Rubio en émissaire pour apaiser les tensions avec le pape

  • PubliĂ© le 7 mai 2026 Ă  06:16
  • ActualisĂ© le 7 mai 2026 Ă  07:24
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'exprime lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 5 mai 2026, à Washington

Entre le pape américain et l'administration Trump, le temps n'est pas trop à la bénédiction.

Mais en rencontrant Léon XIV jeudi au Vatican, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'efforcera d'apaiser les choses tout en faisant valoir les positions du président Donald Trump.

Avant son dĂ©placement, M. Rubio, lui-mĂȘme fervent catholique, s'est attachĂ© Ă  relativiser ce qui ressemble Ă  des invectives du prĂ©sident amĂ©ricain vis-Ă -vis du pape, sur fond de guerre au Moyen-Orient et de lutte contre l'immigration.

"C'est un voyage que nous avions prévu auparavant et il s'est évidemment passé des choses", a-t-il dit mardi pendant une conférence de presse à la Maison Blanche.

"Il y a beaucoup de choses Ă  discuter avec le Vatican", a ajoutĂ© le secrĂ©taire d’Etat, Ă©voquant en particulier la libertĂ© de religion.

Au premier jour de sa visite en Italie, M. Rubio doit se rendre presque dÚs son arrivée au Vatican pour une audience privée à huis clos d'environ 45 minutes avec Léon XIV, à 09h30 GMT.

Il aura Ă©galement un entretien avec le secrĂ©taire d’Etat du Vatican, Pietro Parolin, et rencontrera la PremiĂšre ministre italienne, Giorgia Meloni, vendredi.

"On l'écoutera", a déclaré mercredi ce dernier à des journalistes, soulignant que l'entretien est à l'initiative de Washington.

"J'imagine qu'on parlera de tout ce qui s'est passé ces derniers jours. On ne peut pas ignorer ces sujets", a-t-il ajouté au Vatican.

- "HonnĂȘtetĂ©" -

Loin de l'euphorie des premiers jours, alors que l'administration Trump se félicitait de l'élection il y a un an du premier pape américain de l'histoire, les relations avec le Saint-SiÚge se sont sérieusement dégradées.

Le président américain a surpris en s'en prenant à Léon XIV, qu'il a qualifié de "faible" face à la criminalité et "nul" en matiÚre de politique étrangÚre.

Lundi, pendant un entretien avec un podcasteur conservateur, le dirigeant républicain avait estimé que Léon XIV "pense que ce ne serait pas un problÚme que l'Iran ait l'arme nucléaire", l'accusant de "mettre en danger beaucoup de catholiques et beaucoup de gens".

Le pape a rĂ©pondu en dĂ©clarant: "Si quiconque veut me critiquer pour prĂȘcher l'Evangile, qu'il le fasse avec honnĂȘtetĂ©. L'Eglise s'oppose depuis des annĂ©es Ă  toutes les armes nuclĂ©aires, il n'y a aucun doute Ă  ce sujet".

Le pape et Marco Rubio s'étaient déjà rencontrés au Vatican avec le vice-président américain JD Vance, catholique converti, quelques jours seulement aprÚs l'élection de Léon XIV.

Le pape, ĂągĂ© de 70 ans, cĂ©lĂ©brera vendredi sa premiĂšre annĂ©e Ă  la tĂȘte des 1,4 milliard de catholiques dans le monde.

Premier pape amĂ©ricain de l'histoire, qui plus est originaire de Chicago, fief dĂ©mocrate, ce dont M. Trump ne se prive pas de souligner, ses paroles ont sans doute pesĂ© plus lourd Ă  Washington que celles de ses prĂ©dĂ©cesseurs – et il s'en est servi, s'en prenant notamment Ă  la politique d'immigration restrictive de l'actuel gouvernement amĂ©ricain.

Mais c'est son discours pacifiste de plus en plus marqué, en particulier aprÚs le début des attaques américano-israéliennes contre l'Iran, qui a suscité l'ire de Donald Trump.

Léon a ainsi qualifié d'"inacceptable" la menace de ce dernier de détruire l'Iran.

Mais s'en prendre au pape "est un peu étrange. Le pape joue au pape", a affirmé Pietro Parolin.

- Et Cuba -

L'autre dossier chaud, Cuba, devrait ĂȘtre abordĂ© lors de ces entretiens jeudi.
En annonçant le déplacement du secrétaire d'Etat, le département d'Etat y a fait clairement allusion en évoquant "l'hémisphÚre occidental", le terme désigné aux Etats-Unis pour parler de l'Amérique latine.

Le Saint-SiĂšge joue depuis longtemps un rĂŽle actif dans la diplomatie concernant Cuba, oĂč Marco Rubio – dont les parents sont d'origine cubaine – a dirigĂ© les efforts de l'administration Trump pour faire pression sur le gouvernement communiste.

Depuis la chute du président vénézuélien, Nicolas Maduro, un allié de La Havane, capturé par les forces américaines début janvier, Washington applique une politique de pression maximale sur l'ßle déjà soumise à un embargo américain depuis plus de six décennies.

Le pape connaßt bien l'Amérique latine: il a acquis la nationalité péruvienne en 2015 aprÚs y avoir travaillé plus de 20 ans comme missionnaire.

AFP

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