L'ONG Reporters sans FrontiÚres a annoncé mardi avoir saisi la justice française pour obtenir le retrait d'une immense affiche vantant le tourisme en Arabie saoudite, voyant dans cette publicité installée sur un immeuble parisien un an aprÚs l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, une "provocation" et une "atteinte à la dignité humaine".
Cette affiche de "342 m2", selon RSF, est apposĂ©e sur un immeuble en angle donnant sur le boulevard Haussmann, en plein coeur du quartier des grands magasins Ă Paris. Elle "fait partie d?une vaste campagne de publicitĂ© mondiale destinĂ©e Ă promouvoir le pays comme destination touristique", a rappelĂ© RSF, et a reçu une autorisation administrative (sous la forme d'un arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral) le 1er octobre.
"Un an presque jour pour jour aprÚs l?assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, tué et démembré dans le consulat d?Arabie saoudite à Istanbul par des agents de Riyad, RSF estime que cette publicité affiche le cynisme de l?Arabie saoudite, le peu de cas qu?elle fait des réactions internationales et son mépris des libertés fondamentales", indique l'association de défense de la liberté de la presse.
L'ONG se dit particuliĂšrement indignĂ©e par le calendrier de cet affichage, qui a Ă©tĂ© lancĂ© dĂ©but octobre, coĂŻncidant avec la date anniversaire du meurtre du journaliste, le 2 octobre. "Afin d'obtenir le retrait de cette publicitĂ©", Reporters sans FrontiĂšres a prĂ©cisĂ© avoir dĂ©posĂ© une plainte en rĂ©fĂ©rĂ© (une procĂ©dure d'urgence) devant un juge administratif, pour demander "que l'arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral autorisant son affichage soit annulĂ©". Et ce au motif qu'elle constitue "une inacceptable atteinte Ă la dignitĂ© humaine, et par consĂ©quent un grave trouble Ă l'ordre public".
RSF a organisé plusieurs actions ces derniÚres semaines pour exiger que toute la lumiÚre soit faite par les autorités saoudiennes sur l'assassinat de Jamal Khashoggi et que le pays (placé à 172e place sur 180 dans son classement mondial de la liberté de la presse) cesse ses graves atteintes à l'égard des journalistes.
Dans ce cadre, l'ONG avait notamment disposé des mannequins démembrés devant le consulat d'Arabie saoudite en France, début octobre. L'affichage de cette publicité pour le tourisme dans le Royaume saoudien avait déjà suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.
AFP
