Rugby

Six nations: les belles promesses du XV de France

  • PubliĂ© le 3 fĂ©vrier 2020 Ă  16:25
  • ActualisĂ© le 3 fĂ©vrier 2020 Ă  18:20
Le capitaine du XV de France Charles Ollivon, auteur de 2 essais face à l'Angleterre lors du Six Nations, au Stade de France, le 2 février 2020

Le train est lancé. Agressifs, lucides, audacieux... Les nouveaux Bleus de Fabien Galthié ont assommé les vice-champions du monde anglais (24-17), dimanche au Stade de France. Et, le XV de France pourrait profiter de la réception de l'Italie, dimanche, pour gommer certaines scories.

 

Les patrons répondent présent

Ils étaient attendus au tournant. Les patrons annoncés des Bleus ont répondu présent: GÀel Fickou a fait honneur à son statut de "capitaine de la défense" tandis que Bernard Le Roux était partout. Le seul trentenaire du XV de France a réalisé une performance de haute volée avec 22 plaquages et un engagement de tous les instants. Et que dire de la performance XXL de Charles Ollivon? Le capitaine, pour sa premiÚre, s'est fendu d'un doublé et s'est comporté en patron.
"A chaud, comme à froid, on a surtout vu un trÚs bon état d'esprit, avec engagement permanent sur la ligne d'avantage. On a vu des joueurs qui avaient envie de se dépasser pour leurs coéquipiers", s'est félicité le manager général Raphaël Ibanez.

Paris réussis

Les petits nouveaux aussi ont assuré! Avec à peine plus de 14 sélections de moyenne dans le XV de départ, les Bleus pouvaient paraßtre un brin inexpérimentés face aux Anglais. Mais, pour sa premiÚre, l'arriÚre Anthony Bouthier a été impeccable. Les ballons hauts des Anglais? Aucun souci. La défense? Pas de problÚme. Et, en plus, il a trouvé une touche magnifique de 60 m, en fin de premiÚre période.

MĂȘme son de cloche pour le nĂ©ophyte Vincent Rattez. CatapultĂ© titulaire aprĂšs la blessure de Damian Penaud samedi, le Rochelais a tenu le choc. La preuve? Une passe dĂ©cisive pour Ollivon et, surtout un essai en moins de dix minutes pour sa premiĂšre titularisation. En premiĂšre ligne, Mohamed Haouas a aussi tenu son rang malgrĂ© quelques difficultĂ©s en mĂȘlĂ©e fermĂ©e.

Super Dupont

Une seule erreur, un dĂ©gagement en ballon mort alors que le chrono n'affichait que 79 minutes et quelques secondes... Son sĂ©lectionneur lui a proposĂ© ses lunettes le lendemain. "Mais c'Ă©tait pire", a souri Ibanez. Pour le reste, Antoine a fait du... Dupont. Un match plein, solide et efficace. ImpĂ©rial dans les sorties de camp au pied, inspirĂ© dans ses choix, auteur d'une passe dĂ©cisive sur le troisiĂšme essai inscrit par Ollivon, le Toulousain a mĂȘme su se transformer en dĂ©fenseur de haut vol, Ă  l'image de son plaquage tonitruant sur Willi Heinz en fin de match. "Il a travaillĂ© ses points forts et su nous apporter ce dont on avait besoin. Quand il nous fallait un neuviĂšme avant, dans les trente derniĂšres minutes, il a Ă©tĂ© ce neuviĂšme avant", a expliquĂ© GalthiĂ©.

Des points noirs

Les Bleus ont, certes, battu les vice-champions du monde mais ils ont aussi affichĂ© des lacunes, notamment en conquĂȘte directe. La mĂȘlĂ©e a Ă©tĂ© martyrisĂ©e plusieurs fois, alors que le secteur de la touche a Ă©tĂ© trĂšs dĂ©ficient. "J'ai trouvĂ© la premiĂšre partie de match en mĂȘlĂ©e avait Ă©tĂ© solide. Quand on a coachĂ© (ndlr: rentrĂ©e des piliers Poirot et Bamba Ă  la 49e, et de Palu Ă  la 58e en 2e ligne), ça nous a dĂ©stabilisĂ©s. A 24-0, on a changĂ© des choses et lĂ , on a perdu notre assise en mĂȘlĂ©e et donc perdu notre base. On s'est mis Ă  subir", a dĂ©plorĂ© GalthiĂ©, pestant, entre autre, contre les trois touches perdues (sur 17 au total).

Maintenant, l'Italie

"Une sélection, ce n'est pas un cadeau". Le patron des Bleus a affiché la couleur: il ne fera pas forcément tourner face à un adversaire a priori plus faible. Le XV de France prendra donc la réception de l'Italie, dimanche, au sérieux. "L'idée, c'est de construire une équipe. Une sélection, ça vaut de l'or. On veut caper les joueurs, les faire monter en compétences. Tourner pour tourner, ce n'est pas notre stratégie. On peut modifier pour une vision, pour apporter quelque chose de différent", a expliqué le sélectionneur.

La Squadra Azzurra, également en reconstruction, ressemblait pourtant à l'adversaire idoine pour expérimenter. Surtout privée de cadres comme Sergio Parisse, qui fera une derniÚre apparition à Rome (face à l'Ecosse ou l'Angleterre) et aprÚs la déculottée au pays de Galles (42-0). "Il n'y a pas de petits matches dans le Tournoi des six nations", a promis Galthié.
Ce rendez-vous face aux Italiens, qui n'ont jamais gagné au Stade de France, offrira un nouveau défi au XV de France, qui devra imposer son jeu aprÚs avoir beaucoup défendu face aux Anglais.

AFP

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