnage au profit de Pékin

  • Publié le 4 mars 2026 à 22:42
Photo diffusée par le Parlement britannique montrant Dan Jarvis, ministre en charge de la Sécurité, faisant une déclaration concernant une "alerte d'espionnage' émise par le MI5, le service de renseignement intérieur britannique, à la Chambre des communes à Londres, le 18 novembre 2025

La police londonienne a arrêté mercredi trois hommes soupçonnés d'espionnage au profit de la Chine, dont le mari d'une députée travailliste, une nouvelle affaire potentiellement embarrassante pour le gouvernement de Keir Starmer, déjà accusé de manque de fermeté envers Pékin.


Le conjoint de la députée écossaise Joani Reid, David Taylor, lobbyiste de profession, fait partie des trois personnes dont la police londonienne a annoncé l'arrestation lors d'opérations dans le cadre d'une enquête menée par la section antiterroriste à Londres et au Pays de Galles.
Après que les arrestations ont été évoquées devant le Parlement par le ministre en charge de la Sécurité, Dan Jarvis, Mme Reid a diffusé un communiqué prenant ses distances avec le travail de son mari.
"Je ne suis pas impliquée dans les activités professionnelles de mon mari, et ni moi ni mes enfants ne sommes impliqués dans cette enquête", a-t-elle souligné. "Je n'ai jamais rien vu qui me fasse soupçonner que mon mari ait enfreint la loi".
"Autant que je sache, je n'ai jamais rencontré depuis que je suis députée ni d'hommes d'affaires chinois, ni diplomates ou fonctionnaires chinois, ni jamais relayé aucune préoccupation auprès de ministres ou de qui que ce soit d'autre au nom d'intérêts chinois".
La cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a affirmé qu'un des deux autres hommes arrêtés était "le conjoint d'une ex-députée travailliste", sans le nommer, dans une vidéo diffusée sur X. En cas de confirmation, cela rendrait l'affaire plus gênante encore pour Keir Starmer.
- Protestation de Pékin -
La police londonienne a elle donné très peu d'informations sur la nature de l'enquête qui l'a conduite à arrêter les trois hommes, précisant simplement leur âge et les lieux de leurs arrestation - un à Londres et deux au Pays de Galles.
Des perquisitions ont été menées aux adresses des suspects ainsi qu'à trois autres adresses à Londres, Cardiff et près de Glasgow, avec l'aide des unités antiterroristes du Pays de Galles et d'Ecosse, a-t-elle ajouté.
Ces arrestations "s'inscrivent dans le cadre d'une enquête proactive, et bien qu'il s'agisse de faits graves, nous ne pensons pas qu'il y ait de menace directe ou imminente pour la population", a indiqué la cheffe de la police antiterroriste londonienne, Helen Flanagan.
Interrogé par l'AFP, un porte-parole de l'ambassade de Chine à Londres a fustigé "ceux qui au Royaume-Uni fabriquent des soi-disant 'affaires d'espionnage' pour calomnier la Chine", et annoncé avoir "protesté officiellement" auprès des autorités britanniques.
Le ministre e la Sécurité, Dan Jarvis, a lui déclaré devant le Parlement que les arrestations témoignaient de la détermination du gouvernement de Keir Starmer à "lutter contre les ingérences" d'Etats étrangers, en particulier la Chine.
Le gouvernement est "cohérent et sans ambiguïté sur les menaces que présente la Chine pour le Royaume-Uni, nous restons très préoccupés par la hausse des activités clandestines menées par des acteurs liés à l'Etat chinois ciblant la démocratie britannique", a-t-il affirmé.
Cette affaire intervient quelques mois après l'abandon controversé de poursuites contre deux Britanniques, dont l'un travaillait au Parlement, soupçonnés d'espionnage au profit de Pékin.
L'opposition conservatrice, une partie de la majorité travailliste et jusqu'à l'administration Trump avaient alors accusé le gouvernement Starmer d'avoir fait capoter l'accusation pour ménager ses relations avec Pékin.
Bien que le gouvernement ait démenti toute intervention, les critiques avaient été ravivées ensuite par le feu vert donné en janvier à la construction d'une super-ambassade chinoise à Londres - alimentant les craintes d'espionnage - et par le voyage dans la foulée de Keir Starmer en Chine, une première pour un dirigeant britannique depuis 2018.
Coïncidence de calendrier, cette nouvelle affaire survient le jour de l'ouverture du procès à Londres de deux autres hommes accusés d'avoir aidé les renseignements chinois en menant des "opérations de police clandestines" pour surveiller des Hongkongais installés au Royaume-Uni.
Bill Yuen, 65 ans, et Peter Wai, 38 ans, binationaux sino-britanniques, sont accusés de s'être "livrés à des opérations de police dissimulée pour le compte de la Région administrative spéciale de Hong Kong, et par conséquent de la République populaire de Chine", selon le procureur Duncan Atkinson.

Par Valérie LEROUX et Anne RENAUT - © 2026 AFP
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